La Prière du Voyage pour une Longue Période

Question : Salam alaykoum wa rahmatoullah. Concernant le voyage… Non, concernant la prière du voyage, je pars au bled cet été en bateau. Je fais la prière du voyage dans le bateau, et quand j’arrive chez ma belle-famille et que je reste pendant deux mois, dois-je faire la prière normale ou la prière du voyage ? Réponse :  Oustadha : Concernant la prière du voyage, si tu pars visiter ta famille pour deux mois, trois mois, voire dix ans, et que tu n’as pas l’intention de t’installer ou de résider là-bas, tu dois faire la prière du voyage. Même si tu restes dix ans sans intention de résidence, tu continues à faire la prière du voyage. Cela peut durer des années. Moi, par exemple, j’avais posé la question à Cheikh Najib Jarwar. Il m’avait dit cela. J’étais restée un an et demi en France, et pendant tout ce temps, j’ai fait la prière du voyage. Je vais te montrer quelque chose parce que c’est vrai que… Je vais te montrer une photo de Moussim Chou. Moi, j’avais déjà posé la question au Cheikh Najib Jarwar m’avait dit que ce n’était pas permis, mais je vais peut-être te la montrer quand même. Je pense qu’il a eu l’autorisation de quelqu’un, donc il y a sûrement des divergences. Lui, il fait comme ça. Regarde, ce n’est pas vraiment un humain. Ce sont juste des cheveux et une barbe. Elle a un hijab. Ce ne sont pas des êtres humains, c’est comme… ce n’est pas un visage. L’interlocutrice : Pour toi, c’est moins représentatif de… Oustadha : Oui, c’est ça. Ce n’est pas un autre être humain. L’interlocutrice : D’accord. Moi, j’avais posé une question à Cheikh Najib. En fait, non, à l’époque, c’était à quelqu’un d’autre. Je m’étais mise en photo de profil avec ces petits personnages qu’on connaît tous, du genre Bédouin, mousseline, châle. Oustadha : Oui. L’interlocutrice : Il m’avait dit que ce n’était pas permis comme photo de profil. J’avais changé, mais trois jours après, il m’a demandé si j’avais bien modifié la photo. Il y a donc des divergences à ce sujet. Mais ma vraie question est la suivante : quelqu’un qui part trois ou quatre mois au bled, est-ce qu’il peut prier normalement, comme s’il n’était pas en voyage ? S’il ne se considère pas résident et ne veut pas faire la prière du voyageur, est-ce permis ? Oustadha : Non, il ne doit pas prier comme s’il n’était pas en voyage. S’il est en voyage, même s’il va chez ses parents et qu’il est à l’aise, il doit faire la prière du voyageur. Tu m’as rappelé une chose importante, ce n’est pas moi qui le dis, mais une sœur qui adore, qui a posé cette question. Nous avons dit que, même si tu restes dix ans dans un lieu sans intention d’y résider, tu es obligé de faire la prière du voyageur. Par exemple, moi, je suis partie en voyage au Bled pour rester environ un an, ou un peu moins. Un jour, je voulais aller à la mosquée pour assister à un cours et j’ai fait la prière complète avec l’imam. Dans ce cas-là, il faut faire la prière entière, c’est la Sunnah, surtout quand tu pries avec l’imam à la mosquée. L’interlocutrice : Mais, selon l’avis que tu suis, si une personne veut prier normalement (comme en résident), est-ce permis ? Oustadha : Non, ce n’est pas permis. L’interlocutrice : D’accord, donc ce n’est pas permis. Oustadha : Oui, ce n’est pas permis. Il y a un hadith d’Aïcha (qu’Allah soit satisfait d’elle) qui précise cela : il est contraire à la Sunnah de prier comme un résident alors qu’on est en voyage. L’interlocutrice : Donc, tant que tu es en voyage, tu dois faire la prière du voyageur, sauf si tu fais la prière avec l’imam, où tu termines la prière complète ? Oustadha : Oui. Par ailleurs, la durée à partir de laquelle on considère quelqu’un en voyage fait l’objet de divergences. Certains disent deux jours, d’autres quatre jours, mais il n’y a pas de durée précise obligatoire. Moi, je dis que le voyage est défini par la préparation que tu fais pour voyager, et cela dépend aussi des habitudes des gens dans chaque région. L’interlocutrice : Par exemple, moi, si je vais à Annaba, c’est considéré comme un voyage, mais si je vais à Gécent, ce n’est pas un voyage. Oustadha : Exactement, cela s’appelle le « raf’ » (habitude locale). C’est l’habitude des gens là-bas qui détermine ce qui est considéré comme voyage ou non. Aussi, quand tu te prépares à partir, cela compte comme un voyage. S’il n’y a pas cette préparation, il n’y a pas forcément de notion de distance à respecter. Parce que les distances définies dans certains avis ne sont pas exactes ni fixes. L’interlocutrice : Oui, ce n’est pas très clair. Oustadha : Exactement. Par exemple, certains disent que c’est 140 km, d’autres 70 km, mais ce n’est pas précis. C’est pour cela qu’on dit que le voyage est défini par l’habitude des gens et par la préparation qu’on fait pour voyager. Par exemple, si tu vas à une heure de chez toi, selon les avis, la prière du voyageur s’applique ou pas. En général, c’est un minimum de deux jours ou plus. La prière du voyage, c’est 2, 2, 2, 3, 2. L’interlocutrice : Oui, c’est bien ça, je confirme.

