L’invocation en soujoud

Question : Dans le soujoud, lorsqu’on invoque Allah pour demander des choses personnelles, peut-on parler en français ou en arabe dialectal ou est-ce exclusivement en arabe littéraire quand il s’agit de faire ses demandes à Allah dans la prière ? Réponse :  Oustadha : Pour invoquer Allah pendant la prière, en français ou dans une autre langue, c’est permis. Mais si tu connais l’arabe, tu es obligée d’invoquer Allah Azza wa Jall en arabe pendant la salat. Si tu ne le connais pas, si tu es française, il est autorisé d’invoquer Allah dans la prière en français, en anglais ou dans n’importe quelle autre langue. C’est une grâce d’Allah, Alhamdulillah. C’est autorisé.

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L’Autorité sur les enfants en cas de remariage

Question : J’aimerais savoir qui a l’autorité sur mes enfants en cas de remariage ? Est-ce qu’il peut m’interdire de les scolariser, par exemple ? Ou suis-je la seule à décider pour eux ? Leur papa est décédé, qu’Allah lui fasse miséricorde. Je suis remariée avec un homme qui n’est pas le père de mes enfants. Est-ce que, parce qu’il est marié avec moi, il a le droit de prendre des décisions concernant mes enfants ? Réponse  Oustadha : Normalement, une femme qui se remarie n’a plus la garde de ses enfants. Ce n’est pas la grand-mère qui l’a. Cependant, quand une mère est avec ses enfants, c’est elle qui a l’autorité principale pour leur éducation. Ceci dit, c’est toujours bien de prendre l’opinion du mari. Nous, les femmes, sommes souvent guidées par nos émotions. L’homme, lui, est plus rationnel et réfléchit souvent mieux que la femme. On a toujours notre propre point de vue, mais l’homme peut être plus pertinent. Si ton mari est un homme pieux et qu’il te donne une bonne opinion concernant l’éducation de vos enfants, tu dois la prendre en compte. L’autorité revient à la femme, mais il se peut que cette femme ne soit pas une bonne éducatrice, qu’elle manque de foi ou qu’elle ne fasse pas la salat. Dans ce cas, on prendra l’opinion du mari. L’interlocutrice : Elle ne doit pas être orgueilleuse en se disant : « J’ai toujours l’autorité ! » Oustadha : Elle doit accepter les conseils (la nasihah) de son mari. C’est pour le bien.

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L’argent du tabac et la Hijra

Question : J’espère que vous allez bien, mes sœurs. Ma question est la suivante : mon mari et moi n’avons pas été élevés dans le manhaj as-salafi. Lorsque nous nous sommes mariés, il avait acheté un tabac commerce avec vente de cigarettes et jeux de hasard. Aujourd’hui, par la grâce d’Allah qui nous a guidés, nous nous rapprochons de notre Seigneur, alhamdulillah. Cependant, mon mari doit garder le tabac encore minimum trois ans. Sinon, l’État français va s’en prendre à lui. Il sera endetté et poursuivi judaiciairement. À la suite de ces trois ans, nous aimerions effectuer la hijra. Sera-t-elle halal si elle est faite avec l’argent du tabac ? Sinon, notre hijra sera encore reportée et cela me pèse sur le cœur. Qu’Allah m’assiste. BarakAllahu fikunna wa jazakunna Allah khairan. Réponse :  Oustadha : Concernant la question de la sœur : son mari a-t-il la possibilité de trouver un autre travail ? Tu as mentionné qu’il aurait des problèmes avec la justice, mais est-ce qu’il peut chercher un autre emploi en parallèle ? S’il trouve un travail et qu’il est licite, c’est mieux. Si ce n’est pas le cas, et que vous êtes obligés de faire la hijra, il faut d’abord connaître les conditions. La première condition pour la hijra, c’est de la faire pour Allah. Et si on la fait pour Allah, on ne doit pas revenir dans un pays de kufr (mécréance), car c’est interdit et c’est un grand péché. La deuxième condition est d’avoir de l’argent pour pouvoir s’établir correctement dans le nouveau pays. Je dis à tous les frères et sœurs qui veulent faire la hijra de ne pas se précipiter. Il faut avoir de l’argent pour avoir une bonne situation dans un pays musulman. La troisième condition : si tu ne trouves pas un travail licite, et que la nécessité se présente, tu peux faire la hijra. À ce sujet, une minute, je me corrige, ma sœur. Même si tu as de l’argent illicite, dans la nécessité, tu peux voyager ou faire la hijra avec cet argent. Qu’Allah te facilite, et qu’Il facilite ce problème à ton mari, Insha’Allah. L’interlocutrice : Je voulais juste clarifier pour la sœur : si le mari ferme son commerce de tabac, il sera endetté. Cela signifie qu’ils ne pourront pas faire la hijra tout de suite, parce qu’il devra d’abord rembourser ses dettes. Oustadha : Oui, il doit rembourser ses dettes. Sinon, il sera en prison. C’est comme ça. Sinon, il aura des ennuis… L’interlocutrice : Pas forcément en prison, mais il sera poursuivi juridiquement. Il faudrait que le mari se renseigne sur les solutions en France. Est-ce qu’il ne pourrait pas déposer le bilan ou se mettre en arrêt maladie ? Il y a souvent des solutions pour fermer un commerce. Une autre possibilité serait de demander de l’aide à d’autres frères pour les dettes. Mais ce que je voulais confirmer, c’est que dans tous les cas, il ne doit pas continuer ce travail. Oustadha : Non, ce travail est interdit, illicite. Il est impératif qu’il l’arrête. L’interlocutrice : Donc, peu importe les répercussions, il faut qu’il ferme. Oustadha : Oui, il doit fermer. Il doit trouver une solution. Qu’il ferme son commerce ou qu’il trouve quelqu’un pour l’aider à rembourser ses dettes, il doit arrêter ce travail. Il est obligé d’arrêter, car ce travail est illicite. L’interlocutrice : Il arrête donc son travail en premier, et ensuite il s’occupe de trouver des moyens pour rembourser ses dettes ? Oustadha : Oui, c’est ça. Comme tu l’as dit, il doit faire les causes pour rembourser sa dette. Il cherchera un travail licite pour la rembourser, dans tous les cas. Mais il ne doit pas rester dans ce travail illicite. L’interlocutrice : Oui, bien sûr. C’est pour que la sœur comprenne très bien la réponse. Non, parce qu’en fait, à la fin, elle disait : « S’il continue pendant trois ans, s’il continue à partir d’aujourd’hui, est-ce que cet argent, il peut l’utiliser pour la hijra ? » Non, non. C’est pour ça qu’à la fin j’ai coupé le micro pour être plus claire, car c’est une amana (une chose confiée). Oustadha : Oui, bien sûr. L’interlocutrice : Donc voilà, qu’Allah leur facilite la fermeture. Merci.

