Le tuteur de mariage et les critères de choix 

Question : Salam alaykoum. Lorsque le tutorat du père n’est plus valide dans le cadre du mariage, les personnes qui doivent prendre la relève doivent-elles se trouver dans le même pays que la fille et le prétendant afin de pouvoir mener l’enquête convenablement ? Et si le tuteur ne parle pas bien la langue des deux parties, doit-on malgré tout le prendre comme tuteur ? En résumé, ne faut-il pas plutôt choisir quelqu’un qui comprendra parfaitement la situation dans tous ses aspects ? Réponse Oustadha : La question porte sur un mariage. Apparemment, le père ne veut pas faire le mariage, donc le tuteur a été remplacé. Peut-être que le père n’est pas musulman, ou qu’il y a d’autres raisons, mauvaises ou inconnues. Elle demande si le nouveau tuteur… L’interlocutrice : Est-ce que le nouveau tuteur doit être dans le même pays que le futur couple ? Est-ce qu’il doit comprendre leur langue afin de s’assurer que tout se passe bien ? Aussi, pour pouvoir s’informer un peu sur l’homme, le prétendant, et remplir son rôle de tuteur. Parce que d’après ce que j’ai compris, le tuteur n’est pas dans le même pays, et ils ne parlent peut-être pas très bien la même langue, par exemple le français. Oustadha : Je vais revoir cette question et te donner une réponse précise, parce que le tuteur n’est pas dans le même pays. L’interlocutrice : Ou alors, pour reformuler la question : quand le père ne peut plus être tuteur, quel est le rôle du nouveau tuteur ? Est-ce que c’est simplement qu’il donne son accord et c’est fini, ou est-ce qu’il doit s’investir davantage ? Oustadha : Pour le tuteur, il faut d’abord comprendre pourquoi le père ne peut plus être tuteur. Est-ce parce qu’il est mécréant ? L’interlocutrice : Elle n’a pas précisé. En tout cas, c’est très important d’avoir l’avis du tuteur. Normalement, il doit être présent. Si tu veux, tu peux m’envoyer la question par e-mail. L’adresse e-mail est facilement accessible sur le groupe ou sur le site de l’Institut Oumayna. Envoie-moi la question détaillée et je la transmettrai à l’oustadha en privé pour qu’elle te donne une réponse privée. C’est exceptionnel, parce que normalement il faut bien comprendre la situation. La sœur concernée devrait être là pour expliquer. Sinon, c’est qadr Allah. Inch’Allah, elle pourra te répondre si elle reçoit ta question par mail.

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Le téléphone est-il le bien de la femme ? L’homme a-t-il autorité dessus ?

Question : J’aimerais savoir si le téléphone est considéré comme un bien appartenant à la femme et si l’homme a une autorité dessus, c’est-à-dire s’il peut le lui retirer comme bon lui semble. Est-ce que le mari peut prendre le téléphone de sa femme, comme on confisque un objet à un enfant ? Peut-il faire la même chose avec sa femme, c’est-à-dire le prendre sans lui demander la permission ? C’est justement ce que la sœur demande : est-ce que le téléphone appartient à la femme ? On peut même rajouter la question suivante : et si c’est lui qui l’a acheté, ou au contraire, si ce n’est pas lui ? Par exemple, moi, si j’ai un téléphone portable que j’ai acheté moi-même avec mon propre argent, ou bien, au contraire, si j’ai un téléphone que mon mari m’a offert, parce que c’est lui qui prend en charge mes besoins, est-ce que, dans un cas comme dans l’autre, ce bien lui appartient à lui, et donc, est-ce qu’il peut me l’enlever quand il veut ? Réponse Oustadha : Non, tant qu’il t’a donné cet objet comme un cadeau, il ne peut pas le reprendre. Ce n’est pas permis. Même dans le cas d’un cadeau, une fois qu’il est offert, il ne t’appartient plus. L’interlocutrice : Oui, ça devient la propriété de la personne à qui on l’a offert, même si c’est lui qui l’a acheté. Oustadha : Exactement. Dès lors que tu offres quelque chose à quelqu’un, cela devient sa propriété. Même si c’est toi qui l’as payé. Comme un cadeau que tu offres à ta fille ou à ta cousine : ce n’est pas permis de le reprendre. On n’a pas le droit de le reprendre devant les gens. C’est une question de respect. L’interlocutrice : Oui, je comprends. C’est comme un chien qui vomit, puis revient à son vomi. C’est une mauvaise image, mais c’est pour dire que reprendre un cadeau est très mal vu. Même si c’est toi qui l’as donné, ça ne t’appartient plus. Mais est-ce qu’il a quand même le droit de regarder dedans ? Oustadha : Il peut interdire l’usage. Par exemple, il peut punir en retirant l’objet, comme un téléphone. L’interlocutrice : Par exemple, si j’ai fait une bêtise, que je suis trop sur mon téléphone, et qu’il me dit : « Oum Yahya, ce soir je te prends le téléphone. In chaa Allah je te le rends dans deux jours. » Est-ce qu’il en a le droit ? Oustadha : Oui. Il peut le faire dans le cadre d’une punition justifiée. Si tu n’as pas rempli ses droits à cause de l’usage du téléphone, il peut décider de te le retirer temporairement. L’interlocutrice : Oui, donc si c’est à cause d’un manquement, il peut me punir de cette façon. Oustadha : Tout à fait. Il en a le droit, car tu n’as pas accompli tes devoirs envers lui. Interlocutrice : Voilà. Parce qu’on n’a pas fait à manger, on n’a pas fait le ménage… Oustadha : On n’a pas fait le ménage. Ça veut dire qu’on n’a pas été propre. C’est-à-dire que tu n’as pas bien pris soin de la maison. Tu n’as pas rangé, tu n’as pas fait ce qu’il fallait. Et donc, lui, il considère que, puisque les choses nécessaires n’ont pas été faites — comme bien s’habiller, bien manger, bien entretenir la maison — il a le droit de te punir. Il peut le faire si cela a un bénéfice. Mais sinon, ça ne sert à rien. C’est une punition inutile. Interlocutrice : Mais s’il est juste… pas gentil. Enfin… pas méchant non plus, mais tu sais, certains hommes parfois, ils sont… Oustadha : Voilà, ça devient un résultat, en fait. Parce que si, par exemple, il me punit deux jours, moi, je vais faire pire qu’avant. Donc ça n’a aucun effet positif. Il faut que la punition — ou la privation, je ne sais pas si c’est bien français — soit bénéfique, qu’elle ait un sens. Interlocutrice : Oui, bénéfique. Oustadha : Sinon, ça ne sert à rien. Il y en a, franchement… je ne vise personne, attention, mais il y a des maris qui sont juste méchants. La femme, elle a tout bien fait : la maison est propre, les enfants sont bien, tout est bien. Mais lui, il décide, ce soir-là, qu’elle ne doit pas parler avec ses copines. Juste comme ça. Et il lui enlève le téléphone. Parfois, ce sont des comportements de pervers narcissiques. Ils agissent comme ça pour dominer. Et ce n’est pas correct. C’est vrai que le mari a des droits sur son épouse. S’il a besoin d’elle, s’il veut lui parler de quelque chose d’important, elle doit poser son téléphone et être attentive, bien sûr. Mais si elle abuse du téléphone, si elle exagère, là aussi ce n’est pas permis. Ce n’est pas son droit d’abuser. Donc dans ce cas, on doit trouver le juste milieu. L’interlocutrice : Oui, juste au milieu. Que ce soit par la femme ou par l’homme. Moi, je comprends la première situation, c’est-à-dire : la femme est trop sur son téléphone, elle ne fait rien à la maison. Dans ce cas, c’est comme une nasiha, c’est comme un conseil. Oustadha : C’est un conseil en action. L’interlocutrice : Voilà, c’est peut-être une manière pour qu’elle prenne conscience, qu’elle se dise : « C’est vrai, je suis trop sur le téléphone. » C’est un message pour elle. Ce n’est pas qu’il fait ça pour être méchant. Mais il y en a d’autres, eux, ils veulent juste embêter la femme. Parce que, je ne sais pas… si la femme a bien cuisiné, a tout fait correctement, a accompli les droits de son mari, alors dans ce cas, il n’a pas le droit de lui retirer le téléphone. Oustadha : Oui, oui. Ce n’est pas juste. Ce n’est pas juste. L’interlocutrice : Mais à propos de ce que vous disiez… Il peut regarder dans le téléphone, mais, par exemple, moi