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La Position des Orteils et le Voile en Prière

Question : Est-ce qu’en prosternation, il faut obligatoirement que nos orteils touchent le sol, car je n’y arrive pas, ou quand je le fais, mes pieds ne sont pas droits ? Moi, j’ai le même problème qu’elle. Ça veut dire que les orteils du haut, ils touchent, mais le reste, comme ce n’est pas à la même hauteur, tu vois ? Réponse :  Oustadha : Ça ne touche pas ? L’interlocutrice : Non, ce n’est pas tous les orteils qui touchent. Je ne vois pas ton pied, attends, je te montre. Quand je fais comme ça, deux orteils et demi touchent, mais le reste est en l’air. Oustadha : Oui, oui, le petit orteil ne touche pas, c’est normal. Mais les autres orteils doivent toucher le sol. L’interlocutrice : J’ai une question un peu différente, qui concerne la salat. Parfois, mes jupes… Voilà, je ne peux pas trop montrer ici, mais quand je suis debout, ma jupe couvre mes pieds. Oustadha : D’accord. L’interlocutrice : Mais quand je me penche en rukû’ (inclinaison), la jupe remonte un peu et on peut voir mes mollets. Est-ce que c’est permis ? Oustadha : Les mollets, c’est en dessous des pieds. L’interlocutrice : Je parle bien du rukû’, l’inclinaison. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. Oustadha : Oui, je comprends. L’interlocutrice : Les mollets, c’est juste là, voilà. Oustadha : D’accord, donc si la partie visible est en dessous des pieds, ça va. L’interlocutrice : Oui, ça, c’est quand je suis en prosternation. Oustadha : Ah, la jupe remonte alors ? L’interlocutrice : Oui. Oustadha : Quand elle remonte et que les mollets sont visibles, il faut les couvrir. Tu devrais porter une jupe plus longue. Si tu laisses tes mollets visibles, il faut refaire la salat, selon certains savants. L’interlocutrice : Même si personne ne me voit ? Oustadha : Même si personne ne te voit. Certains savants autorisent dans ce cas de prier avec les pieds découverts, surtout la plante des pieds. D’autres savants disent que ce n’est pas permis. L’interlocutrice : Oui, par exemple Chaykh Albani a dit que ce n’est pas permis. Mais d’autres ont dit que c’est permis. Quand les pieds touchent le sol, on les voit, ils ne sont pas cachés. Oustadha : Ta prière reste valable, elle est acceptée. Mais certains savants sont plus stricts et préfèrent que les pieds soient couverts pendant la prière. L’interlocutrice : Oui, pour les pieds, c’est ça. Oustadha : Je n’ai pas dit exactement ça. Les savants ont dit qu’il est permis de ne pas cacher les pieds, plus précisément la plante des pieds. Mais devant les hommes, il faut absolument les cacher, sinon c’est un péché. Moi, personnellement, comme je vis en ville, je préfère cacher les pieds. Mais ce n’est pas grave, dans les divergences, on suit l’avis qui nous convainc. L’interlocutrice : Oui, convaincue. Oustadha : Donc, si quelqu’un choisit l’avis disant qu’il suffit de mettre des chaussettes, elle ne commet pas de péché car elle est convaincue de cela. Par exemple, si moi je suis convaincue par l’avis de Cheikh Al-Albani qui dit qu’on doit cacher même avec des chaussettes, alors je ne montre pas mes pieds. D’autres savants disent que même sans chaussettes, la prière reste valable mais il faut cacher le pied. L’interlocutrice : Ah bon, ils disent ça pour le pied ? Oustadha : Oui, mais moi je ne suis pas convaincue par cet avis. Parfois, on voit le pied nu, je ne peux pas dire que c’est haram. Je parlais surtout des mollets. Quand on est debout, la jambe doit être couverte, mais quand on se prosterne, la jupe peut remonter sur le dos. Dans ce cas, il faut porter quelque chose de très long. L’interlocutrice : C’est difficile quand on est dehors. Moi, je ne savais pas. Hier, j’ai acheté une abaya, et à un moment, je me suis baissée. Mon mari m’a dit : « On voit tes mollets. » Je crois que ce sont bien les mollets. Ce n’est pas pareil que les pieds. On saura bien quand on saura. Oustadha : Oui, tout à fait.