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L’annonce du Hajj et l’ostentation

Question : Nous avons, par la grâce d’Allah, fait le Hajj cette année. De mon côté, je ne le dis à presque personne car j’ai peur de l’ostentation ou que les gens utilisent ça contre moi. Par exemple, j’ai fait mon Hajj, à la moindre erreur, on va me le rappeler méchamment. Mais mon mari, lui, le dit à presque tous ses amis et voisins, car il dit qu’il faut rappeler le bienfait d’Allah sur nous et que le Hajj est fini de toute façon. Quelle est la meilleure position à avoir ? Réponse  Oustadha : Pour cette question, la sœur a dit qu’elle ne parlait pas de son Hajj pour ne pas faire preuve d’ostentation, ce qui est une bonne intention. Mais elle a ensuite fait une erreur, elle a mélangé les choses en disant : « J’ai peur… » Franchement, la peur des gens ne va pas avec la sincérité. La bonne attitude est la suivante : tu peux dire que tu as fait le Hajj si on te le demande. C’est une ibada (un acte d’adoration), ce n’est pas grave. Si quelqu’un te demande : « As-tu fait le Hajj ? », tu peux répondre : « Oui, je l’ai fait. » Ce n’est pas de l’ostentation. C’est même une bonne chose, car peut-être que si je dis que j’ai fait le Hajj, ça va encourager d’autres personnes qui ont les moyens à le faire aussi. C’est comme ça que je vois mes amis. Dans le cas de la sœur, la première partie de sa réflexion est bonne : elle a peur de l’ostentation. Mais son erreur, c’est d’avoir dit : « J’ai peur à cause des gens. » Ça, ce n’est pas de la sincérité. On n’a pas à avoir peur des gens. Généralement, quand on fait le Hajj ou la Omra, on fait quand même des fautes, car nous ne sommes pas des prophètes. L’interlocutrice : Non, je pense qu’elle voulait dire que si tu as fait le Hajj, on s’attend à ce que tu ne fasses plus de bêtises. Et si tu en fais, on va te le reprocher en te disant : « Tu as fait le Hajj, et tu fais ça ? » C’est ça qu’elle veut dire. Oustadha : Elle a mélangé son raisonnement. Il faut de la sincérité. On ne doit pas dire ça. Même moi, on peut me blâmer, car le fait de faire le Hajj ne signifie pas qu’on ne fera plus d’erreurs. On va faire des bêtises, des fautes, mais Alhamdulillah, on demande pardon. Le Prophète (Sallallahu Alayhi Wa Sallam) a dit que si vous ne commettiez pas de fautes, Allah Azza wa Jall créerait des gens qui en feraient et demanderaient pardon, car Allah aime le pardon. Il ne faut pas réfléchir de cette manière. Bien sûr, c’est bien de ne pas le dire à tout le monde si c’est pour être sincère avec Allah Azza wa Jall, mais il ne faut pas avoir peur du regard des gens. Avoir peur de ce que les gens vont dire est un peu comme du shirk caché, un shirk mineur. Il faut vraiment faire attention à cette intention (niya). Il ne faut pas dire : « Je ne dis pas que j’ai fait le Hajj, par peur de l’ostentation », mais il faut surtout laisser de côté la peur du jugement des gens. Fais-tu des péchés avec le Seigneur d’Allah ? L’interlocutrice : Oui, je comprends. En fait, il faut se dire : « Je me fiche de ce que les gens vont penser, j’ai fait le Hajj pour Allah, pas pour votre avis. » C’est important, car parfois, on ne se rend pas compte, mais ces détails peuvent s’apparenter à de l’association (shirk). Oustadha : Exactement. C’est pour cela que j’ai dit que ta première pensée était bonne, mais la seconde ne l’était pas. Il ne faut pas avoir peur des gens. Il faut changer de mentalité, c’est très important. En même temps, je te donne un conseil : même en faisant le Hajj, on va faire des erreurs, bien sûr. Mais on fait tous nos efforts pour rester dans le bien. On ne prétend pas être des anges, mais on apprend toujours. Nous avons des gens qui sont sur le droit chemin, et on fait des efforts pour les imiter. Quand on fait des bêtises, Allah pardonne. Ce n’est pas si grave, même si on a fait le Hajj. L’interlocutrice : Et par rapport au mari ? Oustadha : Pour le mari, il ne faut pas l’annoncer à tout le monde. Si quelqu’un te questionne, tu peux lui dire : « J’ai fait le Hajj », c’est bien. Mais il ne faut pas faire d’annonce. Si tu as peur de l’ostentation, tu dois y faire attention. Tu vois, il y a une contradiction entre le fait de ne pas annoncer et le fait d’avoir le mari au milieu de ça. Il faut considérer le milieu dans lequel on se trouve. Si on me demande, je dis que j’ai fait le Hajj. L’interlocutrice : Est-ce qu’on peut ne pas dire qu’on a fait le Hajj parce qu’on n’a pas peur ? Oustadha : Oui, le Hajj est passé. Mais après, les gens peuvent dire que tu avais de l’argent et tout. Tu as le droit de ne pas le dire. Franchement, comme on l’a dit, les gens calculent tout maintenant. Tu peux leur dire que tu as fait une Omra. C’est que l’argent, c’est du rizq. Je connais beaucoup de gens qui sont partis faire la Omra, comme moi par exemple, alors qu’ils n’avaient pas d’argent. C’était un cadeau d’Allah. Ce n’est pas un simple calcul logique. Même l’argent que les gens ont, c’est Allah qui le leur a donné. L’argent est une forme de rizq. L’interlocutrice : Oui, et ça cause de la jalousie aujourd’hui. Oustadha : Oui, la jalousie. Au lieu d’avoir ce genre de pensées, les gens devraient dire : « Masha’Allah, Allahuma

