Le port du niqab en France 

Question : Est-il permis de porter le niqab en France, sachant qu’on peut subir des injustices de la part de la police, recevoir des amendes, ou même nous emmener au commissariat de police ? Réponse  Oustadha : Le niqab, pour commencer, ce n’est pas une obligation. Ce n’est pas obligatoire, le niqab. C’est quelque chose de recommandé, mais pas une obligation. L’interlocutrice : Donc, c’est une recommandation. Oustadha : Exactement. Si tu le portes, tu es récompensée, mais si tu ne le portes pas, ce n’est pas un péché. Cependant, comme tu l’as dit, il y a beaucoup de difficultés liées au niqab en France. Je te conseille de l’enlever, franchement, car cela peut provoquer des problèmes avec la police, il y a des menaces, beaucoup de choses négatives. Le niqab n’est pas une obligation, ce n’est pas une prière. Il ne faut surtout pas délaisser la prière. Même si tu es menacée, la prière reste obligatoire. Mais le niqab, comme ce n’est pas obligatoire, tu peux l’enlever maintenant à cause des difficultés que cela engendre. L’interlocutrice : Une sœur a même ajouté ce que j’allais te demander : et si une sœur a pris l’avis que c’est obligatoire ? Oustadha : C’est très peu nombreuses, ces sœurs-là. L’interlocutrice : Oui, elles sont peu nombreuses à penser que c’est obligatoire. Oustadha : Alors dans ce cas, elle reste chez elle, elle fait son adoration à la maison. L’interlocutrice : Quelle est la preuve que le niqab n’est pas obligatoire ? Oustadha : Je l’ai déjà mentionné, c’est le hadith d’Abbas. Il était avec le Prophète ﷺ quand une belle femme est passée. Abbas s’est retourné pour la regarder. Le Prophète ﷺ s’est retourné une fois quand une femme est passée devant lui. Sa tête a dit à Abbas : « La première fois, ce n’est pas grave, il n’y a pas de péché. » Pour la deuxième fois, cela signifie que la femme n’était pas voilée par le niqab. Il y a plusieurs hadiths qui montrent cela. Un autre hadith dit que le Prophète ﷺ, ou à l’époque d’Abou Khattab, une femme voulait lui parler. Il y avait quelque chose sur ses joues, il a dit : « Ce n’est pas du rouge, ce n’est pas du rouge, » parlant du visage de la femme. Cela montre que la femme ne portait pas de niqab complet. Il y a beaucoup de hadiths à ce sujet, notamment celui sur le juhanna. L’interlocutrice : Oui, le juhanna. Oustadha : Exact. Même couvrir les mains n’est pas obligatoire. Il y avait une compagne qui se convertit, et ils étaient séparés par un rideau. On lui montra la main et on demanda si c’était la main d’un homme ou d’une femme. On répondit que c’était la main d’une femme. Elle dit alors qu’il faut la changer pour la différencier de celle d’un homme. Ces récits montrent que la femme n’est pas obligée de porter le niqab. Certaines personnes, surtout en Arabie Saoudite, pensent que c’est obligatoire, mais ce ne sont pas des hadiths authentiques. Il y a des hadiths faibles, et d’autres opinions basées sur le raisonnement (qiyas). La beauté de la femme est dans son visage, mais cela ne vient pas d’un hadith clair. C’est un raisonnement, pas une preuve. Donc, si tu veux approfondir, tu peux lire le livre du Shaykh Al-Albani, il y expose plusieurs preuves et arguments. Je te conseille de faire tes propres recherches. L’interlocutrice : Ce n’était pas vraiment la question. Je sais qu’il y a des divergences. Comme on l’a dit au début, nous ne sommes pas ici pour débattre et dire qui a tort ou raison. Oustadha vous a simplement donné l’avis dont elle est convaincue. Après, chacun doit chercher les preuves par lui-même. Inch’Allah, faites vos propres recherches.

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Le maintien des liens de parenté avec une grande famille