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La Permissibilité des Cours de E-learning Mixtes

Question :Nous sommes des sœurs cherchant à savoir s’il nous est permis de prendre des cours de e-learning. Excusez-moi pour mon accent anglais. Vraiment. Pour notre travail et projet professionnel au sein d’une plateforme Maïmouk, je crois qu’on dit comme ça, plateforme connue pour formation mondaine rattachée à des universités pour sciences mondaines proposant parfois des cours gratuits et parfois payants, avec parfois des profs hommes donnant des cours en distanciel mais ne voyant pas leurs élèves, ainsi que la présence de forums étudiants mixtes avec possibilité que l’étudiante ne participe pas et camoufle son identité via un pseudo lors de la connexion. C’est-à-dire, à travers ces questions, est-ce qu’on peut avoir des cours à distance ? Mixtes ? Mixtes. L’enseignant, ça peut être un homme ou le contraire. C’est-à-dire que moi, je peux être un frère, imaginons, et la professeure, c’est une femme. Mais dans la room, comme là, on va dire qu’on est dans une room, il y a des hommes, des femmes, des élèves. Réponse  Oustadha : Si les professeurs sont des hommes, cela est permis tant qu’il y a une distance et qu’ils ne nous voient pas. Même quand tu parles avec un homme, il ne faut pas embellir sa voix ou parler avec complaisance. Cela n’est pas permis. L’interlocutrice : Donc, si elle a une question qu’elle ne comprend pas, elle peut la poser au professeur homme ? Oustadha : Oui, elle peut poser la question, tant qu’elle ne dit pas des choses comme « oui, moi » avec une intonation qui pourrait entraîner de la complaisance. L’interlocutrice : D’accord, je comprends. Oustadha : Exactement. L’interlocutrice : Et si je suis un frère et que la professeure n’est pas voilée, que dois-je faire ? Je ne mets que le son ? Oustadha : Oui, il faut seulement écouter le son, et elle doit baisser la caméra. Sinon, c’est interdit et considéré comme un péché. L’interlocutrice : Mais si nous, les femmes, nous voyons l’homme, est-ce que cela engage un péché ? Oustadha : Voilà. L’interlocutrice : Et la femme, elle ne doit pas regarder les hommes si elle les trouve attirants ? Oustadha : Oui, c’est suffisant. On doit préserver ce délice. L’interlocutrice : D’accord. Oustadha : Si elle a peur de ça, elle doit couper la caméra. De nos jours, avec le télétravail lié au Covid, les réunions se font souvent en ligne, depuis chez soi. L’interlocutrice : Oui, avec la mixité. Oustadha : Oui, la mixité est présente. Par exemple, dans une réunion où Jérôme parle avec Rachida. Si cette réunion est nécessaire, on peut la faire, mais en respectant certaines règles, notamment la façon de parler. L’interlocutrice : C’est nécessaire, oui. Oustadha : Oui, et dans ce cas aussi, la femme doit être voilée. L’interlocutrice : Bien sûr, c’est obligatoire. Oustadha : Donc, soit il n’y a pas de caméra et elle fait attention à sa façon de parler. Si son patron lui demande impérativement de parler, c’est une nécessité. Mais s’il existe un moyen d’éviter de parler directement avec un homme, par exemple par un autre média, c’est mieux. L’interlocutrice : Et si son patron lui oblige à allumer la caméra ? Oustadha : Dans ce cas, elle doit être voilée. L’interlocutrice : Voilée, sans maquillage, voilée vraiment. Oustadha : Oui, c’est interdit de faire autrement, comme si elle était face à lui. L’interlocutrice : Oui, exactement. Oustadha : Elle lui parle comme si elle était en face de lui, et la manière de parler doit être correcte aussi. Lorsqu’un homme regarde une femme, il commet un péché. Pour la femme, si elle regarde un homme qui ne l’attire pas, ce n’est pas un péché. Dans ce genre de situation de nécessité, on ne regarde pas un homme pour le plaisir. Par exemple, si je suis en voyage pour acheter quelque chose, je peux le voir parce que c’est nécessaire. Mais si je regarde les informations à la télé et qu’il y a un homme très beau, je dois éviter de le regarder. Par contre, si c’est un homme plus âgé ou qui ne m’attire pas, je peux regarder. Ce n’est pas pareil que pour les hommes. On regarde uniquement dans un but utile, pour comprendre. Regarder pour le plaisir est interdit. L’interlocutrice : D’accord, c’est pour éviter le délice. Oustadha : Oui, regarder un homme pour le plaisir, pour le délice, c’est interdit. L’interlocutrice : Oui, c’est ça. Par exemple, quand je regarde un portrait à la télévision ou un reportage, je le vois, mais ce n’est pas pour ça que je ressens du désir. Oustadha : Exactement, s’il n’y a pas de désir, ce n’est pas un problème. L’interlocutrice : D’accord, c’est bien clair.