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L’amour de la prière et la concentration

Question : Salam alaykum à tous. J’aimerais savoir quelle cause faire pour aimer la prière. Alhamdulillah, je fais mes cinq prières toujours à l’heure, mais parfois je la trouve lourde, je suis fatiguée et je ne prends pas de temps pour réciter des sourates. Je me sens un peu hypocrite. Réponse Oustadha : Pour la dernière question, pour la prière, on a dit déjà un petit peu pour la prière, pour aimer la prière, il faut apprendre sur la prière. Parce que le Prophète Sallallahu Alayhi Wa Sallam, quand il prie, il prend beaucoup de temps. Il dit, il se sent soulagé dans son âme. Et les causes, toi, tu dis, je suis fatiguée. Peut-être que c’est des causes que tu es fatiguée. Tu as ton foyer, ta maison, ton mari peut-être, les enfants, bien sûr, tu es fatiguée. Je ne vais pas dire que tout le monde va faire la même prière. Parce que même dans les corps, il y a les grands sahaba, ce n’est pas comme les autres sahaba. C’est-à-dire qu’on va prier mieux que l’autre. Mais la foi, elle n’est pas pareille.      Peut-être que je suis fatiguée parce que j’ai mon foyer. Il est permis de faire [des petites sourates], ce n’est pas de l’hypocrisie. Tu peux faire des petites sourates. L’important, c’est de faire le khushu’, c’est-à-dire la concentration. Ça veut dire que tu sais ce que tu lis. Parce que le khushu’, la concentration dans la salat, il y a des causes. La première des choses, tu lis attentivement. Non seulement attentivement, même si c’est des petits versets. Tu prends le temps. Le temps. Et la deuxième des choses, je dis, nous les femmes, surtout les femmes, quand tu veux faire la salat, il faut laisser tout le travail de la maison. Oui. Par exemple, maintenant, je vais faire la salat de Duhr. Je n’ai pas maintenant à faire la cocotte, quelque chose, et mon cerveau, avec la cocotte, va brûler. Non, je ne fais pas maintenant. Soit je fais avant, et j’éteins le feu, je suis à l’aise, je vais faire la salat de Duhr.     Les enfants sont endormis, j’ai fait tout mon travail avec mon mari, je vais faire la salat de Duhr. Ça aide beaucoup, ça. Il n’y a pas d’autre chose derrière toi. J’ai toujours dit aux femmes, qu’ il ne faut pas faire la cuisine dans le temps. Avant, après, ce n’est pas un problème. Pour être à l’aise. Même si c’est des petites sourates, il faut se concentrer. Subhanallah. Le Prophète Sallallahu Alayhi Wa Sallam, je l’ai dit, la prière, la vraie prière, c’est quelqu’un qui prie avec concentration. Tu ne vas pas faire de péchés. Tu vas apprendre à ne pas faire de péchés. Tu as la crainte de faire des péchés parce que… Il a dit dans la salat, il ne faut pas faire les causes pour faire la fornication. Vous ne faites pas. Vous ne vous approchez pas. Les causes de s’approcher du zina, la mixité. La grande cause, c’est la mixité. C’est pour ça que j’ai interdit la mixité. C’est très bien de dire ne pas être proche du zina.      C’est-à-dire tout ce qui va nous emmener vers le zina. Le zina, ne le fais pas. Moi, quand je fais ça, je dis, jamais je ne serai dans la mixité parce que je vais être en fornication. C’est-à-dire, quand tu es avec concentration et que tu comprends les versets, c’est pour ça que Il faut bien toujours avoir la concentration pour avoir la concentration. L’explication du Coran, c’est bien. Et deuxième chose, la dunya. Tu laisses la dunya derrière toi. C’est-à-dire le ménage, ça. Soit tu fais avant, tu laisses, peu propre, tu arranges. J’ai fait tout, j’ai préparé tout. Surtout le icha. Aisha, c’est bien. Moi, je fais le retard de l’icha. Je fais tout mon travail. L’interlocutrice : Tu finis tout ce que tu as à faire. Oustadha : Icha, c’est bien. Oui, franchement, tu vas être à l’aise. Elle ne va pas t’appeler ta mère, ton mari. Oui, tout le monde est couché. La concentration, il y a beaucoup de choses. Et tu ne vas pas dire, je suis hypocrite parce que la fatigue, ça joue le rôle, la fatigue. Même si tu fais 10 versets, ce n’est pas grave, mais il faut toujours apprendre ce qu’est la salat, franchement. La salat, c’est notre guide. Alors, c’est la salat, franchement, qui nous facilite, nous donne le choix, la concentration de la salat. On dit à tout le monde qu’on nous apprend notre religion.