Question : Nous sommes extrêmement nombreux dans ma famille. Je ne sais pas exactement combien. Et je dis cela approximativement. Je dois avoir environ 70-80 oncles et tantes et une centaine de cousins-cousines. De plus, la plupart n’habitent pas dans le pays dans lequel j’habite, suis-je quand même fautive si je ne prends pas contact avec eux, notamment les hommes qui ne sont pas mes maharim cousins, par exemple ? Réponse Oustadha : J’ai essayé de comprendre comment elle pouvait avoir 70 ou 80 oncles. Ensuite, je me suis dit : peut-être que c’est à cause de la polygamie… L’interlocutrice : Oui, peut-être à cause de la polygamie. Oustadha : Oui, avec la polygamie, c’est possible. Et peut-être aussi qu’elle appelle « oncles et tantes » des personnes qui sont en réalité liées par alliance, comme ceux mariés dans la famille. En tout cas, qu’Allah nous guide. Qu’Allah nous guide. Il faut toujours garder les liens, même si on a beaucoup de tantes, de cousins. Ce sont de grandes familles, mais il faut préserver les liens, rester en contact. C’est ça, le sens des liens familiaux. Quand on parle de lien familial, on parle de ceux qu’on est obligé de garder : Les parents, Les frères et sœurs, Les oncles et tantes (du côté paternel et maternel), Les grands-parents, Les neveux et nièces. Ceux-là, ce sont des liens du sang. Ce ne sont pas les liens par alliance, comme les conjoints de tes tantes ou les cousins par alliance. Ce n’est pas le même statut. Si tu ne peux pas rendre visite à tout le monde, au moins un appel téléphonique. Ce n’est pas une obligation que ce soit régulier, tous les mois. Mais au moins à l’occasion, comme l’Aïd ou un mariage. Ce genre d’occasions, c’est un moyen de garder le lien, et c’est suffisant. L’interlocutrice : Oui, justement. Pour les cousins, on disait que le cercle familial avec lequel il est obligatoire de maintenir les liens, c’est le lien de sang direct. Oustadha : Exactement. On l’a dit : Parents, Frères et sœurs, Oncles et tantes maternels et paternels, Grands-parents, Neveux et nièces. Ce sont ces liens de sang qu’on est obligé de préserver. Sinon, si tu coupes ces liens volontairement, sans excuse, tu portes un péché. L’interlocutrice : Oui, c’est si tu les coupes sans raison valable. Oustadha : Exactement. Sans cause valable. L’interlocutrice : Pour moi, les liens, c’est surtout avec mes coreligionnaires Moi, par exemple, j’ai une tante avec qui on n’a jamais vraiment pris l’habitude de s’appeler. On n’est pas proches, tu vois. Elle fait sa vie là-bas, moi de l’autre côté. Par l’intermédiaire de mon père, on a des nouvelles. « Ah, comment va ta fille ? Comment va tata ? » Tu vois ? Mais si je l’appelle demain, elle va se demander ce que je veux. Pourtant, ce n’est pas une rupture totale non plus. Oustadha : Il faut toujours garder les liens. Même si tu appelles et qu’elle ne te répond pas ou ne t’appelle pas en retour, toi tu as fait ton devoir. Et tu seras récompensée, In shaa Allah. L’interlocutrice : Elle disait aussi : si ma mère me donne son numéro, est-ce que ça ne serait pas trahir un secret ? Je ne sais pas. Oustadha : Si ta mère donne ton numéro, est-ce que c’est trahir un dépôt ? De qui parles-tu ? Là, on parle simplement de garder les liens familiaux, ce n’est pas une trahison. L’interlocutrice : Une sœur demandait si, même sans une grande famille, téléphoner à l’occasion, c’est bien ? Oustadha : Oui, bien sûr. C’est garder le lien. Même si on n’a jamais eu beaucoup de lien auparavant, c’est bénéfique. L’interlocutrice : Oui, c’est exactement ce qu’elle disait. Moi, c’est pareil avec mes tantes. En fait, je ne trouve pas d’excuses pour ne pas appeler, mais je ne saurais même pas quoi leur dire si je les appelais, tu vois. Oustadha : C’est justement ça qui compte. Le geste d’appeler, même sans savoir quoi dire, c’est déjà très bien. Franchement, si tu fais ce geste toi-même, ça change la relation. Maintenant que tu es adulte, que tu as de la maturité, quand tu prends le téléphone pour parler à ta tante alors que vous n’avez pas eu de lien pendant des années, c’est très bénéfique. L’interlocutrice : Oui, c’est vrai. On devrait vraiment faire cet effort. Oustadha : Oui, il faut faire cet effort. L’interlocutrice : Oui, c’est vrai. Pour ne pas tomber dans le péché de couper les liens. Ce n’est pas que l’intention soit de couper les liens, mais c’est juste qu’il n’y a jamais eu vraiment de relation. Oustadha : Je donne un exemple. Dans ma famille, j’avais quelqu’un qui s’est converti très jeune, quasiment bébé, et qui est devenu comme un frère pour moi. Tu vois, dans la Kabbalah, ce n’est pas facile d’être accepté ainsi, comme en France par exemple. Quand quelqu’un devient frère musulman, il n’est pas toujours bien accueilli. Certains ne font pas la prière, ils ont peur du djinn, c’est une situation compliquée. Ce frère, avant sa conversion, avait une relation très difficile avec ses oncles. Mais dès qu’il est devenu musulman, il a commencé à leur rendre visite, à aller chez eux. Et cela a rendu ses oncles très heureux. L’interlocutrice : Oui, c’est vrai, c’est vrai. Il a changé parce qu’il est devenu converti. Oustadha : Oui, c’est naturel. Moi, je fais ça pour avoir une bonne récompense. Lors des occasions, il suffit parfois d’un simple coup de téléphone. L’interlocutrice : En fait, on devrait avoir la bonne intention et se dire : « Allez, je prends mon courage à deux mains, j’appelle tata. » On lui dit des choses simples, comme « Allô tata, ça va ? », « Il fait beau chez toi ? », « Comment va la santé ? ». Ce que tu veux dire, c’est que, finalement, nous qui sommes dans l’islam, ça peut leur

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Le maintien des liens de parenté 