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La Perception de la Douceur dans l’Adoration et son Acceptation par Allah

Question : Salam alaykoum. Est-ce que le fait de ne pas trouver de douceur dans l’adoration fait que celle-ci n’est pas acceptée par Allah ? Réponse : Oustadha : On ne peut pas dire que l’adoration n’est pas acceptée, car ce n’est pas à nous de décider cela. C’est Allah Seul qui décide. L’interlocutrice : Oui, mais parfois, on ressent une crainte ou un blocage dans l’adoration. Oustadha : C’est ce qu’on appelle le rokhoua, un apaisement spirituel. On trouve la douceur, même dans la salat, dans l’adoration. Par exemple, pendant le mois de Ramadan, on ressent cette douceur particulière. On est très proches d’Allah car généralement, il y a moins de péchés. L’interlocutrice : Oui, il y a moins de péché. Oustadha : Comme le disent les grands savants, Ramadan est un mois où tout le monde est très proche d’Allah. Le jeûne est une adoration, la prière aussi. On est alors loin des péchés et on ressent cette douceur. On est presque comme des anges, d’une certaine manière. Un compagnon a dit au Prophète (sallallahu alayhi wa sallam) : « Je suis un hypocrite. » Le Prophète lui a demandé pourquoi. Il a répondu : « Quand je suis avec toi dans le dars, c’est comme si nous étions des anges. Mais dès que je rentre chez moi, avec mes occupations, je change. » Le Prophète a dit : « Non, tu n’es pas un hypocrite. » Il a ajouté : « Si tu restais à la maison comme tu es à la mosquée, tu verrais comment les anges te serreraient la main. » L’interlocutrice : Serrer la main ? Oustadha : Oui, serrer la main. Le Prophète disait que si on restait dans cet état de piété à la maison, on serait tellement proches des anges qu’ils nous serreraient la main. Mais c’est normal que l’on change, car on est humains. À la maison, il y a les enfants, le mari, les responsabilités. Ce n’est pas pareil qu’à la mosquée. Ce n’est donc pas de l’hypocrisie, mais plutôt une forme de crainte ou de difficulté. Nous devons toujours chercher à faire toutes les causes pour maintenir cette douceur spirituelle toute notre vie, in sha’Allah. Comme le Prophète (sallallahu alayhi wa sallam) a dit à Bilal, lorsque Bilal faisait la salat, il prenait parfois beaucoup de temps, jusqu’à une heure, car il ressentait une grande douceur dans sa prière. Cette douceur l’amenait à prolonger son adoration. Dans tous les cas, nous devons faire toutes les causes possibles pour atteindre cette douceur spirituelle dans notre vie. Quant à savoir si Allah accepte ou non notre adoration, cela ne dépend pas de nous, mais d’Allah seul. C’est Lui qui accorde la guidée et la douceur dans le cœur. Pour la rediffusion, nous ferons de notre mieux, in shā’ Allah.

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La Gestion des Gaz Pendant la Prière