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Le suivi des prêcheurs sur les réseaux sociaux 

Question :  Assalamu alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh, aujourd’hui, il y a beaucoup de prêcheurs et d’enseignants qui font da‘wah sur les réseaux sociaux ou vendent des cours. Certains sont élèves d’un shaykh, possèdent une teskia ou une ijazah, d’autres ont des diplômes universitaires, et certains n’ont rien de tout cela. Par prudence, je préfère suivre les cours et les prêches de ceux qui ont une teskia, une ijazah ou qui sont élèves de tel ou tel shaykh de la sunna, et Dieu merci, ils sont nombreux. Il y a beaucoup de polémiques à ce sujet. Que suivent donc ceux qui n’ont rien de tout cela et qui font de la da‘wah sans base solide ? Il faut examiner à quoi ils appellent exactement. Il m’arrive rarement d’écouter les prêches de ceux qui n’ont ni ijazah, ni diplôme, même s’ils suivent le minhaj. Et, honnêtement, cela ne m’apaise pas beaucoup. Ma question est la suivante : est-ce que le fait d’être exigeante sur ce point est une forme d’extrémisme, surtout quand on est débutante dans l’apprentissage de la science religieuse ? Réponse  Oustadha : Je souhaite ajouter un point important. Sur Instagram, par exemple, on voit beaucoup de comptes qui partagent des rappels et des prêches. Certains prétendent venir de l’université de Médine, mais en réalité, beaucoup ne sont que des frères sans formation réelle, qui veulent simplement transmettre un message. Ils postent des audios, des vidéos ou citent des livres de savants, mais il faut être vigilant, car il y a beaucoup d’imposteurs sur ces plateformes, notamment sur Instagram et Telegram. L’interlocutrice : Oui, on parle bien ici de contenus religieux, pas de chaînes comme Al Arabiya. Ce sont vraiment des sujets religieux. Oustadha : Exactement. Ma sœur a posé une bonne question. Concernant ces prêcheurs qui donnent des dourous ou des rappels sans diplôme officiel, il faut vraiment faire attention. Certains prétendent avoir une « teskia » (autorisation ou licence d’enseignement), mais beaucoup mentent à ce sujet, souvent pour attirer l’attention ou gagner de l’argent. Sur les réseaux sociaux, la confiance est faible, on ne connaît pas ces personnes, ni la véracité de leurs diplômes. Il faut toujours vérifier si cette « teskia » est authentique, notamment en demandant aux savants compétents. Même quelqu’un diplômé doit être contrôlé pour s’assurer de sa fiabilité. Quand on ne connaît pas le nom d’un prêcheur, il est indispensable de demander conseil à des savants dignes de confiance. Ceux qui ont une formation reconnue ne posent généralement pas ce problème. Mais ici, on parle précisément de personnes sans aucune qualification reconnue. C’est vraiment interdit. Même s’ils partagent des rappels ou des petits dourous, des audios comme ça, ce n’est pas permis. Nos savants ont établi des conditions précises pour rapporter un hadith ou transmettre une science : le transmetteur doit bien comprendre ce qu’il enseigne. Il y a des règles strictes à respecter, ce n’est pas donné à tout le monde. C’est pourquoi les savants n’autorisent pas n’importe qui à faire des rappels ou des dourous, sauf si un savant qualifié leur donne une permission explicite. Sinon, ce n’est pas légitime. Je conseille donc à ma sœur de ne pas écouter ces prêcheurs inconnus. Même pour ceux qui disent être diplômés, il faut vérifier auprès des grands savants si leur formation est réelle. Aujourd’hui, il y a beaucoup de mensonges. Ce n’est pas pour tous, mais souvent, c’est juste une façon de faire de la publicité, d’attirer du monde ou de gagner de l’argent. La science n’est pas facile, c’est notre religion. Il vaut mieux éviter ces prêcheurs non qualifiés. Il existe des savants sérieux sur Internet, et il faut privilégier leurs enseignements. L’interlocutrice : Par exemple, moi, j’ai un compte avec un institut. Si je veux poster un rappel ou une fatwa… Oustadha : Je ne critique pas cela. Tant que tu ne fais pas de commentaires personnels. L’interlocutrice : Non, je ne fais pas de commentaires personnels. Je veux dire que je vais simplement lire un verset du Coran… Ou alors un rappel de Cheikh Ibn Taymiya ou de Cheikh Otheimine. Un simple rappel, sans commentaire de ma part. Oustadha : D’accord, ça, c’est permis et ce n’est pas un problème. Mais pour ce qui est de ces prêcheurs qui ne sont pas qualifiés, je déconseille fortement à mes sœurs de les écouter. Interlocutrice : Mais est-ce qu’on peut transférer tout ce qu’ils rappellent, alors ? Oustadha : Oui, ce n’est pas un souci, à condition de toujours donner la source. Il faut citer clairement la référence. Car parfois, lors de certains rassemblements, on entend des paroles attribuées à des savants comme Ibn al-Qayyim, par exemple. Oui, il a dit certaines choses, mais si tu retournes à la source, il arrive que ces paroles