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Travailler pour une entreprise vendant des produits illicites

Question : Ma question concerne un potentiel emploi pour mon époux. On lui propose un poste dans une entreprise sous-traitante pour une chaîne d’hypermarché. Ils devraient installer des produits informatiques classiques et des produits d’informatique de paiement, tels que des systèmes de paiement par carte, des imprimantes, etc. Ces grandes surfaces vendent à la fois des produits licites et illicites, comme cela est connu. Est-il autorisé à y travailler Réponse  Oustadha : Comme tu l’as dit, ma sœur, il y a des actes licites et illicites. Selon la règle exprimée dans le verset qu’Allah a cité — « Wa ta‘awanu ‘alal-birri wat-taqwa » (entraidez-vous dans la bonté et la piété) — nous devons nous entraider dans ce qui est bien, mais il est interdit de s’entraider dans le mal. Ainsi, si un travail comporte à la fois des aspects licites et des aspects illicites, il n’est pas permis d’y participer ou de l’aider. Cela signifie qu’on ne peut pas travailler dans une entreprise qui pratique des choses interdites, car en y travaillant, même indirectement, on aide au péché. L’interlocutrice : Peux-tu donner un exemple ? Oustadha : Bien sûr. Prenons l’exemple des banques. Tout le monde sait qu’elles pratiquent l’intérêt, qui est interdit en Islam. Même si tu y occupes un poste très éloigné des opérations financières, comme femme de ménage, cela reste interdit. Pourquoi ? Parce que tu contribues, même indirectement, à une entreprise qui tire profit du péché. L’interlocutrice : Même à un niveau très bas dans l’organigramme ? Oustadha : Oui, même à ce niveau-là, ce n’est pas permis. L’interlocutrice : Donc, même si on est femme de ménage dans une banque, on ne doit pas accepter ce travail. Oustadha : Exactement. Même si tu ne manipules pas directement les intérêts, ta participation fait que tu aides à perpétuer une activité illicite. Je peux te donner un autre exemple : travailler dans une société qui produit de l’alcool. Certaines personnes pensent que, tant qu’elles ne boivent pas, c’est acceptable. Mais le vin est interdit en Islam. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui) a même payé l’amende pour quelqu’un qui fabriquait du vin. Donc, travailler dans une telle entreprise, même sans consommer, revient à aider dans un péché. En résumé, dès que ta participation implique d’aider dans une chose interdite, ce travail devient illicite.