Question : Salam alaykoum. Que faire lorsque pendant la salat, il y a une envie de gaz ? Faut-il le retenir ou le laisser ? Faut-il le retenir ou laisser et refaire la salat ? Réponse :  Oustadha : Il vaut mieux arrêter la salat et la refaire ensuite. En effet, si tu pries alors que tu es gênée, tu ne pourras pas ressentir la douceur et la concentration dans ta prière. Le Prophète sallallahu alayhi wa sallam a dit, dans un hadith, que lorsque tu as préparé à manger et que tu as faim, si c’est l’heure de la prière, tu dois manger d’abord, même si tu es en retard, puis prier ensuite. De même, si tu as des gaz et que tu sens le besoin de les expulser, tu dois arrêter la prière. L’interlocutrice : Mais parfois, on n’a pas de gaz, on commence la prière, puis soudain on ressent une gêne. On dirait que c’est Shaytan qui vient troubler. Oustadha : Les gaz, c’est quand tu ressens une odeur ou entends un bruit. Parfois, ce n’est pas un gaz, c’est juste de l’air. En cas de doute, s’il n’y a ni odeur ni bruit, c’est un doute et ta prière reste valable. Il faut terminer la prière. L’interlocutrice : Une sœur demande : si l’envie de gaz arrive en plein milieu de la prière, par exemple à la deuxième rak‘ah, que faire ? Oustadha : Dans ce cas, il vaut mieux arrêter la prière et la refaire, car la prière doit se faire avec recueillement. Si cette gêne survient en cours de prière, il faut la refaire. L’interlocutrice : D’accord, c’est mieux comme ça. Je préfère ne pas prier en étant mal à l’aise, afin de ressentir la douceur. Oustadha : Exactement, il faut prier dans de bonnes conditions pour avoir la concentration et la douceur dans la prière. L’interlocutrice : Oui, ce n’est vraiment pas pareil autrement. Oustadha : Quelqu’un qui se prépare bien pour la salat, qui fait ses besoins, prend ses ablutions correctement et prie avec attention, ressentira la douceur de la prière. Alors que celui qui prie rapidement, comme après un effort physique, ce n’est pas vraiment la salat. L’interlocutrice : Par exemple, si je suis à la deuxième rak‘ah, que je sens un léger inconfort, mais que je décide de continuer quand même, c’est possible ? On verra comment ça évolue, tu vois ? Oustadha : Oui, c’est ça, parce que tu acceptes la situation. L’interlocutrice : Exactement, c’est ça. Oustadha : C’est pour ça que j’ai dit qu’il faut se préparer à la prière, pour pouvoir ressentir cette douceur. L’interlocutrice : Et si je décide de continuer malgré tout, est-ce que la prière sera acceptée ? Cheikh Al-Albani a dit que la prière serait valide, mais qu’il y aurait peut-être moins de récompenses. Est-ce vrai ? Oustadha : Oui, c’est ça. Mais il vaut toujours mieux se préparer comme le faisaient les compagnons. L’interlocutrice : Je te jure, parfois ça arrive soudainement, même quand on est bien préparée. C’est mieux quand on a le temps, de refaire la prière. Oustadha : C’est bien, et tu as une récompense pour cela, in sha’Allah. L’interlocutrice : Merci beaucoup, c’était très profitable. Merci d’avoir participé à cette session. Oustadha : Qu’Allah vous préserve et facilite pour tous ceux qui ont des difficultés. Qu’Il vous protège. Qu’Allah vous préserve.

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Vivre seule en internat pour apprendre la science religieuse

Question : Alors, malheureusement, je n’ai pas eu le temps de me renseigner, moi, sur l’école. Je crois que la sœur ne m’a pas écrit, mais on va essayer d’être générale. Oustadha, j’aimerais savoir s’il est permis à une femme de vivre seule, sans sa famille, père, mère, dans un internat pour femmes, dans le but d’apprendre la science religieuse. Je tiens à préciser que cette école a pour madhhab prépondérant, je vais y arriver, hanafite, je me suis renseignée avec une sœur qui a déjà fait deux ans de cursus et elle m’a dit que oui, le madhhab hanafite domine, mais il donne aussi l’avis des autres écoles. D’où ma question, j’ai peur de me perdre et de ne plus être sur la salafiya après ou quelque chose de similaire. L’inscription est facilitée, les cours sont dispensés juste à côté de l’internat et les mu’allimah veillent à ce que toutes les filles ne quittent pas l’internat. Il y a beaucoup de points positifs, alhamdulillah. Moi, j’avais contacté la sœur pour en savoir un peu plus sur l’école. Et après, le temps est passé. Réponse  Oustadha : Je réponds à cette question en posant plusieurs conditions. Premièrement, si tu dois rester seule dans un internat, il est obligatoire de voyager avec ton mahram (ton père, ton frère, etc.). C’est une obligation. Même s’il te laisse seule par la suite, le voyage initial doit être fait avec lui. La deuxième des choses, il faut savoir si cette école est salafiyyah. Même avec un frère, ce n’est pas grave. Généralement, ils donnent les autres madhahib ou l’avis qui est proche pour eux. Mais est-ce que cette école est salafiyyah ? Si elle n’est pas salafiyyah, ce n’est pas la peine de voyager ou de rester dans cette école. L’importance de l’école, c’est que les professeurs (‘alimîn) aient un bon manhaj et une bonne aqidah. C’est ça l’importance. Il ne faut pas se fier au fait qu’il y a une sœur là-bas. Il faut se renseigner sur l’école elle-même. Dans la religion, le madhhab est une question de fiqh (jurisprudence), mais l’aqidah, elle, doit être la même pour tout le monde. L’interlocutrice : Pour tout le monde, oui. Je le précise, l’aqidah. Oustadha : Le madhhab n’est pas le plus important. C’est l’aqidah qui est cruciale. Avant de partir, tu dois savoir qui sont les professeurs (mu’allimîn) de cette école. Ont-ils une bonne aqidah ? Ne sont-ils pas égarés ? Il faut poser ces questions. Je te réponds que globalement, tant qu’il s’agit des gens du manhaj (de la voie salafiyyah) et que les professeurs ne sont pas égarés, tu peux y rester, à condition d’avoir voyagé avec ton mahram. Si l’école enseigne des choses contraires à l’Islam, comme par exemple que le Hajj n’est pas une obligation, tu ne dois pas y aller. L’interlocutrice : C’est clair, alhamdulillah.

