Le statut des ablutions quand une substance grasse ou de la colle adhère à un membre
Savant citéCheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (24)
- 5 min de lecture
- Texte arabe et traduction
- Lire la traduction

Question arabe
هل يصحُّ الوضوءُ إذا كان على اللحية أو على أحَدِ الأعضاءِ دُهْنٌ زيتيٌّ أو غراءٌ؟ أفتونا مأجورين.
Réponse arabe
الحمد لله ربِّ العالمين، والصلاةُ والسلام على مَنْ أرسله الله رحمةً للعالمين، وعلى آله وصحبِه وإخوانِه إلى يوم الدِّين، أمَّا بعد: فالأصلُ في جميع الأعضاء المأمورِ بغَسْلها أو المسحِ عليها أَنْ يَتحقَّقَ وصولُ الماء إليها؛ الأمرُ الذي يستدعي إزالةَ ما يحول بينها وبين وصول الماء إلى البشرة؛ لقوله تعالى: ﴿يَٰٓأَيُّهَا ٱلَّذِينَ ءَامَنُوٓاْ إِذَا قُمۡتُمۡ إِلَى ٱلصَّلَوٰةِ فَٱغۡسِلُواْ وُجُوهَكُمۡ وَأَيۡدِيَكُمۡ إِلَى ٱلۡمَرَافِقِ وَٱمۡسَحُواْ بِرُءُوسِكُمۡ وَأَرۡجُلَكُمۡ إِلَى ٱلۡكَعۡبَيۡنِ﴾ [المائدة: ٦]. والدُّهْنُ أو الغراءُ إِنْ كَوَّنَ كُلٌّ منهما طبقةً جامدةً على مَحَلِّ الوضوء والمسحِ فالواجبُ ـ لتصحيحِ الوضوء ـ إزالتُهُ؛ لأنه يمنع نفاذَ الماء إلى محلِّ الفرض. أمَّا إذا بقي الدهنُ أو الغراءُ عالقًا بالعضو محلِّ الفرض، وشقَّ عليه إزالتُه وتَعذَّرَ في الحال، وخشي فواتَ الصلاة؛ فتصحُّ الطهارةُ عليه والصلاةُ به؛ لقوله تعالى: ﴿لَا يُكَلِّفُ ٱللَّهُ نَفۡسًا إِلَّا وُسۡعَهَا﴾ [البقرة: ٢٨٦]، ولقوله تعالى: ﴿فَٱتَّقُواْ ٱللَّهَ مَا ٱسۡتَطَعۡتُمۡ﴾ [التغابن: ١٦]، ولقوله صلَّى الله عليه وسلَّم: «فَإِذَا أَمَرْتُكُمْ بِشَيْءٍ فَأْتُوا مِنْهُ مَا اسْتَطَعْتُمْ»(١). أمَّا إِنْ بقي أثرُ الدُّهْنِ أو الغراء خفيفًا لا يمنع مِنْ وصول الماء إلى البشرة فلا يَلْزَمُ إزالتُه لتصحيح الطهارة. وتقريرُ هذا التفريقِ بِحَمْلِ أثرِ الدهن غيرِ المانع مِنْ وصول الماء على خاتم النبيِّ صلَّى الله عليه وسلَّم، حيث إنه لم يُنْقَلْ عنه أنه نَزَعَهُ عند الوضوء أو حرَّكهُ في أثنائه؛ فَعُلِمَ أنه لا يَلْزَمُ إزالةُ ما لا يَمْنَعُ مِنْ وصول الماء إلى مواضع الطهارة. هذا، وتتميمًا للفائدة فإنه يُفَرَّقُ بين اللحية الكثيفة التي تستر البشرةَ وبين الخفيفةِ في الوضوء؛ فإنه لا يجب غَسْلُ اللحيةِ الكثيفة إلَّا ظاهِرَها فقط، بخلاف الخفيفة فإنه يجب غَسْلُها أو غَسْلُ ما تحتها. وهذا التفريقُ غيرُ مُعْتَبَرٍ في الغُسْلِ مِنَ الجنابة فيجب فيها إيصالُ الطَّهور إلى ما تحت اللحية ولو اختلفَتْ صفتُها مِنْ كثيفةٍ أو خفيفةٍ. أمَّا في طهارة التيمُّم فلا يجب إيصالُ الطَّهور إلى ما تحت الشَّعر ـ مطلقًا ـ خفيفًا كان أو كثيفًا. والعلم عند الله تعالى، وآخِرُ دعوانا أنِ الحمدُ لله ربِّ العالمين، وصلَّى الله على نبيِّنا محمَّدٍ وعلى آله وصحبِه وإخوانِه إلى يوم الدِّين، وسلَّم تسليمًا. الجزائر في: ١٩ مِنْ ذي القعدة ١٤٢٧ﻫ الموافق ﻟ: ١٠ ديسمبر ٢٠٠٦م (١) هو جزءٌ مِنْ حديثٍ مُتَّفَقٍ عليه: أخرجه البخاريُّ في «الاعتصام بالكتاب والسنَّة» باب الاقتداء بسنن رسول الله صلَّى الله عليه وسلَّم (٧٢٨٨)، ومسلمٌ في «الحجِّ» (١٣٣٧)، مِنْ حديثِ أبي هريرة رضي الله عنه.