ne s’y trouvent pas. Il y a aussi beaucoup de propos attribués aux compagnons, comme Omar, qu’il faut toujours vérifier. Est-ce que c’est authentique ou non ? Normalement, il faut toujours citer la source précise : le livre, parfois la page, ou même la partie précise. Car il y a beaucoup de rumeurs. Par exemple, sur WhatsApp, j’ai vu circuler des propos soi-disant d’Ibn al-Qayyim, mais qui ne lui appartiennent pas. Même le style de langue arabe est différent. Ce sont des paroles inventées, c’est un mensonge. Il faut toujours vérifier que la source soit un ouvrage reconnu d’un savant ou un hadith authentique. Sinon, il faut se demander : pourquoi ce texte n’est pas écrit dans les sources fiables ? Interlocutrice : Pour résumer, concernant les étudiants en sciences religieuses diplômés, il faut quand même vérifier la provenance et la validité de leur diplôme. Et si on est certain qu’ils sont encadrés ou conseillés par des savants dignes de confiance, alors, al hamdoulilah, on peut écouter leurs enseignements. Il faut absolument qu’ils soient diplômés. Ceux qui ne le sont pas, on ne doit pas les écouter, même s’ils semblent propager de belles paroles, etc. En ce qui concerne les rappels, on peut les transférer

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Le port du niqab en France 

Question : Est-il permis de porter le niqab en France, sachant qu’on peut subir des injustices de la part de la police, recevoir des amendes, ou même nous emmener au commissariat de police ? Réponse  Oustadha : Le niqab, pour commencer, ce n’est pas une obligation. Ce n’est pas obligatoire, le niqab. C’est quelque chose de recommandé, mais pas une obligation. L’interlocutrice : Donc, c’est une recommandation. Oustadha : Exactement. Si tu le portes, tu es récompensée, mais si tu ne le portes pas, ce n’est pas un péché. Cependant, comme tu l’as dit, il y a beaucoup de difficultés liées au niqab en France. Je te conseille de l’enlever, franchement, car cela peut provoquer des problèmes avec la police, il y a des menaces, beaucoup de choses négatives. Le niqab n’est pas une obligation, ce n’est pas une prière. Il ne faut surtout pas délaisser la prière. Même si tu es menacée, la prière reste obligatoire. Mais le niqab, comme ce n’est pas obligatoire, tu peux l’enlever maintenant à cause des difficultés que cela engendre. L’interlocutrice : Une sœur a même ajouté ce que j’allais te demander : et si une sœur a pris l’avis que c’est obligatoire ? Oustadha : C’est très peu nombreuses, ces sœurs-là. L’interlocutrice : Oui, elles sont peu nombreuses à penser que c’est obligatoire. Oustadha : Alors dans ce cas, elle reste chez elle, elle fait son adoration à la maison. L’interlocutrice : Quelle est la preuve que le niqab n’est pas obligatoire ? Oustadha : Je l’ai déjà mentionné, c’est le hadith d’Abbas. Il était avec le Prophète ﷺ quand une belle femme est passée. Abbas s’est retourné pour la regarder. Le Prophète ﷺ s’est retourné une fois quand une femme est passée devant lui. Sa tête a dit à Abbas : « La première fois, ce n’est pas grave, il n’y a pas de péché. » Pour la deuxième fois, cela signifie que la femme n’était pas voilée par le niqab. Il y a plusieurs hadiths qui montrent cela. Un autre hadith dit que le Prophète ﷺ, ou à l’époque d’Abou Khattab, une femme voulait lui parler. Il y avait quelque chose sur ses joues, il a dit : « Ce n’est pas du rouge, ce n’est pas du rouge, » parlant du visage de la femme. Cela montre que la femme ne portait pas de niqab complet. Il y a beaucoup de hadiths à ce sujet, notamment celui sur le juhanna. L’interlocutrice : Oui, le juhanna. Oustadha : Exact. Même couvrir les mains n’est pas obligatoire. Il y avait une compagne qui se convertit, et ils étaient séparés par un rideau. On lui montra la main et on demanda si c’était la main d’un homme ou d’une femme. On répondit que c’était la main d’une femme. Elle dit alors qu’il faut la changer pour la différencier de celle d’un homme. Ces récits montrent que la femme n’est pas obligée de porter le niqab. Certaines personnes, surtout en Arabie Saoudite, pensent que c’est obligatoire, mais ce ne sont pas des hadiths authentiques. Il y a des hadiths faibles, et d’autres opinions basées sur le raisonnement (qiyas). La beauté de la femme est dans son visage, mais cela ne vient pas d’un hadith clair. C’est un raisonnement, pas une preuve. Donc, si tu veux approfondir, tu peux lire le livre du Shaykh Al-Albani, il y expose plusieurs preuves et arguments. Je te conseille de faire tes propres recherches. L’interlocutrice : Ce n’était pas vraiment la question. Je sais qu’il y a des divergences. Comme on l’a dit au début, nous ne sommes pas ici pour débattre et dire qui a tort ou raison. Oustadha vous a simplement donné l’avis dont elle est convaincue. Après, chacun doit chercher les preuves par lui-même. Inch’Allah, faites vos propres recherches.