Question : Mes parents sont d’origine kabyle, en Algérie. Mon père déteste les musulmans, les Arabes et surtout les femmes voilées. Il insulte l’islam et ma famille (oncles, tantes, cousins) célèbre les fêtes des non-musulmans, boit de l’alcool, etc. Ma mère et mes sœurs jeûnent mais ne prient pas, et mon frère se dit athée. Je priais en cachette, mais mon père m’a menacée de violence en le découvrant. Je ne pouvais ni porter le voile à l’école ni pratiquer librement. J’ai donc fini par me marier en cachette avec un imam salafi comme tuteur, car aucun membre de ma famille n’était apte à jouer ce rôle. Quand j’ai annoncé mon mariage, ils ont mal réagi, pensant que j’étais partie avec un homme de façon honteuse. Tous ont coupé les liens avec moi, sauf ma mère avec qui je parle encore au téléphone, alhamdoulillah. Cela fait presque deux ans, j’ai une fille, mais ils ne cherchent même pas à la connaître. Ma question : que puis-je faire pour garder les liens de parenté, alors que la majorité de ma famille m’a bloquée et me considère comme morte ? Réponse  Oustadha : Qu’Allah te facilite ma sœur. Qu’Il guide ta famille et tout le monde. Il faut préserver les liens familiaux. Même si ton père n’aime pas la religion, même s’il l’insulte — et insulter la religion, c’est franchement du koufr — ce n’est pas à dire qu’il l’a quitté, mais c’est du koufr. Malgré cela, tu dois essayer de garder un lien, surtout avec les parents. Il ne faut pas couper les liens. Si tu crains que, lorsque tu iras le voir, il te menace ou te fasse quelque chose, alors au moins, prends ton téléphone et appelle-le. L’interlocutrice : Il l’a bloquée. Oustadha : Eh bien, s’il l’a bloquée… Elle a dit : « Je l’appelle mais il ne me répond pas. » Dans ce cas, c’est bon. Tu as fait ta part. Si tu as peur d’aller lui rendre visite à cause de menaces, ou si tu crains qu’il te fasse du mal, alors tu n’as pas de péché, ma sœur. Parce que tu as fait toutes les causes nécessaires. Et même vis-à-vis de l’autre partie de la famille — oncles, tantes — ce sont des liens qu’on doit préserver. C’est une obligation. Si tu fais tout ce que tu peux, tu n’as pas de péché. Au contraire, tu seras récompensée. Il faut patienter. Dans tous les cas, qu’Allah guide ta famille et la protège. Ce que tu as fait n’est pas mal, c’est bien. Quant à l’autre femme, in shaa Allah, qu’Allah la guide aussi. Mais fais des dou’âs pour qu’Allah guide tes parents et ton frère surtout. L’interlocutrice : Elle a dit : je dois essayer de les appeler. Oustadha : Oui, elle doit essayer de les appeler. En fait, elle doit faire toutes les causes possibles. L’interlocutrice : Toutes les causes, oui… Jusqu’à ce qu’un jour ils répondent. L’interlocutrice : Je voulais revenir sur la question des liens de parenté. Est-ce qu’il y a… comment dire… une règle ? Par exemple, prenons le cas de moi et ma tante. Dans l’obligation de maintenir les liens de parenté, est-ce que c’est à la personne la plus jeune de faire les démarches, ou bien est-ce que la personne plus âgée est aussi concernée ? Je ne sais pas si tu me comprends. Ma tante, par exemple, a peut-être 60 ans. Est-ce que c’est à moi de l’appeler pour maintenir le lien, ou bien est-ce qu’elle aussi a ce devoir envers moi, même si je suis sa petite nièce ? Oustadha : Les deux sont concernés. Mais, par politesse, par gentillesse, par bon comportement, c’est mieux que la nièce appelle sa tante. Parce que nous, en tant que musulmans, on doit garder les liens, et on doit respecter les aînés. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit qu’on respecte les plus âgés. Donc oui, c’est préférable que la plus jeune prenne l’initiative, c’est un bon comportement. L’interlocutrice : Par exemple, mon oncle qui a plus de 70 ans… ce n’est pas lui qui va… Oustadha : Voilà, même les grands-parents, pareil. Ce n’est pas par impolitesse, mais justement, c’est un bon comportement que ce soit la plus jeune personne qui appelle. Et en plus, tu y gagnes une récompense. Prendre ton téléphone deux minutes, même pas trois, tu es récompensée auprès d’Allah. L’interlocutrice : Donc, on peut dire que par respect pour l’aîné, c’est préférable que ce soit le plus jeune qui prenne des nouvelles. Mais l’aîné a quand même un devoir envers le lien familial, non ? Oustadha : Oui, bien sûr. Lui aussi a un devoir par rapport à ce lien, par rapport à l’attente.

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Le liquide après le ghusl

Question : Alors, salam alaykoum,Moi c’est Anima. J’aimerais poser une question : après le ghusl du janaba, si un liquide sort encore, est-ce que je dois refaire le ghusl ou seulement refaire les ablutions (wudu) ? Je ne sais pas si cela concerne le liquide qui peut sortir après les rapports sexuels avec le mari. Réponse Oustadha : Oui. Si tu as fait le ghusl, et qu’après le ghusl, il y a un liquide qui continue de couler, tu ne refais pas le ghusl. Comme l’a dit un savant : « Si tu as fait le ghusl et que le liquide est en train de couler, qu’il reste et qu’il continue de couler, cela signifie que tu ne refais pas le ghusl. » C’est juste cela. Interlocutrice : D’accord. C’était la dernière question, j’espère que tout a été clair. J’ai une sœur qui m’avait demandé de me contacter en privé, donc n’hésitez pas à passer par l’adresse e-mail si vous avez des questions, parce que je ne les ferai pas passer, malheureusement. On organise justement ce genre de séance pour éviter que des questions religieuses soient posées en dehors du cadre prévu. Mais si vous avez des interrogations par rapport à ce que vous avez entendu, ou des conseils — peut-être que j’ai dit une bêtise, ça peut arriver — n’hésitez pas à envoyer un petit mail. Et nous aussi, on vous aime en Allah. Oustadha : Qu’Allah vous préserve, qu’Il préserve toute la famille, les enfants et les autres. Qu’Allah les guide, et qu’Il nous guide tous.

