Question : J’aimerais me marier avec un jeune homme. Cependant, étant reconvertie, je n’ai pas de tuteur (wali) et personne, même au sein de la communauté, n’accepte de l’être sans mariage civil préalable. Un frère nous a suggéré que si nous prévoyons de faire le mariage civil ultérieurement, nous pourrions opter pour le PACS comme alternative. C’est une union rapide, sans nécessité de témoins à la mairie, et qui confère certains droits, bien que non équivalents à ceux du mariage civil.
Ma question est : le PACS est-il autorisé, même s’il n’a pas de valeur religieuse ?
L’interlocutrice : Voilà. Si je peux me permettre, avant votre réponse, je ne vois pas l’intérêt de conclure un PACS si ce n’est pas un mariage civil. La difficulté pour elle est de trouver un tuteur pour le mariage civil. Mais de toute façon, même avec un PACS, elle aura besoin d’un tuteur pour le nikah. Il faut un témoin. Elle précise que ce type d’union ne requiert pas de témoin à la mairie.
Réponse
Oustadha : Oui, mais ce n’est pas un mariage religieux valide. En réalité, le tuteur est nécessaire pour que le mariage soit halal. Pour la mairie, on peut en théorie choisir n’importe qui, mais peut-être que la formulation de la sœur était imprécise. Cette sœur convertie n’a pas de tuteur et n’en trouve pas. Apparemment, les hommes de la communauté refusent d’être son tuteur sans mariage civil. Par conséquent, elle ne trouve peut-être pas d’imam prêt à célébrer le nikah sans cette formalité civile, ce qui les pousse à envisager le PACS. Je ne sais pas si la sœur est présente pour corriger mes propos si je me trompe. Peut-être pense-t-elle que faire le PACS facilitera les choses. Mais si le mari et la femme acceptent le PACS…
L’interlocutrice : Moi, je parle sans science, Sophia, mais pourquoi faire le PACS plutôt qu’aller directement à la mairie ?
Oustadha : Oui, c’est justement ma question.
L’interlocutrice : Le PACS, d’après ce que je comprends, c’est comme faire le halal sans témoins ?
Oustadha : Non, pour le PACS, il n’y a pas besoin de témoins. Le PACS, c’est une signature à la mairie qui donne certains droits, mais pas tous. Par contre, pour le halal, il faut des témoins.
L’interlocutrice : Moi, je ne pourrais pas confirmer… Y a-t-il des témoins dans le halal ?
Oustadha : De toute façon, elle ne peut pas se marier sans tuteur.
C’est pour ça que ma question est la suivante : je veux bien faire la distinction entre le halal, pour lequel on sait qu’un tuteur est nécessaire, et le civil, à la mairie ou via le PACS. Elle dit que pour le PACS, il n’y a ni témoins ni personne d’autre requis.
L’interlocutrice : Sur ce point, je suis d’accord avec elle. Mais pourquoi ne pas faire simplement la mairie ?
Oustadha : Parce qu’à la mairie, il y a des témoins. Tu peux même prendre la voisine comme témoin, deux personnes dans la rue.
L’interlocutrice : Oui, je comprends. Donc, une sœur veut faire le PACS pour avoir un tuteur pour le halal. Mais pourquoi dans ce cas-là, elle ne fait pas la mairie ? C’est ma vraie question.
Oustadha : Exactement. Pourquoi vouloir faire un PACS alors qu’on peut faire la mairie ? À la mairie, tu peux choisir n’importe quel témoin, même la voisine ou un cousin non musulman. Par contre, pour le halal, il faut obligatoirement un musulman. C’est un peu compliqué, mais la dissolution du PACS est plus simple que le divorce civil. Peut-être pour des raisons personnelles, elle ne souhaite pas faire un mariage civil maintenant.
Je ne sais pas si je me trompe, mais elle cherche à savoir si le PACS est autorisé. Le PACS, comme dit une sœur, est un Pacte Civil de Solidarité. C’est un contrat signé entre deux personnes, donnant certains droits et devoirs concernant les aides sociales, les biens, le logement, les impôts, mais il n’a pas d’effet sur les noms ou les liens avec les enfants.
L’interlocutrice : Je voulais dire, sur le plan religieux, est-ce que ce PACS dont vous parlez nécessite des témoins ou un tuteur ?
Oustadha : Le PACS ?