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Le maintien des liens de parenté avec une grande famille

Question : Nous sommes extrêmement nombreux dans ma famille. Je ne sais pas exactement combien. Et je dis cela approximativement. Je dois avoir environ 70-80 oncles et tantes et une centaine de cousins-cousines. De plus, la plupart n’habitent pas dans le pays dans lequel j’habite, suis-je quand même fautive si je ne prends pas contact avec eux, notamment les hommes qui ne sont pas mes maharim cousins, par exemple ? Réponse Oustadha : J’ai essayé de comprendre comment elle pouvait avoir 70 ou 80 oncles. Ensuite, je me suis dit : peut-être que c’est à cause de la polygamie… L’interlocutrice : Oui, peut-être à cause de la polygamie. Oustadha : Oui, avec la polygamie, c’est possible. Et peut-être aussi qu’elle appelle « oncles et tantes » des personnes qui sont en réalité liées par alliance, comme ceux mariés dans la famille. En tout cas, qu’Allah nous guide. Qu’Allah nous guide. Il faut toujours garder les liens, même si on a beaucoup de tantes, de cousins. Ce sont de grandes familles, mais il faut préserver les liens, rester en contact. C’est ça, le sens des liens familiaux. Quand on parle de lien familial, on parle de ceux qu’on est obligé de garder : Les parents, Les frères et sœurs, Les oncles et tantes (du côté paternel et maternel), Les grands-parents, Les neveux et nièces. Ceux-là, ce sont des liens du sang. Ce ne sont pas les liens par alliance, comme les conjoints de tes tantes ou les cousins par alliance. Ce n’est pas le même statut. Si tu ne peux pas rendre visite à tout le monde, au moins un appel téléphonique. Ce n’est pas une obligation que ce soit régulier, tous les mois. Mais au moins à l’occasion, comme l’Aïd ou un mariage. Ce genre d’occasions, c’est un moyen de garder le lien, et c’est suffisant. L’interlocutrice : Oui, justement. Pour les cousins, on disait que le cercle familial avec lequel il est obligatoire de maintenir les liens, c’est le lien de sang direct. Oustadha : Exactement. On l’a dit : Parents, Frères et sœurs, Oncles et tantes maternels et paternels, Grands-parents, Neveux et nièces. Ce sont ces liens de sang qu’on est obligé de préserver. Sinon, si tu coupes ces liens volontairement, sans excuse, tu portes un péché. L’interlocutrice : Oui, c’est si tu les coupes sans raison valable. Oustadha : Exactement. Sans cause valable. L’interlocutrice : Pour moi, les liens, c’est surtout avec mes coreligionnaires Moi, par exemple, j’ai une tante avec qui on n’a jamais vraiment pris l’habitude de s’appeler. On n’est pas proches, tu vois. Elle fait sa vie là-bas, moi de l’autre côté. Par l’intermédiaire de mon père, on a des nouvelles. « Ah, comment va ta fille ? Comment va tata ? » Tu vois ? Mais si je l’appelle demain, elle va se demander ce que je veux. Pourtant, ce n’est pas une rupture totale non plus. Oustadha : Il faut toujours garder les liens. Même si tu appelles et qu’elle ne te répond pas ou ne t’appelle pas en retour, toi tu as fait ton devoir. Et tu seras récompensée, In shaa Allah. L’interlocutrice : Elle disait aussi : si ma mère me donne son numéro, est-ce que ça ne serait pas trahir un secret ? Je ne sais pas. Oustadha : Si ta mère donne ton numéro, est-ce que c’est trahir un dépôt ? De qui parles-tu ? Là, on parle simplement de garder les liens familiaux, ce n’est pas une trahison. L’interlocutrice : Une sœur demandait si, même sans une grande famille, téléphoner à l’occasion, c’est bien ? Oustadha : Oui, bien sûr. C’est garder le lien. Même si on n’a jamais eu beaucoup de lien auparavant, c’est bénéfique. L’interlocutrice : Oui, c’est exactement ce qu’elle disait. Moi, c’est pareil avec mes tantes. En fait, je ne trouve pas d’excuses pour ne pas appeler, mais je ne saurais même pas quoi leur dire si je les appelais, tu vois. Oustadha : C’est justement ça qui compte. Le geste d’appeler, même sans savoir quoi dire, c’est déjà très bien. Franchement, si tu fais ce geste toi-même, ça change la relation. Maintenant que tu es adulte, que tu as de la maturité, quand tu prends le téléphone pour parler à ta tante alors que vous n’avez pas eu de lien pendant des années, c’est très bénéfique. L’interlocutrice : Oui, c’est vrai. On devrait vraiment faire cet effort. Oustadha : Oui, il faut faire cet effort. L’interlocutrice : Oui, c’est vrai. Pour ne pas tomber dans le péché de couper les liens. Ce n’est pas que l’intention soit de couper les liens, mais c’est juste qu’il n’y a jamais eu vraiment de relation. Oustadha : Je donne un exemple. Dans ma famille, j’avais quelqu’un qui s’est converti très jeune, quasiment bébé, et qui est devenu comme un frère pour moi. Tu vois, dans la Kabbalah, ce n’est pas facile d’être accepté ainsi, comme en France par exemple. Quand quelqu’un devient frère musulman, il n’est pas toujours bien accueilli. Certains ne font pas la prière, ils ont peur du djinn, c’est une situation compliquée. Ce frère, avant sa conversion, avait une relation très difficile avec ses oncles. Mais dès qu’il est devenu musulman, il a commencé à leur rendre visite, à aller chez eux. Et cela a rendu ses oncles très heureux. L’interlocutrice : Oui, c’est vrai, c’est vrai. Il a changé parce qu’il est devenu converti. Oustadha : Oui, c’est naturel. Moi, je fais ça pour avoir une bonne récompense. Lors des occasions, il suffit parfois d’un simple coup de téléphone. L’interlocutrice : En fait, on devrait avoir la bonne intention et se dire : « Allez, je prends mon courage à deux mains, j’appelle tata. » On lui dit des choses simples, comme « Allô tata, ça va ? », « Il fait beau chez toi ? », « Comment va la santé ? ». Ce que tu veux dire, c’est que, finalement, nous qui sommes dans l’islam, ça peut leur