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Le Jihad armé et le terrorisme

Question : Pardonnez si ma question dérange, je voudrais aider les gens à penser autrement. Depuis quand le djihad armé n’est plus d’actualité ? Quelles pistes étudiées pour éviter que ces divergences ne viennent égailler nos frères ? Je voudrais grandement avoir une liste de livres à lire. Qu’Allah vous récompense grandement car je ne sais pas où trouver cette réponse et ce n’est pas dans nos assises que l’on entend parler alors que c’est un véritable fléau qui emporte la nouvelle génération. Réponse Oustadha : En fait, elle veut savoir comment expliquer aux gens certains versets du Coran, notamment ceux qui parlent du djihad armé, c’est-à-dire le combat, la guerre. Elle demande comment expliquer que ce n’est plus d’actualité aujourd’hui, du moins dans la majorité du monde musulman. Est-ce qu’on va leur dire que ces versets ont été révélés à un moment X pour une situation X ? Tu vois ? Parce que maintenant, certaines personnes, comme les khawarij – ceux qui n’ont rien compris – prennent le Coran, extraient un verset hors contexte, et pensent que si tu croises un mécréant, tu dois le tuer. Alors qu’en réalité, ce n’est pas du tout ça. Je crois que sa question c’était : « Depuis quand le djihad armé n’est plus d’actualité ? » Mais… L’interlocutrice : Mais je ne sais pas s’il n’est plus d’actualité… Par exemple, dans des pays comme la Syrie, l’Iran, il y a encore du djihad, non ? C’est dans ces pays-là ? Oustadha : Le djihad, il faut… Il faut revenir à la base. C’est quoi le djihad armé authentique ? Celui qui est conforme à la législation islamique ? Comme l’ont expliqué les savants : Le djihad armé ne peut être décrété que par une autorité légitime, c’est-à-dire le président, le calife, le gouverneur musulman. C’est lui qui ordonne, ce n’est pas nous, simples individus, qui décidons. L’interlocutrice : C’est lui qui ordonne, oui. Il y a un ennemi, et donc c’est lui qui… Oustadha : Voilà. Et on appelle cela « lever le drapeau« . Le drapeau, c’est l’autorisation donnée par le gouverneur musulman pour combattre. Donc si quelqu’un combat sans cette autorisation, ce n’est pas du vrai djihad, mais une transgression. Le vrai djihad armé se fait sous l’autorité d’un dirigeant musulman légitime, et contre un ennemi déclaré, dans un cadre bien défini par la législation islamique. L’interlocutrice : Un ennemi ? Quel ennemi ? Voilà. Oustadha : Ce n’est pas quelqu’un… Il est mécréant, il vit en Algérie, mais il est en sécurité, il se promène tranquillement, il est même très à l’aise. L’interlocutrice : Oui, oui, oui. Dans les ambassades, il est même suivi parfois… Et ça, ce n’est pas permis. Oustadha : Oui, bien sûr, il est en sécurité. Il est venu en Algérie et il vit en sécurité. C’est ce que je dis : quand un ennemi veut t’attaquer, d’accord ? Par exemple, si le président d’un pays dit : “Demain, on attaque tel pays…” L’interlocutrice : Donc là, quand tu me parles de gouverneur, tu veux dire que c’est de pays à pays ? Oustadha : Oui, entre pays musulmans. D’accord ? Mais maintenant, ce qu’on voit, que ce soit avec les Talibans ou d’autres groupes, ce n’est pas du jihad. C’est plutôt du khouroudj (la rébellion). Ce n’est pas un jihad légitime. L’interlocutrice : Tu veux dire ceux qui agissent comme en Syrie ? Oustadha : Même en Syrie. Tu vois, pour qu’on parle de jihad, il faut qu’il y ait des conditions réunies, fixées par les grands savants. Je vais te donner un exemple. Aujourd’hui, prenons la Syrie. Il y a un président. D’accord ? Et même si tu dis que ce président est un kâfir (mécréant), d’accord ? Tous les savants s’accordent à dire cela, mais malgré tout… L’interlocutrice : Par exemple, oui… Ce sont juste des exemples. Oustadha : Voilà, imaginons que ce pays est mécréant. D’accord ? Tous les grands savants disent… L’interlocutrice : Donc là, on parle d’un pays où, de manière unanime, on sait que le gouverneur est mécréant, c’est bien ça ? Oustadha : Oui, mécréant. Ce ne sont pas des paroles en l’air, ce sont les savants qui ont dit cela. Mais attention, les savants ont posé des conditions : par exemple, si l’armée musulmane n’est pas bien équipée, même avec des armes légères, on ne peut pas sortir combattre. L’interlocutrice : Tu veux dire qu’on ne peut pas combattre ce pays ? Oustadha : Non, tu ne peux pas le combattre si tu n’es pas équipé. Tu ne peux rien faire. Même les mécréants, quand ils attaquent, regarde les dégâts qu’ils causent ! Ils ont une armée puissante. Donc même si on doit les combattre, si on n’est pas préparé, ce n’est pas permis de sortir, ce serait du gaspillage, de la perte. L’interlocutrice : Imaginons que l’Algérie n’est pas équipée et qu’un pays mécréant l’attaque. Est-ce qu’on doit répondre ? Est-ce qu’on doit attaquer en retour ? Oustadha : Là, je ne parle pas de l’armée, je parle en général. L’interlocutrice : Qui est-ce qui n’a pas assez d’armes dans ton exemple ? Le pays musulman ou le pays mécréant ? Oustadha : C’est le pays musulman. L’interlocutrice : Et si le pays musulman n’a pas assez d’armes, qu’est-ce qu’il doit faire ? Oustadha : S’il est attaqué, alors là il doit se défendre, même avec ce qu’il a. Il doit repousser l’ennemi avec les moyens dont il dispose. L’interlocutrice : D’accord. Oustadha : S’il est attaqué, il se défend dans tous les cas. Il faut le faire dans son propre territoire. Ce n’est pas lui qui attaque, c’est lui qui est attaqué. Donc, il riposte. Quand les ennemis m’attaquent — que je sois seule ou que je sois avec d’autres croyants — je dois me défendre, bien sûr. Par exemple, si je peux acheter une arme pour me défendre, je le fais. Sinon, peut-être qu’Allah va m’envoyer une aide. Mais quoi qu’il en soit, je