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Une demande de soutien financier pour une dette de riba

Question : Je suis une sœur non mariée vivant en France. Je ne travaille pas actuellement. Je perçois une aide de Pôle Emploi qui est censée prendre fin d’ici un mois. Il y a six ans, j’ai contracté un emprunt à la banque pour mes études. Je n’avais pas connaissance du jugement de riba en islam et je n’avais pas lu les preuves dans le Coran ni les hadiths. Je me repens auprès d’Allah pour cela. J’ai commencé à rembourser chaque mois il y a deux ans, prélèvement automatique. Aujourd’hui, il me reste encore 11 000 euros à rembourser sous forme de mensualité. Je crains que cela ne me freine dans mes recherches pour le zawaj. Sachant que 1. Il y a des frères qui refusent que leur épouse travaille. 2. Il y a des frères qui m’ont dit qu’ils ne peuvent pas accepter une épouse endettée car ils souhaitent se consacrer à l’étude de la science. Donc, financièrement, ce n’est pas possible pour eux de m’aider à rembourser ou assumer ma dette. 3. Il y a des frères déjà mariés qui cherchent une seconde épouse et qui ne peuvent pas prendre une seconde épouse endettée car cela les pousserait à se serrer la ceinture, même dans le premier foyer. Ma question, ai-je le droit de demander à des étudiants en sciences d’ouvrir une cagnotte et de faire appel à l’entraide dans la Ummah afin que des personnes fassent des dons pour m’aider à alléger ma dette, que ce soit des gens vivant en France ou des personnes aisées aux Émirats. Alhamdulillah, je suis en train de chercher du travail ici en France, car je n’aurai plus d’aide après le 5 août. Nous savons tous qu’il est difficile de trouver un emploi licite ici en France. Qu’Allah nous facilite. Amin. Jazakillah. Allah est le meilleur. Assalamu alaikum wa rahmatullahi wa barakatuh. Réponse :  Oustadha : Pour répondre à cette question, concernant les nombreuses dettes contractées à cause du riba (l’usure), il faut d’abord demander pardon à Allah Azza wa Jall. Mon conseil pour tout le monde est le suivant : avant d’agir, il faut toujours consulter les grands savants. Cependant, si l’acte a été commis par ignorance, cette sœur a le droit de demander pardon à Allah. L’interlocutrice : Deuxième point : a-t-elle le droit de demander de l’aide aux gens pour rembourser cette dette ? Oustadha : Les grands savants nous ont dit que demander de l’aide n’est pas autorisé pour tout le monde. Il y a des cas exceptionnels, par exemple, pour un commerçant qui a perdu son commerce. Mais dans le cas d’une dette, le Coran indique que ceux qui ont des dettes peuvent recevoir la zakat. Il est donc permis de solliciter la zakat pour alléger ces dettes. Il n’est pas autorisé de lancer une cagnotte ou un appel à l’aide en général, mais tu peux demander la zakat, et les gens te la donneront. C’est Allah qui te facilitera les choses. Elle a le droit de recevoir la zakat, mais pas de faire un appel à l’aide de manière générale. L’interlocutrice : C’est pas facile comme situation. Parce que les dettes augmentent. Après, pour faire le du’a, un frère vraiment généreux va accepter. Oustadha : Quelqu’un qui va, ce n’est pas elle, quelqu’un qui maintenant sait sa situation, on demande l’aide d’un frère qui est généreux, qui a de l’argent. Il peut lui demander, il donne une sadaqa ou une aumône, et là il va lui faciliter, qu’Allah te facilite.

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Une demande d’aide pour les dettes