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Le maintien des liens de parenté 

Question : Mes parents sont d’origine kabyle, en Algérie. Mon père déteste les musulmans, les Arabes et surtout les femmes voilées. Il insulte l’islam et ma famille (oncles, tantes, cousins) célèbre les fêtes des non-musulmans, boit de l’alcool, etc. Ma mère et mes sœurs jeûnent mais ne prient pas, et mon frère se dit athée. Je priais en cachette, mais mon père m’a menacée de violence en le découvrant. Je ne pouvais ni porter le voile à l’école ni pratiquer librement. J’ai donc fini par me marier en cachette avec un imam salafi comme tuteur, car aucun membre de ma famille n’était apte à jouer ce rôle. Quand j’ai annoncé mon mariage, ils ont mal réagi, pensant que j’étais partie avec un homme de façon honteuse. Tous ont coupé les liens avec moi, sauf ma mère avec qui je parle encore au téléphone, alhamdoulillah. Cela fait presque deux ans, j’ai une fille, mais ils ne cherchent même pas à la connaître. Ma question : que puis-je faire pour garder les liens de parenté, alors que la majorité de ma famille m’a bloquée et me considère comme morte ? Réponse  Oustadha : Qu’Allah te facilite ma sœur. Qu’Il guide ta famille et tout le monde. Il faut préserver les liens familiaux. Même si ton père n’aime pas la religion, même s’il l’insulte — et insulter la religion, c’est franchement du koufr — ce n’est pas à dire qu’il l’a quitté, mais c’est du koufr. Malgré cela, tu dois essayer de garder un lien, surtout avec les parents. Il ne faut pas couper les liens. Si tu crains que, lorsque tu iras le voir, il te menace ou te fasse quelque chose, alors au moins, prends ton téléphone et appelle-le. L’interlocutrice : Il l’a bloquée. Oustadha : Eh bien, s’il l’a bloquée… Elle a dit : « Je l’appelle mais il ne me répond pas. » Dans ce cas, c’est bon. Tu as fait ta part. Si tu as peur d’aller lui rendre visite à cause de menaces, ou si tu crains qu’il te fasse du mal, alors tu n’as pas de péché, ma sœur. Parce que tu as fait toutes les causes nécessaires. Et même vis-à-vis de l’autre partie de la famille — oncles, tantes — ce sont des liens qu’on doit préserver. C’est une obligation. Si tu fais tout ce que tu peux, tu n’as pas de péché. Au contraire, tu seras récompensée. Il faut patienter. Dans tous les cas, qu’Allah guide ta famille et la protège. Ce que tu as fait n’est pas mal, c’est bien. Quant à l’autre femme, in shaa Allah, qu’Allah la guide aussi. Mais fais des dou’âs pour qu’Allah guide tes parents et ton frère surtout. L’interlocutrice : Elle a dit : je dois essayer de les appeler. Oustadha : Oui, elle doit essayer de les appeler. En fait, elle doit faire toutes les causes possibles. L’interlocutrice : Toutes les causes, oui… Jusqu’à ce qu’un jour ils répondent. L’interlocutrice : Je voulais revenir sur la question des liens de parenté. Est-ce qu’il y a… comment dire… une règle ? Par exemple, prenons le cas de moi et ma tante. Dans l’obligation de maintenir les liens de parenté, est-ce que c’est à la personne la plus jeune de faire les démarches, ou bien est-ce que la personne plus âgée est aussi concernée ? Je ne sais pas si tu me comprends. Ma tante, par exemple, a peut-être 60 ans. Est-ce que c’est à moi de l’appeler pour maintenir le lien, ou bien est-ce qu’elle aussi a ce devoir envers moi, même si je suis sa petite nièce ? Oustadha : Les deux sont concernés. Mais, par politesse, par gentillesse, par bon comportement, c’est mieux que la nièce appelle sa tante. Parce que nous, en tant que musulmans, on doit garder les liens, et on doit respecter les aînés. Le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit qu’on respecte les plus âgés. Donc oui, c’est préférable que la plus jeune prenne l’initiative, c’est un bon comportement. L’interlocutrice : Par exemple, mon oncle qui a plus de 70 ans… ce n’est pas lui qui va… Oustadha : Voilà, même les grands-parents, pareil. Ce n’est pas par impolitesse, mais justement, c’est un bon comportement que ce soit la plus jeune personne qui appelle. Et en plus, tu y gagnes une récompense. Prendre ton téléphone deux minutes, même pas trois, tu es récompensée auprès d’Allah. L’interlocutrice : Donc, on peut dire que par respect pour l’aîné, c’est préférable que ce soit le plus jeune qui prenne des nouvelles. Mais l’aîné a quand même un devoir envers le lien familial, non ? Oustadha : Oui, bien sûr. Lui aussi a un devoir par rapport à ce lien, par rapport à l’attente.