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Le Dhikr et la récitation du Coran sans bouger les lèvres

Question : Comment allez-vous ? Je voulais vous demander si on fait du zikr dans notre fort intérieur ou qu’on lit le Coran ou des invocations sans parler ni bouger les lèvres. C’est dans notre fort intérieur, mais on entend ce qu’on dit à l’intérieur de nous. Est-ce permis ? On est récompensé pour ou pas du tout ? Sinon, pourquoi et quels sont les dalils ? Réponse  Oustadha : Cette question demande qu’on bouge toujours les lèvres quand on parle, car en arabe, le terme « kalam » (parole) signifie qu’il faut bouger les lèvres. Si on ne parle pas à voix haute, ce n’est pas considéré comme une parole, mais plutôt comme un « Hadith al-Nafs », c’est-à-dire une parole intérieure. Le fort intérieur, ou « Hadith al-Nafs », ce n’est pas du vrai discours parce que tu ne bouges pas les lèvres. Même en écoutant, c’est aussi du « Hadith al-Nafs », ce n’est pas du « kalam » au sens strict. En arabe, le « kalam » implique nécessairement le mouvement des lèvres. L’interlocutrice : Même dans ce fort intérieur, il peut y avoir des wasawis (mauvaises suggestions). Moi, je sais que j’entends ces waswas, parfois elles sont si fortes que je pourrais même les exprimer à voix haute. Oustadha : Oui, mais ce qui se passe dans le fort intérieur n’est pas considéré comme une parole. Dans un verset où Allah, l’Exalté, parle, il est expliqué que les compagnons avaient des pensées dans leur fort intérieur qui pouvaient être soit un péché, soit une récompense. Avant l’islam, il n’était pas permis de prononcer certaines pensées à haute voix. Même si ces pensées étaient mauvaises, elles restaient dans le fort intérieur sans être exprimées. L’interlocutrice : Avant quoi exactement ? Oustadha : Avant l’islam. Au début de l’islam, les compagnons ressentaient cette difficulté. Parfois, ils avaient des pensées dans leur fort intérieur, bonnes ou mauvaises, qu’ils ne pouvaient pas exprimer. Ce verset leur a été révélé pour les éclairer. L’interlocutrice : Donc, nos pensées étaient jugées, même si elles ne sont pas exprimées oralement ? Oustadha : Oui, les compagnons ont dit que c’était très difficile. Ils disaient qu’ils ne pouvaient pas supporter cela. Allah leur a dit de ne pas s’inquiéter, d’écouter et d’oublier certaines pensées. Subhanallah, quand le Prophète leur a dit cela, ils n’ont rien répliqué, car c’était vraiment difficile. On pense à beaucoup de choses, y compris de mauvaises. Alors, Allah les a consolés en disant que ce qui se passe dans le fort intérieur, toutes ces pensées, n’engage pas une récompense ni un péché tant qu’elles ne sont pas exprimées par la parole.   Et les compagnons étaient très heureux. Parce que, franchement, tu vois, l’obéissance au Prophète ﷺ n’est pas quelque chose de contre nature, mais c’était très difficile. Cependant, par obéissance au Prophète ﷺ et par obéissance à Allah عز وجل, Allah عز وجل a dit qu’Il allait légiférer… je ne sais pas comment on peut dire… L’interlocutrice : Réduire ? Oustadha : Oui, réduire. Alléger. L’interlocutrice : Alléger, pardon. Oustadha : Voilà, alléger. C’est-à-dire que ce ne sont pas juste des paroles sans valeur, ce n’est pas qu’on ne veut pas de récompense ou qu’on veut éviter un péché. Mais en arabe, pour qu’une chose soit considérée comme une “parole”, il faut bouger les lèvres. C’est pour ça que même dans la prière faite à voix basse, il faut au moins bouger les lèvres. Sinon, la prière n’est pas valide, il faut la refaire. Il faut au minimum bouger les lèvres. Et tu peux, dans ta récitation intérieure (comme dans les prières silencieuses, par exemple le ẓuhr ou le ‘aṣr), légèrement hausser le ton si tu veux, mais le minimum, c’est de bouger les lèvres, car parler implique un mouvement visible des lèvres.

