La distinction entre passion et l’adoration de ses passions
Question :J’ai une question concernant nos faiblesses dans la religion. Parfois, nous continuons à faire de mauvaises choses malgré nos efforts. Comment peut-on savoir si l’on est devenu esclave de ses passions ? Auriez-vous des règles, des signes ou des caractéristiques permettant de reconnaître cette situation ? Par ailleurs, je me demande : si l’on n’arrive pas à se retenir de faire quelque chose que l’on aime, même si cette chose est permise, est-ce que cela peut être considéré comme du shirk ? L’addiction est-elle une forme de shirk ? Réponse Oustadha : Je ne sais pas si elle est là. Parce que tu dis « adoratrice des passions » mais tu parles aussi de choses permises. Par exemple, qu’est-ce que tu entends exactement ? Ça peut être manger ? Est-ce que tu ne veux pas faire ça pour Allah ? Peux-tu reformuler ta question ? Il y a une contradiction, je vais essayer de relire. Interlocutrice : En fait, peux-tu donner des exemples de passions ? Ce que je comprends, c’est qu’il y a des choses dans la vie qui sont halal, mais qu’il ne faut pas en abuser. Par exemple, l’histoire du Prophète Soulayman qui a raté une prière parce qu’il s’occupait de ses chevaux. S’occuper de chevaux est halal, mais il ne faut pas en abuser. Je pense que la question porte sur : à quel moment une chose halal devient dangereuse ou nuisible pour un musulman au quotidien ? Oustadha : Il y a une règle que le Prophète ﷺ a donnée : les choses sont halal, mais si on en abuse, cela devient problématique. Par exemple, le football est permis, ce n’est pas un travail, tu peux jouer. Interlocutrice : Tu parles bien de jouer, pas de football professionnel. Oustadha : Exactement, jouer au ballon est permis. Mais si tu joues et que l’appel à la prière du Zohr retentit, il faut arrêter pour prier. Si tu manques la prière à cause du foot, c’est interdit, c’est un abus. Ce qui était halal devient alors illicite parce que tu as manqué une obligation. Interlocutrice : Donc, c’est quand cela t’éloigne de tes devoirs religieux que ça devient problématique. Oustadha : Cela t’éloigne d’Allah. La première chose, c’est que tu ne dois pas négliger tes obligations, comme la salat (prière). La salat est obligatoire. Si tu manques ta prière pour préparer un dîner ou faire plaisir à ton mari, même si c’est quelque chose de permis, ce n’est pas acceptable. C’est haram de laisser passer autre chose avant ta salat. Mais si tu manques la prière pour faire une pâtisserie ou préparer un repas spécial, même si ces choses sont licites, cela devient illicite parce que tu as négligé une obligation. Donc, que ce soit le foot ou toute autre activité, si cela t’éloigne de tes obligations religieuses, cela devient un problème. C’est comme l’histoire du prophète Soulayman (paix sur lui), qui s’occupait de ses chevaux et a raté une prière. Interlocutrice : Il a été distrait, en fait. Oustadha : Oui, il n’a pas raté toute la prière, mais pour la prière de Zohr, il s’est repenti et a abandonné cette passion. C’est un prophète, pourtant il a dû faire cela. Les choses illicites sont clairement interdites, surtout si elles te font manquer la prière, qui est une obligation. Si tu interromps ta prière pour quelque chose d’illicite, c’est un péché. Par exemple, avec l’argent, si tu as beaucoup et que tu dépenses sans limite, ce n’est pas bon. Il faut éviter les excès. Interlocutrice : Ça peut être aussi avec les enfants. Une sœur disait que les enfants peuvent être une fitna. Oustadha : Exactement. Dans le Coran, il est mentionné que ta femme et tes enfants peuvent être une fitna (tentation). Parfois, les enfants, par exemple lors des célébrations comme les Nabaouia (anniversaire du Prophète), peuvent causer des distractions dans la pratique de la religion. Interlocutrice : Oui, c’est l’anniversaire du Prophète. Oustadha : L’enfant va pleurer. Il va dire à son père : « Je veux acheter, je ne sais pas quoi. » Interlocutrice : Des cadeaux ? Plus tard. Ah, les artifices. Oustadha : Oui, les artifices. Ce n’est pas une obligation. C’est du gaspillage. L’enfant fait un caprice, il pleure, il insiste. Tu vas céder et acheter. C’est du haram. Mais aussi, il ne faut pas toujours abuser. Oui, tu peux acheter quelque chose aux enfants pour leur faire plaisir, mais il ne faut pas gaspiller l’argent. Peut-être que cet argent pourrait être donné aux pauvres ou investi dans des projets bénéfiques pour nous. La limite, c’est quand tu négliges l’adoration obligatoire, les obligations de la religion. C’est ça la règle.
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