L’interlocutrice : Oui.
Oustadha : Non, il n’y a pas de tuteur pour le PACS.
L’interlocutrice : Le PACS, il n’y a donc pas de tuteurs ?
Oustadha : Non, pour le PACS, ils vont simplement à la mairie, ils signent les papiers, et c’est terminé.
L’interlocutrice : Oui, c’est ce qu’elle expliquait.
Oustadha : Le mari ?
L’interlocutrice : Oui, mais ils ne sont pas encore mariés religieusement, donc ils n’en parlent pas.
Oustadha : Oui, c’est ça. Le mari l’a mariée ?
L’interlocutrice : Non, justement. Je veux juste comprendre ce qu’est exactement le PACS.
Oustadha : En fait, cette sœur ne trouve pas de tuteur parce qu’elle n’a pas fait de mariage civil. Les tuteurs lui disent : « On ne te marie pas tant que tu n’as pas le mariage civil. »
Elle, pour éviter le mariage civil, veut faire un PACS. Elle se demande donc si le PACS est autorisé religieusement.
Mais ma question aussi est la suivante : est-ce que les imams, ou les personnes habilitées à être tuteur, accepteraient un PACS à la place du mariage civil ?
En France, la majorité des imams refusent d’être tuteurs des sœurs converties si le mariage civil n’a pas été fait. Ils ne veulent pas être responsables d’un mariage religieux sans civil, de peur d’éventuels problèmes si le couple se sépare ou autre.
D’ailleurs, les savants d’Algérie ont dit qu’il faut faire le mariage civil en même temps que le mariage religieux (le halal).
L’interlocutrice : Peut-on dire qu’ils ont tort, dans un certain sens ? Je veux juste comprendre la procédure : est-ce que la mairie est la seule option ? Et que font-elles à la mairie ?
Oustadha : À la mairie, elles vont signer un papier qui engage les deux parties à certains droits. Ce n’est pas un droit complet, mais un contrat entre eux.
L’interlocutrice : Ce contrat, c’est contre le marié ou la mariée ?
Oustadha : C’est un contrat entre les deux, tout simplement.
L’interlocutrice : Après, est-ce qu’elle sera considérée comme sa femme ?
Oustadha : Non, non, non. Ce n’est pas reconnu comme un mariage par la loi française. Ils ne peuvent pas se considérer comme mari et femme légalement.
L’interlocutrice : Mais avec ce document, est-ce qu’elle sera mariée avec lui sur le plan religieux ?
Oustadha : Non. C’est pour cela que je demande : pourquoi ferait-elle ça ?
L’interlocutrice : Je ne sais pas. Peut-être pense-t-elle que les imams accepteraient de célébrer le mariage religieux (halal) s’ils ont fait un PACS.
Oustadha : Ce n’est pas un mariage. Le mariage religieux a beaucoup de conditions, notamment la présence d’un tuteur (wali). Ce n’est donc pas valable.
L’interlocutrice : Donc, a-t-elle le droit de faire un PACS en pensant que cela facilitera la célébration du mariage religieux par les imams ?
Oustadha : Honnêtement, ce n’est pas une bonne démarche.
L’interlocutrice : Que contient précisément l’autorisation dans un PACS ?
Oustadha : C’est un contrat qui donne à chacun certains droits et devoirs. Par exemple, en cas d’achats communs, ou d’obligations fiscales. Ce n’est pas un engagement matrimonial. Ce n’est pas un lien marital. Beaucoup de gens en France font ça, mais c’est plutôt un arrangement juridique, comme un partenariat commercial.
L’interlocutrice : Oui, c’est un peu comme un commerce pour faire le mariage, parce qu’il a dit lui-même que c’était un « mariage très rapide ».
Oustadha : Ce n’est pas un mariage. C’est faux. Non, non, ce n’est pas un mariage. Ils doivent respecter les conditions : le tuteur, le wali…
L’interlocutrice : Non, non, ce n’est pas un mariage. C’est invalide. Ma belle-sœur, par exemple, l’a fait avec son copain. Elle n’est pas musulmane et est contre le mariage. Elle a juste fait un PACS pour avoir certains droits, comme acheter un appartement ensemble. C’est un simple contrat.