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Le voyage  sans mahram

Question : Ma maman vit en Guadeloupe, un département français d’outre-mer. Suis-je autorisée à voyager chez elle avec mes enfants ? Mon mari ne peut pas nous accompagner là-bas, mais il peut nous conduire à l’aéroport, et ma mère viendra nous récupérer à l’arrivée. Ma fille a presque 12 ans, et mes fils ont presque 10 et 6 ans. Qu’Allah vous récompense. Je ne sais pas si ce voyage est considéré comme un voyage en France ou non, car la Guadeloupe est très loin. Réponse  Oustadha : Non, ce sont des voyages ordinaires. Tant que ce n’est pas une nécessité, il n’est pas permis de voyager sans Mahram. Par nécessité, j’entends par exemple que ton mari est malade et que tu dois partir pour des soins urgents. Dans ce cas, c’est permis de voyager. Mais pour un voyage simple, sans raison urgente, il faut absolument être accompagnée d’un Mahram. Voilà ma réponse. L’interlocutrice : Je comprends. Je voulais juste ajouter que la notion de nécessité n’est pas toujours à nous de la juger. Parfois, des sœurs disent que c’est une nécessité, mais leurs excuses ne sont pas toujours valables. Il faut toujours demander à une personne de science au cas par cas. Par exemple, certaines disent qu’elles n’ont pas vu leur mère depuis deux ans. On comprend la situation, mais ce n’est pas forcément une nécessité au sens religieux. Oustadha : Effectivement. Il y a aussi une divergence d’opinions sur le fait qu’une femme de plus de 50 ans puisse faire la ‘Umrah ou le Hajj seule, accompagnée d’une personne de confiance. Certains savants autorisent, mais l’avis majoritaire est que ce n’est pas permis. Par exemple, Cheikh Al-Albani a dit que si la femme est âgée de plus de 50 ans et voyage avec quelqu’un de confiance, c’est envisageable. Il a même donné un exemple précis : une fois, un mari a accompagné sa femme jusqu’à l’aéroport, puis il est parti. L’interlocutrice : Il a fait demi-tour alors ? Oustadha : Oui, il a fait demi-tour ou annulé son voyage, je ne me souviens plus du terme exact, mais en tout cas, il n’est pas parti avec elle. L’interlocutrice : Il a changé d’itinéraire ? Oustadha : Il a changé de route, il y a eu un détournement d’avion. Il n’a pas retrouvé sa femme, alors que normalement, elle devait voyager seule. Avec ce détournement, il n’y avait plus de sécurité pour elle. C’est dangereux pour une femme de voyager seule dans ce contexte. Il n’a pas parlé d’âge, ni donné d’autorisation générale. Il a clairement interdit à cette femme de voyager seule. L’interlocutrice : Une sœur m’a dit que sur le site de Cheikh Ferkous, il est question d’une autorisation. Oustadha : Oui, je connais ce point, je me suis renseignée aussi. L’interlocutrice : C’est donc bien toi, Oustadha, qui donnes cet avis. Oustadha : Oui, c’est moi. L’interlocutrice : D’accord. C’est pourquoi je dis qu’il existe une divergence d’opinions. Oustadha : Exactement, il y a une divergence. J’ai donné cet exemple précis, mais ce n’est pas un avis définitif ou unanime. Ce n’est pas que tout voyage est interdit, mais dans ce cas particulier, ce n’était pas permis. L’interlocutrice : Oui, je connais bien cette affaire, tous les détails sont préservés, qu’Allah nous protège. Oustadha : C’est un cas spécial. La femme concernée devait voyager seule car elle n’avait pas de Mahram. Elle était convertie et n’avait personne pour l’accompagner. C’est une situation exceptionnelle. En général, ce genre de voyage n’est pas permis pour une femme musulmane. L’interlocutrice : Cela concerne surtout les femmes qui n’ont pas de Mahram. Oustadha : Oui, exactement. C’est ce que précise la fatwa, basée sur cette histoire. Cette histoire est valable pour les converties qui vivent à l’étranger, comme en France ou au Canada. Par exemple, ma jeune fille est la seule convertie dans sa famille et elle n’a pas de Mahram. Dans ce cas, en situation de nécessité, elle peut voyager seule, en invoquant Allah pour sa protection. Cependant, pour accomplir le Hajj en tant que musulmane vivant dans un pays musulman, il n’est pas permis de voyager sans Mahram. Tu pourrais me demander : « Comment faire dans ce cas ? » Je te réponds que lorsqu’on ne peut pas accomplir une obligation, on n’en est pas tenue. Par exemple, si j’ai l’argent mais pas de Mahram, je ne suis pas obligée de faire le Hajj. Pour ma part, je suis partie en Hajj accompagnée, avec une sœur et son Mahram. C’est ainsi que la plupart font. Toi aussi, tu es partie avec ton Mahram, n’est-ce pas ? L’interlocutrice : Oui, avec mon père, mes parents et ceux des autres. Je suis partie avec mon Mahram aussi. Oustadha : Lorsque j’ai posé la question sur place, on m’a confirmé que voyager sans Mahram n’est pas permis. Même ceux qui l’autorisent parfois disent que c’est permis mais avec des péchés. Dans le cas de cette convertie, qui est la seule musulmane dans sa famille et n’a donc aucun Mahram, c’est une situation de nécessité. L’interlocutrice : Exactement. Elle ne dit pas qu’elle part seule pour un voyage quelconque comme à New York, ce serait une erreur. Oustadha : Oui, c’est important de bien préciser cela. Il faut protéger sa religion. L’interlocutrice : Une sœur pose une autre question : quand on parle de « personnes fiables », de qui s’agit-il exactement ? Qui sont ces personnes de confiance ? Est-ce que ce sont des savants ? Cette sœur a lu la fatwa de Cheikh Chou Ferkous et elle souhaite savoir si elle peut trouver des personnes de confiance à qui se référer pour prendre ce genre de décision. Oustadha : On doit toujours voyager en toute sécurité. Mais est-ce qu’on peut vraiment trouver des personnes de confiance ? Franchement, non. L’interlocutrice : La question porte sur la fatwa de Cheikh Ferkous. Moi, je ne l’ai pas lue, mais apparemment, il dit qu’une femme peut partir avec un groupe de confiance.