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Le liquide après le ghusl

Question : Alors, salam alaykoum,Moi c’est Anima. J’aimerais poser une question : après le ghusl du janaba, si un liquide sort encore, est-ce que je dois refaire le ghusl ou seulement refaire les ablutions (wudu) ? Je ne sais pas si cela concerne le liquide qui peut sortir après les rapports sexuels avec le mari. Réponse Oustadha : Oui. Si tu as fait le ghusl, et qu’après le ghusl, il y a un liquide qui continue de couler, tu ne refais pas le ghusl. Comme l’a dit un savant : « Si tu as fait le ghusl et que le liquide est en train de couler, qu’il reste et qu’il continue de couler, cela signifie que tu ne refais pas le ghusl. » C’est juste cela. Interlocutrice : D’accord. C’était la dernière question, j’espère que tout a été clair. J’ai une sœur qui m’avait demandé de me contacter en privé, donc n’hésitez pas à passer par l’adresse e-mail si vous avez des questions, parce que je ne les ferai pas passer, malheureusement. On organise justement ce genre de séance pour éviter que des questions religieuses soient posées en dehors du cadre prévu. Mais si vous avez des interrogations par rapport à ce que vous avez entendu, ou des conseils — peut-être que j’ai dit une bêtise, ça peut arriver — n’hésitez pas à envoyer un petit mail. Et nous aussi, on vous aime en Allah. Oustadha : Qu’Allah vous préserve, qu’Il préserve toute la famille, les enfants et les autres. Qu’Allah les guide, et qu’Il nous guide tous.

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Le Jihad armé et le terrorisme