Oustadha : Voilà, c’est exactement ça. Ce n’est pas un mariage. Il faut bien rectifier : ce n’est pas un mariage. C’est interdit de considérer ça comme un mariage religieux. Franchement, c’est juste un contrat entre deux personnes. Ce n’est pas une relation basée sur le mariage, c’est comme un contrat de travail ou un contrat commercial.
L’interlocutrice : Oui, on peut dire ça comme ça.
Oustadha : En réalité, c’est plus pour des questions matérielles que les gens font ça. Par exemple, comme disait une sœur, les homosexuels n’avaient pas le droit de se marier légalement, alors ils faisaient un PACS pour officialiser leur couple. Mais c’est très éloigné du mariage halal, qui a besoin de conditions strictes pour être valide : tuteur, dot, témoins… Si ces conditions ne sont pas remplies, le mariage est invalide et c’est haram.
L’interlocutrice : Donc, pour le mariage civil, elle peut prendre n’importe qui comme témoin ? Peut-être que tout à l’heure j’ai dit une bêtise.
Oustadha : Le témoin doit être musulman.
L’interlocutrice : D’accord, c’est moi qui ai dit une bêtise alors.
Oustadha : Pas de souci.
L’interlocutrice : Mais pourquoi faut-il que ce soit un musulman ?
Oustadha : Même pour le mariage civil, c’est préférable.
L’interlocutrice : D’accord. Parce que, contrairement aux pays musulmans où il y a un imam, ici c’est différent.
Oustadha : Que ce soit un imam ou simplement quelqu’un de musulman en qui on a confiance, cela suffit. Il peut faire la prière rapidement, c’est bon.
L’interlocutrice : Oui, c’est clair.
Oustadha : Oui, oui. Cela concerne aussi le mariage civil, pour officialiser l’union.
L’interlocutrice : Mais le mariage civil en France ne correspond pas à un mariage devant Allah.
Oustadha : Exact.
L’interlocutrice : Donc, pour le mariage civil en France, si ma mère n’est pas musulmane, puis-je la prendre comme témoin ?
Oustadha : Non, ce n’est pas possible.
L’interlocutrice : Même pour le mariage civil en France ?
Oustadha : Oui, même pour le civil.
L’interlocutrice : D’accord. Moi, je suis musulmane, mais ce n’est pas un tuteur. Ce n’est pas un tuteur pour notre mariage religieux.
Oustadha : Oui, pour le halal, c’est obligatoire. Mais en France, ils ne s’en soucient pas du tout : tuteur ou pas tuteur, ça ne les intéresse pas. Il faut juste faire attention à ce qu’on fait du point de vue religieux.
L’interlocutrice : D’accord. Donc, si elle veut faire le mariage civil, elle peut prendre n’importe quelle personne comme témoin ? Même un homme ?
Oustadha : Oui, même un homme.
L’interlocutrice : D’accord.
Oustadha : Par exemple, quand j’ai fait ma propre mairie, j’ai pris ma mère comme témoin.
Mais du point de vue religieux, le Prophète sallallahu alayhi wa sallam nous enseigne que ce n’est pas suffisant, il faut un tuteur, quelqu’un d’imam ou simplement quelqu’un de musulman. Pour le halal, c’est obligatoire. Mais pour la mairie, ça ne pose pas problème. Beaucoup de sœurs que je connais font pareil : elles prennent leur mère, leurs sœurs comme témoins à la mairie. Elles essaient de faire au mieux, même si ce n’est pas religieux.
L’interlocutrice : Si on a répondu à cette question, une sœur a dit qu’après avoir entendu la réponse d’Oustadha, c’est triste d’être obligée de passer par la mairie pour pouvoir se marier religieusement.
Oustadha : Malheureusement, on constate les conséquences de certaines situations. Par exemple, une de mes amies s’est mariée religieusement après avoir fait le mariage civil. Son mari a consommé le mariage puis est parti. Le mariage civil apporte une certaine sécurité, du moins on l’espère. Mais il y a des hommes qui ne craignent pas Allah, quoi qu’il arrive, surtout à notre époque.
L’interlocutrice : Une sœur a mentionné qu’il faudrait prendre un animal pour le mariage civil, mais non. Pour le mariage civil, comme pour le halal, il faut des témoins musulmans et hommes.
Oustadha : Oui, si on doit retenir un conseil à la fin de cette discussion, c’est de privilégier la mairie. C’est la meilleure chose à faire.
L’interlocutrice : Oui, exactement.