Question : Juste par rapport à la question 2, la sœur qui a une dette de 11 000 euros. Il y a une autre sœur qui réagit, donc je ne vous aurais pas ignoré sa demande. Elle aussi, elle a des dettes, mais elle a demandé à un organisme français d’alléger ses dettes. Ce que toi, tu as dit, il ne faut pas demander aux gens, mais est-ce que demander à des associations, des organismes, c’est la même chose ? Réponse Oustadha : C’est la même chose. L’interlocutrice : D’accord. C’est de la demande. Oustadha : C’est la même chose, c’est de la demande. Et c’est interdit de demander. Parce que Cheikh Al-Islam Ibn Taymiyyah a dit qu’il y a des cas où c’est autorisé, comme pour un commerçant qui a perdu tout son commerce. Il s’appelle Jaiha. Dans ce cas, il peut demander. L’interlocutrice : Toi, tu parles de la nécessité absolue, en fait. Le fait de n’avoir plus aucun moyen… Oustadha : Oui. De nos jours, quelqu’un qui a besoin d’une opération très coûteuse, ça on peut dire, parce que c’est pour la santé, c’est grave. Mais dans les autres cas, c’est détestable. L’interlocutrice : Oui, parce que ce ne sont pas des situations où la personne ne va pas manger, ou ne va pas être soignée… Oustadha : Exactement. Cheikh Ibn Taymiyyah a expliqué trois choses. La première, c’est que quand on demande aux autres, aux riches, on « vend » quelque chose. On va lui demander, et peut-être qu’il ne veut pas te donner, mais comme il n’est pas timide pour toi, il va te donner. La deuxième chose, il a dit que celui qui demande s’humilie. La troisième chose, c’est très grave, c’est comme du shirk (associationnisme), parce que tu demandes à un être humain comme toi. Il ne faut pas faire de dettes pour demander. Dans les cas de nécessité, on peut le faire. Mais comme ça, on peut faire une annonce pour les dettes à l’attention des gens qui sont généreux. On l’aide, c’est bien, on l’aide. C’est des bonnes actions d’aider les autres, surtout pour les dettes. L’interlocutrice : Oui, bien sûr. Oustadha : Mon ami Sassouna a rencontré un compagnon qui était très triste à cause de ses dettes. Le compagnon lui a appris une invocation (du’a) à réciter. Non, il ne faut pas désespérer. Nous ferons une annonce pour l’aider. L’interlocutrice : Je connais plusieurs personnes qui ont été endettées, et nous-mêmes à un moment donné. Ça se facilite vraiment, mais souvent par des moyens que nous n’aurions jamais imaginés. Oustadha : C’est exactement cela. C’est une question de confiance et de certitude. Tu dois être absolument sûre qu’Allah Azza wa Jall t’ouvrira des portes. Il ne faut jamais désespérer. J’ai connu une sœur, masha’Allah, qui avait un cancer. Elle n’avait pas d’enfant et désirait en avoir un. Subhanallah, elle est tombée enceinte alors qu’elle était malade. Les médecins en Algérie lui avaient dit qu’elle ne pouvait pas garder l’enfant, que le bébé mourrait et qu’elle mourrait aussi. On lui avait dit de choisir entre elle et le bébé. Mais elle a refusé. Je lui ai dit : « Tu es folle ! » parce qu’elle était dans le domaine médical. Elle est partie en France et m’a raconté son histoire. Les médecins là-bas lui ont dit la même chose, qu’il fallait enlever le bébé. Mais elle a invoqué Allah. Elle m’a dit : « J’ai vu qu’il pleuvait, et quand il pleut, l’invocation est acceptée. Je ne savais pas. » Elle est sortie et a invoqué Allah en disant : « Je veux un bébé. Je t’en prie, protège-le. » Trois grands professeurs français lui ont dit que c’était impossible, mais le troisième a finalement accepté de la suivre. Elle m’a dit que quand elle allait à ses rendez-vous, elle posait la main sur son ventre et récitait le Coran. Elle a accouché sans aucun problème, et le bébé est en parfaite santé. Elle m’a dit que cette épreuve l’a beaucoup rapprochée d’Allah, car elle a compris qu’Allah fait ce qu’Il veut et qu’Il est plus fort que tout. Rien n’est impossible pour Lui. C’est un véritable miracle. L’interlocutrice : C’est la certitude, c’est ce qu’il faut avoir. Je vous remercie d’avoir assisté à cette session de questions-réponses. Ça faisait très longtemps et ça fait vraiment du bien. Je vais laisser Oustadha conclure, et je vous dis à très bientôt, Incha’Allah. Oustadha : Que Dieu vous préserve et préserve vos enfants. Qu’Allah vous facilite la hijra si vous en avez l’intention. Qu’Il préserve tous les enfants des musulmans et qu’Il facilite la situation de ceux qui ont des dettes. Salam alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh. L’interlocutrice : Salam alaykum wa rahmatullahi wa barakatuh.

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Les liens avec sa demi-soeur : Rompre ou garder ?