Question : Pardonnez si ma question dérange, je voudrais aider les gens à penser autrement. Depuis quand le djihad armé n’est plus d’actualité ? Quelles pistes étudiées pour éviter que ces divergences ne viennent égailler nos frères ? Je voudrais grandement avoir une liste de livres à lire. Qu’Allah vous récompense grandement car je ne sais pas où trouver cette réponse et ce n’est pas dans nos assises que l’on entend parler alors que c’est un véritable fléau qui emporte la nouvelle génération. Réponse Oustadha : En fait, elle veut savoir comment expliquer aux gens certains versets du Coran, notamment ceux qui parlent du djihad armé, c’est-à-dire le combat, la guerre. Elle demande comment expliquer que ce n’est plus d’actualité aujourd’hui, du moins dans la majorité du monde musulman. Est-ce qu’on va leur dire que ces versets ont été révélés à un moment X pour une situation X ? Tu vois ? Parce que maintenant, certaines personnes, comme les khawarij – ceux qui n’ont rien compris – prennent le Coran, extraient un verset hors contexte, et pensent que si tu croises un mécréant, tu dois le tuer. Alors qu’en réalité, ce n’est pas du tout ça. Je crois que sa question c’était : « Depuis quand le djihad armé n’est plus d’actualité ? » Mais… L’interlocutrice : Mais je ne sais pas s’il n’est plus d’actualité… Par exemple, dans des pays comme la Syrie, l’Iran, il y a encore du djihad, non ? C’est dans ces pays-là ? Oustadha : Le djihad, il faut… Il faut revenir à la base. C’est quoi le djihad armé authentique ? Celui qui est conforme à la législation islamique ? Comme l’ont expliqué les savants : Le djihad armé ne peut être décrété que par une autorité légitime, c’est-à-dire le président, le calife, le gouverneur musulman. C’est lui qui ordonne, ce n’est pas nous, simples individus, qui décidons. L’interlocutrice : C’est lui qui ordonne, oui. Il y a un ennemi, et donc c’est lui qui… Oustadha : Voilà. Et on appelle cela « lever le drapeau« . Le drapeau, c’est l’autorisation donnée par le gouverneur musulman pour combattre. Donc si quelqu’un combat sans cette autorisation, ce n’est pas du vrai djihad, mais une transgression. Le vrai djihad armé se fait sous l’autorité d’un dirigeant musulman légitime, et contre un ennemi déclaré, dans un cadre bien défini par la législation islamique. L’interlocutrice : Un ennemi ? Quel ennemi ? Voilà. Oustadha : Ce n’est pas quelqu’un… Il est mécréant, il vit en Algérie, mais il est en sécurité, il se promène tranquillement, il est même très à l’aise. L’interlocutrice : Oui, oui, oui. Dans les ambassades, il est même suivi parfois… Et ça, ce n’est pas permis. Oustadha : Oui, bien sûr, il est en sécurité. Il est venu en Algérie et il vit en sécurité. C’est ce que je dis : quand un ennemi veut t’attaquer, d’accord ? Par exemple, si le président d’un pays dit : “Demain, on attaque tel pays…” L’interlocutrice : Donc là, quand tu me parles de gouverneur, tu veux dire que c’est de pays à pays ? Oustadha : Oui, entre pays musulmans. D’accord ? Mais maintenant, ce qu’on voit, que ce soit avec les Talibans ou d’autres groupes, ce n’est pas du jihad. C’est plutôt du khouroudj (la rébellion). Ce n’est pas un jihad légitime. L’interlocutrice : Tu veux dire ceux qui agissent comme en Syrie ? Oustadha : Même en Syrie. Tu vois, pour qu’on parle de jihad, il faut qu’il y ait des conditions réunies, fixées par les grands savants. Je vais te donner un exemple. Aujourd’hui, prenons la Syrie. Il y a un président. D’accord ? Et même si tu dis que ce président est un kâfir (mécréant), d’accord ? Tous les savants s’accordent à dire cela, mais malgré tout… L’interlocutrice : Par exemple, oui… Ce sont juste des exemples. Oustadha : Voilà, imaginons que ce pays est mécréant. D’accord ? Tous les grands savants disent… L’interlocutrice : Donc là, on parle d’un pays où, de manière unanime, on sait que le gouverneur est mécréant, c’est bien ça ? Oustadha : Oui, mécréant. Ce ne sont pas des paroles en l’air, ce sont les savants qui ont dit cela. Mais attention, les savants ont posé des conditions : par exemple, si l’armée musulmane n’est pas bien équipée, même avec des armes légères, on ne peut pas sortir combattre. L’interlocutrice : Tu veux dire qu’on ne peut pas combattre ce pays ? Oustadha : Non, tu ne peux pas le combattre si tu n’es pas équipé. Tu ne peux rien faire. Même les mécréants, quand ils attaquent, regarde les dégâts qu’ils causent ! Ils ont une armée puissante. Donc même si on doit les combattre, si on n’est pas préparé, ce n’est pas permis de sortir, ce serait du gaspillage, de la perte. L’interlocutrice : Imaginons que l’Algérie n’est pas équipée et qu’un pays mécréant l’attaque. Est-ce qu’on doit répondre ? Est-ce qu’on doit attaquer en retour ? Oustadha : Là, je ne parle pas de l’armée, je parle en général. L’interlocutrice : Qui est-ce qui n’a pas assez d’armes dans ton exemple ? Le pays musulman ou le pays mécréant ? Oustadha : C’est le pays musulman. L’interlocutrice : Et si le pays musulman n’a pas assez d’armes, qu’est-ce qu’il doit faire ? Oustadha : S’il est attaqué, alors là il doit se défendre, même avec ce qu’il a. Il doit repousser l’ennemi avec les moyens dont il dispose. L’interlocutrice : D’accord. Oustadha : S’il est attaqué, il se défend dans tous les cas. Il faut le faire dans son propre territoire. Ce n’est pas lui qui attaque, c’est lui qui est attaqué. Donc, il riposte. Quand les ennemis m’attaquent — que je sois seule ou que je sois avec d’autres croyants — je dois me défendre, bien sûr. Par exemple, si je peux acheter une arme pour me défendre, je le fais. Sinon, peut-être qu’Allah va m’envoyer une aide. Mais quoi qu’il en soit, je

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Le Dhikr et la récitation du Coran sans bouger les lèvres

