Question. Si un père souhaite que sa fille termine ses études, sinon il rompra les liens familiaux, mais cette fille souhaite se marier justement pour pouvoir les arrêter en raison de la mixité et autres péchés existants. Doit-elle attendre la fin des études pour préserver les liens familiaux, donc avec son père, ou se préserver des péchés en se mariant ? Son père n’accepte pas le rappel et l’empêche également de se voiler.
Réponse :
Oustadha : Si elle a un réel besoin de se marier maintenant, surtout si elle craint de tomber dans de grands péchés en restant dans cette famille, alors c’est une bonne raison pour envisager le mariage.
L’interlocutrice : Oui, elle a peur pour sa foi, pour elle-même. Je lui ai conseillé que si elle trouve un mari pieux, c’est préférable de se marier. Elle m’a dit que ses études se terminent dans quatre mois, mais son père ne veut pas qu’elle se marie maintenant. Pourtant, elle souhaite arrêter ses études pour se marier.
Oustadha : Est-ce qu’elle a déjà trouvé un mari ?
L’interlocutrice : Non.
Oustadha : Alors je lui conseillerais, si elle trouve un mari pieux maintenant, qu’elle n’hésite pas à se marier. Mais si elle ne trouve pas, il faut qu’elle soit patiente.
L’interlocutrice : Son père menace même de rompre les liens si elle se marie maintenant, alors qu’elle veut juste qu’il comprenne sa volonté d’arrêter les études pour se marier.
Oustadha : Donc le père exerce une pression forte.
L’interlocutrice : Oui. Elle m’a dit qu’elle a peur de tomber dans le péché, mais qu’elle veut surtout se préserver.
Oustadha : Tant qu’elle peut préserver sa foi tout en maintenant les liens familiaux, c’est préférable.
L’interlocutrice : Mais le père ne semble pas vouloir la marier avant la fin des études, dans quatre mois, c’est incertain.
Oustadha : Quatre mois ? Mais pendant ces quatre mois, elle risque de commettre des péchés.
L’interlocutrice : Des grands péchés ?
Oustadha : Elle n’a pas été très précise, mais une sœur conseillait de suivre les études à distance. Je ne sais pas comment ça se passe en France. Est-ce que les péchés sont liés à sa famille ?
L’interlocutrice : Non, c’est par rapport à l’école.
Oustadha : Ah, je pensais que c’était à cause de la mixité.
L’interlocutrice : Oui, c’est à cause de la mixité.
Oustadha : Si elle trouvait un mari pieux, ça serait mieux, même si son père refuse.
L’interlocutrice : Elle dit que ce sont ses cousins qui causent les péchés, la mixité, etc.
Oustadha : Ce ne sont pas forcément des grands péchés comme la fornication, mais…
L’interlocutrice : À l’école, est-ce qu’elle doit porter le voile ? Elle ne se voile pas.
Oustadha : À l’école, est-ce que…
L’interlocutrice : Elle dit qu’elle est voilée, mais son école ne la laisse pas porter le voile, pas de manière officielle, sans reconnaissance légale.
Oustadha : Si tu trouves un musulman pieux avec qui tu peux pratiquer pleinement ta religion — abaya, voile légiféré, le voir pratiquer la religion — je te conseille de te marier maintenant. Même si ton père s’y oppose, tu peux chercher un tuteur musulman dans ta famille, ou un converti. S’il n’y en a pas, un imam ou un frère musulman pourra jouer ce rôle.
L’interlocutrice : Une sœur a dit qu’elle ne peut pas faire semblant d’aller à l’école pendant quatre mois alors qu’elle sort le matin. Son père croit qu’elle continue ses études.
Oustadha : Mais si son père lui demande son diplôme ?
L’interlocutrice : Je ne sais pas quelles sont ses études.
Oustadha : Je te réponds selon notre religion : si elle a trouvé un mari pieux, ce n’est pas une désobéissance dans ce cas.
L’interlocutrice : Oui, parce qu’elle cherche à se préserver par rapport à sa religion.
Oustadha : Le Prophète (paix et bénédictions sur lui) a dit qu’on ne doit pas obéir à une créature en désobéissant au Créateur. Ici, elle ne désobéit pas à son père, mais à Allah si elle ne se voile pas. C’est pour cela qu’il lui est permis de désobéir à son père dans ce cas, pour éviter le péché. Elle peut donc se marier même si son père refuse d’être son tuteur, car c’est pour une bonne cause : obéir à Allah.