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La relation avec la belle-famille et les demi-frères/sœurs

Question : Salam alaykoum, Ma demi-sœur, du côté de mon père et de sa mère, me voue une haine et une jalousie. Comment agir avec elle durant la période de l’enfance ? La cohabitation est difficile, avec des bagarres entre les époux, de la sorcellerie, de la violence et autres. Je sais qu’il faut préserver les liens de parenté, mais j’ai du mal à rester en leur présence. Ma mère me dit que je dois aller leur rendre visite, à sa co-épouse et à ma demi-sœur, même si elle n’apprécie pas ma venue. Comment faire ? Le père s’est remarié avec une deuxième femme et ils ont eu un enfant. Apparemment, ça se passe très mal. Elle ne vit pas avec eux. Réponse Oustadha : Non, elle ne vit pas avec eux. La première femme, elle est toute seule dans la maison, je crois. Interlocutrice : Oui, c’est ce que j’ai compris. Oustadha : Mais comment ça se passe mal ? Interlocutrice : Elle n’est pas chez eux. Elle dit que quand elle va là-bas, ça ne se passe pas bien, il y a des disputes. Je ne sais plus exactement ce qu’elle a écrit, mais quand elle rend visite à son père, il y a des tensions. Du coup, elle ne veut plus y aller. Sa propre mère lui dit pourtant d’y aller, que c’est important, mais elle trouve ça difficile. Oustadha : D’après ce que j’ai compris, est-ce que la mère est divorcée ? Interlocutrice : Je ne sais pas. Oustadha : Est-ce qu’elle est co-épouse ? Parce que si oui, la mère n’est probablement pas divorcée. Interlocutrice : Oui, c’est ça. Oustadha : Est-ce que le père habite loin ? Elle dit que sa mère lui conseille d’aller rendre visite à sa co-épouse et sa demi-sœur. Cela signifie qu’elle est encore mariée au père. S’il y a des conflits quand elle rend visite à la co-épouse et à la demi-sœur, je pense qu’il vaut mieux garder le contact par téléphone. Le père est dans une autre maison, donc elle n’est pas obligée d’y aller. Elle peut appeler sa demi-sœur pour maintenir les liens. Si les visites causent des disputes ou des tensions, il vaut mieux éviter d’y aller en personne et privilégier les appels téléphoniques. Interlocutrice : La demi-sœur, elle a le même statut en Islam que la sœur ? Oustadha : Oui, c’est pareil, elle reste notre sœur selon la charia. Interlocutrice : D’accord. Du coup, elle n’est pas obligée de… Oustadha : Non, elle n’est pas obligée. La jalousie n’a rien à voir. Ce n’est pas à cause de la sœur, mais parce que la personne est mauvaise. Si elle a de la bonne foi, elle peut passer outre sa demi-sœur. On peut dire : « Écoute ta mère, va la visiter. » Mais s’il y a une crainte qu’elle tombe dans des péchés, ou qu’elle insulte ou fasse du mal à sa demi-sœur, alors il vaut mieux éviter. Interlocutrice : Moi, je me demandais aussi quel âge a la demi-sœur, parce qu’elle parle de bagarres. Moi, je pensais que c’est peut-être des enfants de 10 ou 11 ans qui se battent. Oustadha : Oui, c’est vrai. Je dis que si tu as la bonne foi, la science, la foi et la patience, tu peux y aller sans hésiter. Mais si tu n’es pas prête, tu peux dire à ta mère que tu préfères garder les liens par téléphone. Interlocutrice : Oui, elle appelle sa sœur. En tout cas, on garde les liens. D’accord.

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La Hijra et rupture de liens avec l’ex-mari violent

Question : J’espère que vous allez bien. J’ai divorcé du père de ma fille à cause de violences graves, y compris des menaces de mort. Il a été condamné et fait l’objet d’une ordonnance d’éloignement. Pour me protéger, j’ai coupé tout contact et déménagé sans le prévenir. Il voit sa fille uniquement dans un centre surveillé. Je prévois de faire la hijra sans lui dire où je serai, par peur qu’il me retrouve ou tente d’enlever ma fille, comme il l’a menacé. Nous ne pouvons plus bénéficier des mêmes mesures qu’en France pour ses visites. Est-il permis de faire la hijra sans informer mon ex-mari et de rester sans contact avec lui pour assurer notre sécurité ? Réponse  Oustadha : Je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir complètement, mais il faut d’abord savoir quel est l’état de son ex-mari. Est-ce qu’il est musulman ? Interlocutrice : On va dire globalement. Oustadha : Si l’ex-mari est mécréant, elle doit demander le divorce, car il n’est pas permis de vivre avec un mécréant. Mais si c’est un musulman qui la menace ou lui fait du mal, comme tu l’as dit, c’est très grave, il faut aussi demander le divorce. Interlocutrice : Elle n’est plus avec lui, c’est son ex-mari. Elle veut savoir si elle peut faire la hijra sans l’en informer, en emmenant sa fille. Oustadha : Est-ce qu’elle est divorcée officiellement ? Interlocutrice : Oui, elle est divorcée. Oustadha : D’accord. Je crois que sa question concerne surtout la fille, pas elle-même. L’interlocutrice : Est-ce qu’elle a le droit de faire la hijra sans prévenir son ex-mari, et de couper définitivement les liens avec lui ? Oustadha : Oui, elle est obligée de faire la hijra. Ce n’est pas seulement un droit, c’est une nécessité, surtout si elle est menacée. C’est important pour protéger sa vie et sa situation. Cela s’applique aussi à la protection de la fille. Interlocutrice : Le problème principal, c’est que si elle fait la hijra (quand une fille part sans prévenir), elle ne dira pas où elle se trouve. Du coup, elle risque de couper les liens entre le père et la fille. C’est ça qui pose problème. Oustadha : Elle peut garder le contact avec sa fille par téléphone. Oui, elle peut emmener la fille avec elle, surtout si ce père n’est pas responsable pour son éducation. Comme on l’a vu avec la mère, elle n’est pas non plus responsable. Dans notre religion, il faut aussi considérer l’âge de la fille. Si elle a moins de six ans, elle doit rester avec sa mère, c’est normal. Mais si elle a plus de sept ans, elle peut choisir de vivre avec l’un des deux parents. Cependant, si la situation est vraiment grave, la mère doit absolument garder sa fille avec elle. C’est une obligation, pas seulement un droit. Elle peut le faire même sans en informer le père. Interlocutrice : Est-ce qu’elle doit quand même maintenir le lien entre le père et la fille par téléphone ? Oustadha : Oui, elle doit veiller à ce que ce lien soit conservé par téléphone. Interlocutrice : D’accord. Oustadha : Si elle voit que le comportement du père est mauvais, alors il vaut mieux qu’elle garde la fille avec elle. Elle peut toujours maintenir le contact par téléphone sans problème. Mais elle doit impérativement faire la hijra. Aujourd’hui, en France, c’est une obligation pour toutes. Qu’Allah te facilite, Amen. Qu’Allah protège ta petite fille, in shaa Allah, Amen.