Question : Comment allez-vous ? Je voulais vous demander si on fait du zikr dans notre fort intérieur ou qu’on lit le Coran ou des invocations sans parler ni bouger les lèvres. C’est dans notre fort intérieur, mais on entend ce qu’on dit à l’intérieur de nous. Est-ce permis ? On est récompensé pour ou pas du tout ? Sinon, pourquoi et quels sont les dalils ? Réponse  Oustadha : Cette question demande qu’on bouge toujours les lèvres quand on parle, car en arabe, le terme « kalam » (parole) signifie qu’il faut bouger les lèvres. Si on ne parle pas à voix haute, ce n’est pas considéré comme une parole, mais plutôt comme un « Hadith al-Nafs », c’est-à-dire une parole intérieure. Le fort intérieur, ou « Hadith al-Nafs », ce n’est pas du vrai discours parce que tu ne bouges pas les lèvres. Même en écoutant, c’est aussi du « Hadith al-Nafs », ce n’est pas du « kalam » au sens strict. En arabe, le « kalam » implique nécessairement le mouvement des lèvres. L’interlocutrice : Même dans ce fort intérieur, il peut y avoir des wasawis (mauvaises suggestions). Moi, je sais que j’entends ces waswas, parfois elles sont si fortes que je pourrais même les exprimer à voix haute. Oustadha : Oui, mais ce qui se passe dans le fort intérieur n’est pas considéré comme une parole. Dans un verset où Allah, l’Exalté, parle, il est expliqué que les compagnons avaient des pensées dans leur fort intérieur qui pouvaient être soit un péché, soit une récompense. Avant l’islam, il n’était pas permis de prononcer certaines pensées à haute voix. Même si ces pensées étaient mauvaises, elles restaient dans le fort intérieur sans être exprimées. L’interlocutrice : Avant quoi exactement ? Oustadha : Avant l’islam. Au début de l’islam, les compagnons ressentaient cette difficulté. Parfois, ils avaient des pensées dans leur fort intérieur, bonnes ou mauvaises, qu’ils ne pouvaient pas exprimer. Ce verset leur a été révélé pour les éclairer. L’interlocutrice : Donc, nos pensées étaient jugées, même si elles ne sont pas exprimées oralement ? Oustadha : Oui, les compagnons ont dit que c’était très difficile. Ils disaient qu’ils ne pouvaient pas supporter cela. Allah leur a dit de ne pas s’inquiéter, d’écouter et d’oublier certaines pensées. Subhanallah, quand le Prophète leur a dit cela, ils n’ont rien répliqué, car c’était vraiment difficile. On pense à beaucoup de choses, y compris de mauvaises. Alors, Allah les a consolés en disant que ce qui se passe dans le fort intérieur, toutes ces pensées, n’engage pas une récompense ni un péché tant qu’elles ne sont pas exprimées par la parole.   Et les compagnons étaient très heureux. Parce que, franchement, tu vois, l’obéissance au Prophète ﷺ n’est pas quelque chose de contre nature, mais c’était très difficile. Cependant, par obéissance au Prophète ﷺ et par obéissance à Allah عز وجل, Allah عز وجل a dit qu’Il allait légiférer… je ne sais pas comment on peut dire… L’interlocutrice : Réduire ? Oustadha : Oui, réduire. Alléger. L’interlocutrice : Alléger, pardon. Oustadha : Voilà, alléger. C’est-à-dire que ce ne sont pas juste des paroles sans valeur, ce n’est pas qu’on ne veut pas de récompense ou qu’on veut éviter un péché. Mais en arabe, pour qu’une chose soit considérée comme une “parole”, il faut bouger les lèvres. C’est pour ça que même dans la prière faite à voix basse, il faut au moins bouger les lèvres. Sinon, la prière n’est pas valide, il faut la refaire. Il faut au minimum bouger les lèvres. Et tu peux, dans ta récitation intérieure (comme dans les prières silencieuses, par exemple le ẓuhr ou le ‘aṣr), légèrement hausser le ton si tu veux, mais le minimum, c’est de bouger les lèvres, car parler implique un mouvement visible des lèvres.

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La relation avec la belle-famille et les demi-frères/sœurs

Question : Salam alaykoum, Ma demi-sœur, du côté de mon père et de sa mère, me voue une haine et une jalousie. Comment agir avec elle durant la période de l’enfance ? La cohabitation est difficile, avec des bagarres entre les époux, de la sorcellerie, de la violence et autres. Je sais qu’il faut préserver les liens de parenté, mais j’ai du mal à rester en leur présence. Ma mère me dit que je dois aller leur rendre visite, à sa co-épouse et à ma demi-sœur, même si elle n’apprécie pas ma venue. Comment faire ? Le père s’est remarié avec une deuxième femme et ils ont eu un enfant. Apparemment, ça se passe très mal. Elle ne vit pas avec eux. Réponse Oustadha : Non, elle ne vit pas avec eux. La première femme, elle est toute seule dans la maison, je crois. Interlocutrice : Oui, c’est ce que j’ai compris. Oustadha : Mais comment ça se passe mal ? Interlocutrice : Elle n’est pas chez eux. Elle dit que quand elle va là-bas, ça ne se passe pas bien, il y a des disputes. Je ne sais plus exactement ce qu’elle a écrit, mais quand elle rend visite à son père, il y a des tensions. Du coup, elle ne veut plus y aller. Sa propre mère lui dit pourtant d’y aller, que c’est important, mais elle trouve ça difficile. Oustadha : D’après ce que j’ai compris, est-ce que la mère est divorcée ? Interlocutrice : Je ne sais pas. Oustadha : Est-ce qu’elle est co-épouse ? Parce que si oui, la mère n’est probablement pas divorcée. Interlocutrice : Oui, c’est ça. Oustadha : Est-ce que le père habite loin ? Elle dit que sa mère lui conseille d’aller rendre visite à sa co-épouse et sa demi-sœur. Cela signifie qu’elle est encore mariée au père. S’il y a des conflits quand elle rend visite à la co-épouse et à la demi-sœur, je pense qu’il vaut mieux garder le contact par téléphone. Le père est dans une autre maison, donc elle n’est pas obligée d’y aller. Elle peut appeler sa demi-sœur pour maintenir les liens. Si les visites causent des disputes ou des tensions, il vaut mieux éviter d’y aller en personne et privilégier les appels téléphoniques. Interlocutrice : La demi-sœur, elle a le même statut en Islam que la sœur ? Oustadha : Oui, c’est pareil, elle reste notre sœur selon la charia. Interlocutrice : D’accord. Du coup, elle n’est pas obligée de… Oustadha : Non, elle n’est pas obligée. La jalousie n’a rien à voir. Ce n’est pas à cause de la sœur, mais parce que la personne est mauvaise. Si elle a de la bonne foi, elle peut passer outre sa demi-sœur. On peut dire : « Écoute ta mère, va la visiter. » Mais s’il y a une crainte qu’elle tombe dans des péchés, ou qu’elle insulte ou fasse du mal à sa demi-sœur, alors il vaut mieux éviter. Interlocutrice : Moi, je me demandais aussi quel âge a la demi-sœur, parce qu’elle parle de bagarres. Moi, je pensais que c’est peut-être des enfants de 10 ou 11 ans qui se battent. Oustadha : Oui, c’est vrai. Je dis que si tu as la bonne foi, la science, la foi et la patience, tu peux y aller sans hésiter. Mais si tu n’es pas prête, tu peux dire à ta mère que tu préfères garder les liens par téléphone. Interlocutrice : Oui, elle appelle sa sœur. En tout cas, on garde les liens. D’accord.

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