L’interlocutrice : D’accord. Quatre mois, ce n’est pas long. C’est dommage de rester dans cette situation… N’est-il pas possible qu’elle suive des cours à distance ?
Oustadha : Oui, des cours à distance peuvent être une solution.
L’interlocutrice : En Belgique, ce n’est pas possible.
Oustadha : Le problème, c’est que tu commettras des péchés si tu ne portes pas le voile correctement. Là, tu es dans la mixité. Si on parle selon la religion, pas selon le travail ou autre, la réponse est claire : tu dois respecter la législation d’Allah.
L’interlocutrice : Elle demande : « Est-ce que ce ne serait pas mieux d’attendre quatre mois, de préserver les liens familiaux et de se marier ensuite ? »
Oustadha : Le problème, c’est que pendant ces quatre mois, elle ne pourra pas se marier et ne pourra pas porter le voile correctement. C’est compliqué.
L’interlocutrice : Oui, c’est vraiment grave.
Oustadha : Honnêtement, selon un hukm shar‘i, qu’est-ce qu’elle doit faire ? Elle est obligée. Si elle ne peut pas se voiler comme Allah l’a ordonné, elle est en grand péché. Le voile doit être porté comme Allah l’a demandé. Même une abaya légère ou pas ample, c’est un péché grave. Mais le problème, c’est : est-ce qu’elle ne porte pas le voile shar‘i parce que son père refuse, ou parce que l’école l’interdit ?
L’interlocutrice : Elle n’a pas précisé.
Oustadha : Est-ce que c’est l’école qui pose problème ? Parce que certaines sœurs disent : si c’est ton père, mets ton abaya ou ton jilbab dans ton sac. Ou alors, c’est l’école qui l’empêche ?
L’interlocutrice : Elle a dit qu’elle porte le voile shar‘i en cachette.
Oustadha : Mais elle le porte à l’école ?
L’interlocutrice : Oui, à l’école, son père n’est pas là.
Oustadha : Alors, pourquoi ne peut-elle pas porter le voile à l’école ?
L’interlocutrice : Je ne sais pas, c’est la fac, mais elle ne peut pas mettre l’arabeïa à l’école, c’est ça ?
Oustadha : Oui, dans ce genre de situations, même si tu dois délaisser l’école, tu es obligée d’obéir à Allah. Que tu te maries ou pas, c’est un bienfait pour toi. J’ai connu plusieurs sœurs qui ont vécu cela. Parfois, les parents menacent de couper les liens, disant : « Je ne te parlerai plus. » Mais une fois qu’ils voient que leur fille est heureuse, qu’elle est bien avec son mari, leur cœur s’adoucit.
Parce que tu fais ça pour Allah, c’est Lui qui change les cœurs. Finalement, tout le monde finit par accepter parce que tu as obéi à Allah.
L’interlocutrice : Elle dit que son père ne fait pas que menacer, il est sérieux.
Oustadha : Est-ce qu’elle te dit jusqu’où ça va ? Quoi qu’il en soit, tu dois obéir à Allah Azza wa Jall. Il faut avoir une grande confiance en Lui. Si tu Lui obéis, les gens ne t’abandonneront jamais vraiment. Tu laisses de côté ce qui pourrait te faire souffrir pour Allah, et Lui te remplacera par mieux. Même ton père, bi idnillah, si tu le suis avec sincérité et crainte d’Allah, son cœur finira par changer. Beaucoup ont menacé leurs enfants de toutes sortes de punitions, mais rien ne s’est passé, et leurs cœurs ont changé quand ils ont vu leur enfant sur le droit chemin.
Quand moi, j’ai mis le voile et arrêté mes études, mon père était très en colère. Pour lui, le travail et les études étaient primordiaux. Mais après un ou deux mois, il a accepté. Parfois, les parents sont durs au début, mais c’est une épreuve. Si vous êtes fermes, avec le temps, vos parents vous laisseront. Un parent aime profondément son enfant, même s’il réagit mal au début. Et si malgré tout il ne change pas, il ne pourra pas te faire de mal. C’est Allah Azza wa Jall qui fait retourner les cœurs.
L’interlocutrice : Merci, c’est rassurant. Amin.