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La distinction entre passion et l’adoration de ses passions 

Question :J’ai une question concernant nos faiblesses dans la religion. Parfois, nous continuons à faire de mauvaises choses malgré nos efforts. Comment peut-on savoir si l’on est devenu esclave de ses passions ? Auriez-vous des règles, des signes ou des caractéristiques permettant de reconnaître cette situation ? Par ailleurs, je me demande : si l’on n’arrive pas à se retenir de faire quelque chose que l’on aime, même si cette chose est permise, est-ce que cela peut être considéré comme du shirk ? L’addiction est-elle une forme de shirk ? Réponse  Oustadha : Je ne sais pas si elle est là. Parce que tu dis « adoratrice des passions » mais tu parles aussi de choses permises. Par exemple, qu’est-ce que tu entends exactement ? Ça peut être manger ? Est-ce que tu ne veux pas faire ça pour Allah ? Peux-tu reformuler ta question ? Il y a une contradiction, je vais essayer de relire. Interlocutrice : En fait, peux-tu donner des exemples de passions ? Ce que je comprends, c’est qu’il y a des choses dans la vie qui sont halal, mais qu’il ne faut pas en abuser. Par exemple, l’histoire du Prophète Soulayman qui a raté une prière parce qu’il s’occupait de ses chevaux. S’occuper de chevaux est halal, mais il ne faut pas en abuser. Je pense que la question porte sur : à quel moment une chose halal devient dangereuse ou nuisible pour un musulman au quotidien ? Oustadha : Il y a une règle que le Prophète ﷺ a donnée : les choses sont halal, mais si on en abuse, cela devient problématique. Par exemple, le football est permis, ce n’est pas un travail, tu peux jouer. Interlocutrice : Tu parles bien de jouer, pas de football professionnel. Oustadha : Exactement, jouer au ballon est permis. Mais si tu joues et que l’appel à la prière du Zohr retentit, il faut arrêter pour prier. Si tu manques la prière à cause du foot, c’est interdit, c’est un abus. Ce qui était halal devient alors illicite parce que tu as manqué une obligation. Interlocutrice : Donc, c’est quand cela t’éloigne de tes devoirs religieux que ça devient problématique. Oustadha : Cela t’éloigne d’Allah. La première chose, c’est que tu ne dois pas négliger tes obligations, comme la salat (prière). La salat est obligatoire. Si tu manques ta prière pour préparer un dîner ou faire plaisir à ton mari, même si c’est quelque chose de permis, ce n’est pas acceptable. C’est haram de laisser passer autre chose avant ta salat. Mais si tu manques la prière pour faire une pâtisserie ou préparer un repas spécial, même si ces choses sont licites, cela devient illicite parce que tu as négligé une obligation. Donc, que ce soit le foot ou toute autre activité, si cela t’éloigne de tes obligations religieuses, cela devient un problème. C’est comme l’histoire du prophète Soulayman (paix sur lui), qui s’occupait de ses chevaux et a raté une prière. Interlocutrice : Il a été distrait, en fait. Oustadha : Oui, il n’a pas raté toute la prière, mais pour la prière de Zohr, il s’est repenti et a abandonné cette passion. C’est un prophète, pourtant il a dû faire cela. Les choses illicites sont clairement interdites, surtout si elles te font manquer la prière, qui est une obligation. Si tu interromps ta prière pour quelque chose d’illicite, c’est un péché. Par exemple, avec l’argent, si tu as beaucoup et que tu dépenses sans limite, ce n’est pas bon. Il faut éviter les excès. Interlocutrice : Ça peut être aussi avec les enfants. Une sœur disait que les enfants peuvent être une fitna. Oustadha : Exactement. Dans le Coran, il est mentionné que ta femme et tes enfants peuvent être une fitna (tentation). Parfois, les enfants, par exemple lors des célébrations comme les Nabaouia (anniversaire du Prophète), peuvent causer des distractions dans la pratique de la religion. Interlocutrice : Oui, c’est l’anniversaire du Prophète. Oustadha : L’enfant va pleurer. Il va dire à son père : « Je veux acheter, je ne sais pas quoi. » Interlocutrice : Des cadeaux ? Plus tard. Ah, les artifices. Oustadha : Oui, les artifices. Ce n’est pas une obligation. C’est du gaspillage. L’enfant fait un caprice, il pleure, il insiste. Tu vas céder et acheter. C’est du haram. Mais aussi, il ne faut pas toujours abuser. Oui, tu peux acheter quelque chose aux enfants pour leur faire plaisir, mais il ne faut pas gaspiller l’argent. Peut-être que cet argent pourrait être donné aux pauvres ou investi dans des projets bénéfiques pour nous. La limite, c’est quand tu négliges l’adoration obligatoire, les obligations de la religion. C’est ça la règle.