Question : J’ai une demi-sœur du côté de mon père. Lorsque j’étais adolescente, elle est venue accompagnée de ses copines pour nous voir. C’était la première fois. Mon père lui a demandé de revenir seule, mais elle n’a pas respecté. Et la dernière fois qu’elle est venue, elle a demandé 7 000 euros, agressivement, en reprochant à mon père de ne lui avoir rien fait pour elle et que c’était sa mère qui lui avait tout financé. Depuis, je ne l’ai plus vue, ça doit faire 13 ans ou plus. J’ai pris connaissance il y a quelques années du hadith du Prophète sur la rupture des liens du sang. J’ai donc parlé à ma mère afin que je puisse rentrer en contact avec ma demi-sœur, mais elle ne veut pas du tout et je n’arrive pas à la faire changer d’avis et mon père, ça ne l’intéresse pas. Est-ce que si je prends contact avec elle pour ne pas rompre les liens du sang, malgré que ma mère ne veut pas ? En gros, est-ce qu’elle peut prendre contact avec sa sœur alors que sa mère ne veut pas ? Si je prends contact avec elle, elle va forcément prendre contact avec mes parents et la relation entre mes parents n’est déjà pas bonne et cela va rajouter des problèmes. Je veux renouer contact avec elle pour ne pas faire partie des gens qui ont rompu les liens. Réponse  Oustadha : C’est une obligation de garder les liens avec ta sœur, ton oncle ou ta tante, même s’il y a des problèmes entre tes parents. Tu dois maintenir les liens et invoquer Allah Azza wa Jall pour que tes parents ne te fassent pas de mal. Prends de leurs nouvelles, même au téléphone. De cette façon, tu ne seras pas sous le coup du hadith qui condamne la rupture des liens familiaux. L’interlocutrice : Même si sa mère s’y oppose ? Oustadha : Oui, même si elle s’y oppose. Car il s’agit d’obéir à Allah Azza wa Jalla et au Prophète (Sallallahu Alayhi Wa Sallam). Comme le Prophète l’a dit, on n’obéit pas à une créature pour désobéir à Allah et à son Prophète. L’interlocutrice : Pour en revenir à la question précédente, une sœur demande comment on fait pour demander la zakat. Si une sœur éligible à la zakat connaît des personnes qui peuvent l’aider, peut-elle les contacter ? Ou a-t-elle le droit de faire une annonce, par exemple en disant : « Je suis éligible à la zakat » ? La demande ne doit pas venir directement d’elle, en fait. Oustadha : À ce stade, je pense qu’il y a des gens qui connaissent sa situation. Par exemple, parmi les sœurs qui nous écoutent, si certaines d’entre elles ont de la zakat à donner…Si les sœurs qui nous écoutent ont de la zakat à donner, elles devraient la donner à la sœur. Si elles n’en ont pas, elles peuvent demander à d’autres pour elle. En Algérie, c’est ainsi que l’on procède pour que la demande ne vienne pas directement de la personne en besoin, mais que ce soit l’entourage qui fasse l’effort d’aider. L’interlocutrice : Oui, c’est la bonne manière de faire. Oustadha : Soit nous donnons nous-mêmes si nous le pouvons, soit nous sollicitons des personnes riches et généreuses qui s’acquittent de la zakat. Elles en seront grandement récompensées par Allah, surtout pour une situation aussi difficile que celle des dettes. L’interlocutrice : D’accord. AKhawati, nous allons donc faire une annonce. Si vous avez de la zakat à donner, n’hésitez pas à me contacter. Nous ferons le nécessaire pour aider notre sœur, et que Dieu vous en récompense

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Les ablutions et les impuretés dans le linge

Question : Salam alaykoum. J’aimerais savoir si je mets dans la machine à laver du linge où il peut y avoir des impuretés. Par exemple, mon fils qui ne s’essuie pas après avoir fait pipi à l’école, donc quelques gouttes d’urine sur le slip, est-ce que le fait de laver le linge avec de la lessive peut quand même rendre les vêtements purs ? Car même en rinçant, il peut rester un peu de savon dans l’eau. Donc, j’effectue plusieurs rinçages, mais j’ai peur de gaspiller trop d’eau à cause de cela. Réponse :  Oustadha : Ne vous laissez pas envahir par le doute (waswas) concernant la pureté des vêtements. Dès que vous lavez du linge avec beaucoup d’eau et du savon, il devient pur, même s’il y avait de l’urine dessus. Les savants ont établi que l’eau devient impure uniquement si sa couleur, son odeur ou son goût change. Avec une machine à laver, il y a suffisamment d’eau pour que le linge redevienne pur. Il ne faut pas gaspiller de l’eau en rinçant de manière excessive. Même s’il reste un peu de savon, ce n’est pas un problème. On ne peut pas donner une quantité précise en litres, mais l’essentiel est que le rinçage soit fait correctement. L’interlocutrice : C’est vrai. Moi, ce que je fais, surtout avec les vêtements de mes enfants, c’est que j’utilise le mode « prélavage » sur la machine. Ça dure dix minutes de plus, mais ça m’enlève tout doute et ça me rassure.

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