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Le tuteur de mariage et les critères de choix 

Question : Salam alaykoum. Lorsque le tutorat du père n’est plus valide dans le cadre du mariage, les personnes qui doivent prendre la relève doivent-elles se trouver dans le même pays que la fille et le prétendant afin de pouvoir mener l’enquête convenablement ? Et si le tuteur ne parle pas bien la langue des deux parties, doit-on malgré tout le prendre comme tuteur ? En résumé, ne faut-il pas plutôt choisir quelqu’un qui comprendra parfaitement la situation dans tous ses aspects ? Réponse Oustadha : La question porte sur un mariage. Apparemment, le père ne veut pas faire le mariage, donc le tuteur a été remplacé. Peut-être que le père n’est pas musulman, ou qu’il y a d’autres raisons, mauvaises ou inconnues. Elle demande si le nouveau tuteur… L’interlocutrice : Est-ce que le nouveau tuteur doit être dans le même pays que le futur couple ? Est-ce qu’il doit comprendre leur langue afin de s’assurer que tout se passe bien ? Aussi, pour pouvoir s’informer un peu sur l’homme, le prétendant, et remplir son rôle de tuteur. Parce que d’après ce que j’ai compris, le tuteur n’est pas dans le même pays, et ils ne parlent peut-être pas très bien la même langue, par exemple le français. Oustadha : Je vais revoir cette question et te donner une réponse précise, parce que le tuteur n’est pas dans le même pays. L’interlocutrice : Ou alors, pour reformuler la question : quand le père ne peut plus être tuteur, quel est le rôle du nouveau tuteur ? Est-ce que c’est simplement qu’il donne son accord et c’est fini, ou est-ce qu’il doit s’investir davantage ? Oustadha : Pour le tuteur, il faut d’abord comprendre pourquoi le père ne peut plus être tuteur. Est-ce parce qu’il est mécréant ? L’interlocutrice : Elle n’a pas précisé. En tout cas, c’est très important d’avoir l’avis du tuteur. Normalement, il doit être présent. Si tu veux, tu peux m’envoyer la question par e-mail. L’adresse e-mail est facilement accessible sur le groupe ou sur le site de l’Institut Oumayna. Envoie-moi la question détaillée et je la transmettrai à l’oustadha en privé pour qu’elle te donne une réponse privée. C’est exceptionnel, parce que normalement il faut bien comprendre la situation. La sœur concernée devrait être là pour expliquer. Sinon, c’est qadr Allah. Inch’Allah, elle pourra te répondre si elle reçoit ta question par mail.

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Le téléphone est-il le bien de la femme ? L’homme a-t-il autorité dessus ?