Traduction française de la question
Les ablutions sont-elles valides lorsqu'il y a, sur la barbe ou sur l'un des membres, une substance grasse huileuse ou de la colle ? Donnez-nous votre avis, et qu'Allah vous récompense.
Traduction française de la réponse
Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qu'Allah a envoyé comme miséricorde pour les mondes, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution. Cela dit :
Le principe, pour tous les membres qu'il est ordonné de laver ou d'essuyer, est qu'il faut s'assurer que l'eau y parvienne. Cela impose d'enlever ce qui empêche l'eau d'atteindre la peau. La preuve en est la parole du Très-Haut : « Ô vous qui avez cru ! Lorsque vous vous levez pour la prière, lavez vos visages et vos mains jusqu'aux coudes, passez les mains mouillées sur vos têtes, et lavez vos pieds jusqu'aux chevilles » (sourate Al-Mâ'ida, verset 6).
Quant à la substance grasse ou à la colle : si l'une ou l'autre forme une couche solide sur l'endroit à laver ou à essuyer lors des ablutions, il est obligatoire de l'enlever pour que les ablutions soient valides. En effet, cette couche empêche l'eau de pénétrer jusqu'à la partie dont la purification est obligatoire.
En revanche, si la substance grasse ou la colle reste attachée au membre concerné par l'obligation, qu'il soit difficile pour la personne de l'enlever, que cela lui soit impossible sur le moment et qu'elle craigne de manquer la prière, alors la purification faite par-dessus est valide, et la prière accomplie avec elle l'est aussi. La preuve en est la parole du Très-Haut : « Allah n'impose à aucune âme une charge supérieure à sa capacité » (sourate Al-Baqara, verset 286), ainsi que Sa parole : « Craignez donc Allah autant que vous le pouvez » (sourate At-Taghâbun, verset 16), et la parole du Prophète ﷺ : « Lorsque je vous ordonne une chose, accomplissez-en ce que vous pouvez »(1).
Et s'il ne reste de la substance grasse ou de la colle qu'une légère trace qui n'empêche pas l'eau d'atteindre la peau, il n'est pas obligatoire de l'enlever pour que la purification soit valide. Cette distinction se justifie en rattachant, par analogie, la trace de substance grasse qui n'empêche pas l'eau de parvenir à la peau au cas de la bague du Prophète ﷺ. En effet, il n'a pas été rapporté de lui qu'il l'ôtait lors des ablutions, ni qu'il la faisait bouger pendant celles-ci. On en déduit qu'il n'est pas obligatoire d'enlever ce qui n'empêche pas l'eau d'atteindre les parties à purifier.
Par ailleurs, pour que le bénéfice de cette réponse soit complet : dans les ablutions, on distingue entre la barbe épaisse, qui cache la peau, et la barbe clairsemée. Pour la barbe épaisse, il n'est obligatoire de laver que sa surface apparente. À l'inverse, pour la barbe clairsemée, il est obligatoire de la laver, ou de laver ce qui se trouve en dessous.
Cette distinction n'est pas prise en compte dans le ghusl (grand lavage rituel) consécutif à la janâba (état d'impureté majeure). Il est alors obligatoire de faire parvenir l'eau purificatrice jusque sous la barbe, que celle-ci soit épaisse ou clairsemée. Quant à la purification par le tayammum (purification sèche), il n'est pas du tout obligatoire de faire parvenir l'élément purificateur sous les poils, qu'ils soient clairsemés ou épais.
La science exacte est auprès d'Allah le Très-Haut. Notre dernière invocation est : louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah prie sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.
Alger, le 19 Dhû al-Qi'da 1427 H, correspondant au 10 décembre 2006.
(1) Il s'agit d'une partie d'un hadith muttafaq 'alayh (rapporté à la fois par Al-Bukhârî et Muslim) : Al-Bukhârî l'a rapporté dans le livre « L'attachement au Livre et à la Sunna » (Al-I'tisâm bil-Kitâb was-Sunna), chapitre : « Suivre les traditions du Messager d'Allah ﷺ » (7288), et Muslim dans le livre « Le pèlerinage » (Al-Hajj) (1337), d'après le hadith d'Abû Hurayra, qu'Allah l'agrée.
Classé dans