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La coupe menstruelle pour les femmes vierges 

Question : Assalamu alaykum, quel est votre avis concernant l’utilisation de la cup menstruelle pour les femmes vierges ? Je ne sais pas exactement comment cela se dit, mais je parle bien de la cup utilisée pendant les menstruations. Une femme d’église m’en a parlé, barakallahu fikum. Je ne sais pas si c’est approprié ou non dans notre cas. Réponse  Oustadha : Les cups, c’est comme un petit pot en silicone. Est-ce que tu vois les petits pots qu’on utilise pour faire le hijama ? Tu sais, ceux qu’on passe un peu comme ça sur la peau. Eh bien, c’est pareil. La cup, tu la mets à l’intérieur du vagin, et le sang tombe dedans. L’interlocutrice : Moi, je ne connais pas cette méthode. C’est en France, oui ? Sûrement. En tout cas, moi, je ne sais pas, je n’ai jamais utilisé. Oustadha : S’il n’y a pas de mal pour le corps, notamment concernant la virginité de la femme, c’est permis. Mais s’il y a un mal — que ce soit pour la virginité ou pour autre chose dans le corps — ce n’est pas permis. Ce qui compte toujours, c’est la santé de la femme. C’est ça qu’on doit privilégier. L’interlocutrice : D’accord. Je sais que certaines sœurs disent qu’il y a des… comment ça s’appelle… des risques pour la santé. Oustadha : Oui, c’est ce que j’ai dit moi-même. S’il y a des risques pour la santé, c’est mieux de délaisser. L’interlocutrice : Mais elle, elle disait ça par rapport à la femme vierge. Mais je ne pense pas que… enfin moi, je n’ai jamais utilisé ça, donc je ne sais pas du tout. Oustadha : C’est vrai, ça touche à la virginité. Mais je ne sais pas si la cup est capable d’atteindre l’hymen, tu vois. L’interlocutrice : Peut-être. Je ne sais pas. En tout cas, si c’est le cas… Oustadha : Si c’est le cas… L’interlocutrice : Il ne faut pas l’utiliser. Oustadha : Il ne faut pas l’utiliser. L’interlocutrice : C’est interdit. Pour la femme vierge. Oustadha : Oui, on dit… Oui, parce que la femme… Ou la femme pas vierge, oui. On dit… on prend une règle : toute chose qui revient du mal, soit par rapport à notre santé, on ne doit pas le faire. C’est-à-dire, ce cup musculaire, s’il a beaucoup d’effets négatifs ou cause du mal à la santé, c’est interdit de l’utiliser. Comme on dit pour la pilule : si c’est quelque chose de nuisible à la santé, on ne doit pas l’utiliser, c’est interdit. L’interlocutrice : Mais ça veut dire que là, imaginons que c’est bon pour la santé, mais qu’elle est vierge et que ça peut la dévierger. Là, on ne le fait pas. D’accord. Ça veut dire que c’est seulement la femme non vierge qui peut l’utiliser. Il ne faut pas que ça touche à la virginité. D’accord, c’est clair. Oustadha : Les tampons, je ne pense pas que ça aille jusqu’à 10 cm. Les tampons, il n’y en a pas en Algérie. L’interlocutrice : C’est incroyable. Je ne connais pas. Les tampons… C’est quoi ? C’est un tube de coton qu’on insère, pareil, dans le vagin, et qui gonfle à l’intérieur avec les saignements. Voilà, ça absorbe. Mais il n’y en a pas en Algérie. Oustadha : Il ne fait pas de mal ? L’interlocutrice : Franchement, je ne sais pas. C’est un coton, mais en forme de tube, qu’on insère. Et après, avec l’humidité des menstrues, il va gonfler. Au bout de 2, 3, 4 heures, on l’enlève et on change de tampon. C’est comme si tu mettais du coton. Oui, il faut le mettre avec l’humidité. Non, il y a une ficelle. C’est un coton, tu tires sur la ficelle et quand tu as fini, tu le jettes. Il n’y a pas de danger sur la virginité. Oustadha : Moi, personnellement, je déconseille les tampons. L’interlocutrice : Parce qu’il y a eu des chocs toxiques, en fait. C’est ce qu’elle disait aussi, je crois, une sœur… Choc septique, voilà ce qu’elle disait. Je ne sais pas si c’est français ce que moi j’ai dit. Mais il y a des risques, en fait. Oustadha : Comme les serviettes hygiéniques, en fait. Il y a des risques. Oui, il y a un risque, même par rapport à la santé en général. Il y a des preuves que ces produits peuvent présenter des dangers. Interlocutrice : Mais pourtant, ce sont des produits qui sont toujours vendus sur le marché. Oustadha : C’est vrai, mais il faut savoir qu’il y a quand même des risques. C’est un peu comme la pilule contraceptive : elle est autorisée, mais il faut que ça ne cause pas de problème grave pour la santé. Parfois, une femme peut prendre la pilule pendant dix ans sans aucun souci, alors qu’une autre peut la prendre seulement six mois et avoir de graves complications, voire mourir. C’est quelque chose de variable selon les personnes.

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