Question : J’aimerais savoir si le téléphone est considéré comme un bien appartenant à la femme et si l’homme a une autorité dessus, c’est-à-dire s’il peut le lui retirer comme bon lui semble. Est-ce que le mari peut prendre le téléphone de sa femme, comme on confisque un objet à un enfant ? Peut-il faire la même chose avec sa femme, c’est-à-dire le prendre sans lui demander la permission ? C’est justement ce que la sœur demande : est-ce que le téléphone appartient à la femme ? On peut même rajouter la question suivante : et si c’est lui qui l’a acheté, ou au contraire, si ce n’est pas lui ? Par exemple, moi, si j’ai un téléphone portable que j’ai acheté moi-même avec mon propre argent, ou bien, au contraire, si j’ai un téléphone que mon mari m’a offert, parce que c’est lui qui prend en charge mes besoins, est-ce que, dans un cas comme dans l’autre, ce bien lui appartient à lui, et donc, est-ce qu’il peut me l’enlever quand il veut ? Réponse Oustadha : Non, tant qu’il t’a donné cet objet comme un cadeau, il ne peut pas le reprendre. Ce n’est pas permis. Même dans le cas d’un cadeau, une fois qu’il est offert, il ne t’appartient plus. L’interlocutrice : Oui, ça devient la propriété de la personne à qui on l’a offert, même si c’est lui qui l’a acheté. Oustadha : Exactement. Dès lors que tu offres quelque chose à quelqu’un, cela devient sa propriété. Même si c’est toi qui l’as payé. Comme un cadeau que tu offres à ta fille ou à ta cousine : ce n’est pas permis de le reprendre. On n’a pas le droit de le reprendre devant les gens. C’est une question de respect. L’interlocutrice : Oui, je comprends. C’est comme un chien qui vomit, puis revient à son vomi. C’est une mauvaise image, mais c’est pour dire que reprendre un cadeau est très mal vu. Même si c’est toi qui l’as donné, ça ne t’appartient plus. Mais est-ce qu’il a quand même le droit de regarder dedans ? Oustadha : Il peut interdire l’usage. Par exemple, il peut punir en retirant l’objet, comme un téléphone. L’interlocutrice : Par exemple, si j’ai fait une bêtise, que je suis trop sur mon téléphone, et qu’il me dit : « Oum Yahya, ce soir je te prends le téléphone. In chaa Allah je te le rends dans deux jours. » Est-ce qu’il en a le droit ? Oustadha : Oui. Il peut le faire dans le cadre d’une punition justifiée. Si tu n’as pas rempli ses droits à cause de l’usage du téléphone, il peut décider de te le retirer temporairement. L’interlocutrice : Oui, donc si c’est à cause d’un manquement, il peut me punir de cette façon. Oustadha : Tout à fait. Il en a le droit, car tu n’as pas accompli tes devoirs envers lui. Interlocutrice : Voilà. Parce qu’on n’a pas fait à manger, on n’a pas fait le ménage… Oustadha : On n’a pas fait le ménage. Ça veut dire qu’on n’a pas été propre. C’est-à-dire que tu n’as pas bien pris soin de la maison. Tu n’as pas rangé, tu n’as pas fait ce qu’il fallait. Et donc, lui, il considère que, puisque les choses nécessaires n’ont pas été faites — comme bien s’habiller, bien manger, bien entretenir la maison — il a le droit de te punir. Il peut le faire si cela a un bénéfice. Mais sinon, ça ne sert à rien. C’est une punition inutile. Interlocutrice : Mais s’il est juste… pas gentil. Enfin… pas méchant non plus, mais tu sais, certains hommes parfois, ils sont… Oustadha : Voilà, ça devient un résultat, en fait. Parce que si, par exemple, il me punit deux jours, moi, je vais faire pire qu’avant. Donc ça n’a aucun effet positif. Il faut que la punition — ou la privation, je ne sais pas si c’est bien français — soit bénéfique, qu’elle ait un sens. Interlocutrice : Oui, bénéfique. Oustadha : Sinon, ça ne sert à rien. Il y en a, franchement… je ne vise personne, attention, mais il y a des maris qui sont juste méchants. La femme, elle a tout bien fait : la maison est propre, les enfants sont bien, tout est bien. Mais lui, il décide, ce soir-là, qu’elle ne doit pas parler avec ses copines. Juste comme ça. Et il lui enlève le téléphone. Parfois, ce sont des comportements de pervers narcissiques. Ils agissent comme ça pour dominer. Et ce n’est pas correct. C’est vrai que le mari a des droits sur son épouse. S’il a besoin d’elle, s’il veut lui parler de quelque chose d’important, elle doit poser son téléphone et être attentive, bien sûr. Mais si elle abuse du téléphone, si elle exagère, là aussi ce n’est pas permis. Ce n’est pas son droit d’abuser. Donc dans ce cas, on doit trouver le juste milieu. L’interlocutrice : Oui, juste au milieu. Que ce soit par la femme ou par l’homme. Moi, je comprends la première situation, c’est-à-dire : la femme est trop sur son téléphone, elle ne fait rien à la maison. Dans ce cas, c’est comme une nasiha, c’est comme un conseil. Oustadha : C’est un conseil en action. L’interlocutrice : Voilà, c’est peut-être une manière pour qu’elle prenne conscience, qu’elle se dise : « C’est vrai, je suis trop sur le téléphone. » C’est un message pour elle. Ce n’est pas qu’il fait ça pour être méchant. Mais il y en a d’autres, eux, ils veulent juste embêter la femme. Parce que, je ne sais pas… si la femme a bien cuisiné, a tout fait correctement, a accompli les droits de son mari, alors dans ce cas, il n’a pas le droit de lui retirer le téléphone. Oustadha : Oui, oui. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas juste. L’interlocutrice : Mais à propos de ce que vous disiez… Il peut regarder dans le téléphone, mais, par exemple, moi

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Le suivi des prêcheurs sur les réseaux sociaux 

Question :  Assalamu alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh, aujourd’hui, il y a beaucoup de prêcheurs et d’enseignants qui font da‘wah sur les réseaux sociaux ou vendent des cours. Certains sont élèves d’un shaykh, possèdent une teskia ou une ijazah, d’autres ont des diplômes universitaires, et certains n’ont rien de tout cela. Par prudence, je préfère suivre les cours et les prêches de ceux qui ont une teskia, une ijazah ou qui sont élèves de tel ou tel shaykh de la sunna, et Dieu merci, ils sont nombreux. Il y a beaucoup de polémiques à ce sujet. Que suivent donc ceux qui n’ont rien de tout cela et qui font de la da‘wah sans base solide ? Il faut examiner à quoi ils appellent exactement. Il m’arrive rarement d’écouter les prêches de ceux qui n’ont ni ijazah, ni diplôme, même s’ils suivent le minhaj. Et, honnêtement, cela ne m’apaise pas beaucoup. Ma question est la suivante : est-ce que le fait d’être exigeante sur ce point est une forme d’extrémisme, surtout quand on est débutante dans l’apprentissage de la science religieuse ? Réponse  Oustadha : Je souhaite ajouter un point important. Sur Instagram, par exemple, on voit beaucoup de comptes qui partagent des rappels et des prêches. Certains prétendent venir de l’université de Médine, mais en réalité, beaucoup ne sont que des frères sans formation réelle, qui veulent simplement transmettre un message. Ils postent des audios, des vidéos ou citent des livres de savants, mais il faut être vigilant, car il y a beaucoup d’imposteurs sur ces plateformes, notamment sur Instagram et Telegram. L’interlocutrice : Oui, on parle bien ici de contenus religieux, pas de chaînes comme Al Arabiya. Ce sont vraiment des sujets religieux. Oustadha : Exactement. Ma sœur a posé une bonne question. Concernant ces prêcheurs qui donnent des dourous ou des rappels sans diplôme officiel, il faut vraiment faire attention. Certains prétendent avoir une « teskia » (autorisation ou licence d’enseignement), mais beaucoup mentent à ce sujet, souvent pour attirer l’attention ou gagner de l’argent. Sur les réseaux sociaux, la confiance est faible, on ne connaît pas ces personnes, ni la véracité de leurs diplômes. Il faut toujours vérifier si cette « teskia » est authentique, notamment en demandant aux savants compétents. Même quelqu’un diplômé doit être contrôlé pour s’assurer de sa fiabilité. Quand on ne connaît pas le nom d’un prêcheur, il est indispensable de demander conseil à des savants dignes de confiance. Ceux qui ont une formation reconnue ne posent généralement pas ce problème. Mais ici, on parle précisément de personnes sans aucune qualification reconnue. C’est vraiment interdit. Même s’ils partagent des rappels ou des petits dourous, des audios comme ça, ce n’est pas permis. Nos savants ont établi des conditions précises pour rapporter un hadith ou transmettre une science : le transmetteur doit bien comprendre ce qu’il enseigne. Il y a des règles strictes à respecter, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est pourquoi les savants n’autorisent pas n’importe qui à faire des rappels ou des dourous, sauf si un savant qualifié leur donne une permission explicite. Sinon, ce n’est pas légitime. Je conseille donc à ma sœur de ne pas écouter ces prêcheurs inconnus. Même pour ceux qui disent être diplômés, il faut vérifier auprès des grands savants si leur formation est réelle. Aujourd’hui, il y a beaucoup de mensonges. Ce n’est pas pour tous, mais souvent, c’est juste une façon de faire de la publicité, d’attirer du monde ou de gagner de l’argent. La science n’est pas facile, c’est notre religion. Il vaut mieux éviter ces prêcheurs non qualifiés. Il existe des savants sérieux sur Internet, et il faut privilégier leurs enseignements. L’interlocutrice : Par exemple, moi, j’ai un compte avec un institut. Si je veux poster un rappel ou une fatwa… Oustadha : Je ne critique pas cela. Tant que tu ne fais pas de commentaires personnels. L’interlocutrice : Non, je ne fais pas de commentaires personnels. Je veux dire que je vais simplement lire un verset du Coran… Ou alors un rappel de Cheikh Ibn Taymiya ou de Cheikh Otheimine. Un simple rappel, sans commentaire de ma part. Oustadha : D’accord, ça, c’est permis et ce n’est pas un problème. Mais pour ce qui est de ces prêcheurs qui ne sont pas qualifiés, je déconseille fortement à mes sœurs de les écouter. Interlocutrice : Mais est-ce qu’on peut transférer tout ce qu’ils rappellent, alors ? Oustadha : Oui, ce n’est pas un souci, à condition de toujours donner la source. Il faut citer clairement la référence. Car parfois, lors de certains rassemblements, on entend des paroles attribuées à des savants comme Ibn al-Qayyim, par exemple. Oui, il a dit certaines choses, mais si tu retournes à la source, il arrive que ces paroles ne s’y trouvent pas. Il y a aussi beaucoup de propos attribués aux compagnons, comme Omar, qu’il faut toujours vérifier. Est-ce que c’est authentique ou non ? Normalement, il faut toujours citer la source précise : le livre, parfois la page, ou même la partie précise. Car il y a beaucoup de rumeurs. Par exemple, sur WhatsApp, j’ai vu circuler des propos soi-disant d’Ibn al-Qayyim, mais qui ne lui appartiennent pas. Même le style de langue arabe est différent. Ce sont des paroles inventées, c’est un mensonge. Il faut toujours vérifier que la source soit un ouvrage reconnu d’un savant ou un hadith authentique. Sinon, il faut se demander : pourquoi ce texte n’est pas écrit dans les sources fiables ? Interlocutrice : Pour résumer, concernant les étudiants en sciences religieuses diplômés, il faut quand même vérifier la provenance et la validité de leur diplôme. Et si on est certain qu’ils sont encadrés ou conseillés par des savants dignes de confiance, alors, al hamdoulilah, on peut écouter leurs enseignements. Il faut absolument qu’ils soient diplômés. Ceux qui ne le sont pas, on ne doit pas les écouter, même s’ils semblent propager de belles paroles, etc. En ce qui concerne les rappels, on peut les transférer

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