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Le rattrapage du jeûne après une grossesse ou un allaitement

Savant cité‘Abd Al-‘Azîz ibn ‘Abd Allah Ibn Bâzfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (135)

Illustration de l'article « Le rattrapage du jeûne après une grossesse ou un allaitement »

Question arabe

حينما كنت حاملا بمولودي الأول وذلك قبل تسع سنوات سألت أحد الإخوة ممن يدعو لمنهج السلف عن ماذا أفعل وقد دخل علينا شهر رمضان ولا أستطيع الصوم لظروف الحمل؟ فأجابني أن لا صوم علي مستدلا بالحديث: (( وضع شطر الصلاة عن المسافر ووضع الصوم عن الحامل والمرضع (١) )) ، وأيضا ليس هناك جزاء وأصبحت لا أصوم حينما أكون حاملا أو مرضعا ولمدة أربع سنوات أي إلى مولودي الرابع وبعدها سمعت من أحد الإخوة أن على أمثالي الجزاء فقط مستدلا بالأثر أن ابن عباس رأى أم ولد له مرضعا فقال لها: أنت من الذين يطيقونه، عليك الجزاء وليس عليك القضاء، فأخذت مبلغا من المال لأطعم جزاء به عن الأربعة أشهر التي علي من رمضان، ولكن يا فضيلة الشيخ سمعت من برنامج (نور على الدرب) من أحد العلماء الأفاضل أن على أمثالي القضاء، ولو تأخر القضاء تكون معه كفارة فماذا أفعل يا فضيلة الشيخ ورمضان على الأبواب لو قدر لنا الحياة. ومواعيد وضعي قبله بأيام وسيكون الشهر الخامس دينا علي وسؤالي ما صحة ما ذكر الإخوة من الحديث والأثر ولو أدركني الموت قبل قضاء المائة والخمسين يوما التي علي هل أكون آثمة بذلك؟ أرجو الإفادة ليطمئن قلبي جزاكم الله خيرا ثم إنني وضعت من المال بنية الإطعام وجاءنا أحد الإخوة في الله عابر سبيل نفذ ما عنده من المال فأعطيته إياه بنية كفارة الفطر فهل يصح عملي هذا أم أطعم؟ أفيدوني جزاكم الله خيرا (١) .

Réponse arabe

الصواب في هذا أن على الحامل والمرضع القضاء، وما يروى عن ابن عباس وابن عمر أن على الحامل والمرضع الإطعام هو قول مرجوح مخالف للأدلة الشرعية، والله سبحانه يقول: {وَمَنْ كَانَ مَرِيضًا أَوْ عَلَى سَفَرٍ فَعِدَّةٌ مِنْ أَيَّامٍ أُخَرَ} (٢) والحامل والمرضع تلحقان بالمريض وليستا في حكم الشيخ الكبير العاجز بل هما في حكم المريض فتقضيان إذا استطاعتا ذلك ولو تأخر القضاء، وإذا تأخر القضاء مع العذر الشرعي فلا إطعام بل قضاء فقط، أما إذا تساهلت الحامل أو المرضع ولم تقض مع القدرة فعليها مع القضاء الإطعام إذا جاءها رمضان الآخر ولم تقضها تساهلا وتكاسلا، فعليها القضاء مع الإطعام، أما إذا كان التأخير من أجل الرضاعة أو الحمل لا تكاسلا فإن عليها القضاء فقط ولا إطعام، وما أنفقت من الإطعام فهو في سبيل الله ولك أجره، ويكفي عن الإطعام الواجب في القضاء إذا كنت تساهلت في القضاء، وعليك القضاء، تصومين حسب الطاقة ولا يلزمك التتابع، تصومين وتفطرين حتى تكملي ما عليك إن شاء الله والله في عون العبد وتوفيقه - سبحانه- إذا صدق العبد وأخلص لله واستعان به فالله يعينه ويسهل له القضاء، فأبشري بالخير واستعيني بالله واصدقي، والله هو المعين والموفق سبحانه وتعالى

(١) سنن الترمذي الصوم (٧١٥) ، سنن النسائي الصيام (٢٢٧٥) ، سنن أبو داود الصوم (٢٤٠٨) ، سنن ابن ماجه الصيام (١٦٦٧) ، مسند أحمد بن حنبل (٥/٢٩) .

(١) من برنامج (نور على الدرب) الشريط السابع عشر.

(٢) سورة البقرة الآية ١٨٥

Traduction française de la question

Lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant, il y a neuf ans, j’ai demandé à un frère qui appelle à la voie des pieux prédécesseurs ce que je devais faire : le mois de Ramadan avait commencé et je ne pouvais pas jeûner en raison de ma grossesse. Il m’a répondu que le jeûne ne m’incombait pas, en invoquant ce hadith :

« Le voyageur est dispensé de la moitié de la prière, et la femme enceinte ainsi que celle qui allaite sont dispensées du jeûne. » [1]

Il m’a également dit qu’aucune compensation ne m’incombait. J’ai donc cessé de jeûner lorsque j’étais enceinte ou que j’allaitais, et cela pendant quatre ans, jusqu’à mon quatrième enfant. Ensuite, j’ai entendu un autre frère dire que les femmes dans ma situation devaient uniquement une compensation. Il invoquait le récit selon lequel Ibn ‘Abbâs avait vu une esclave qui lui avait donné un enfant et qui allaitait, et lui avait dit : « Tu fais partie de ceux qui peuvent le supporter. Tu dois une compensation, et non un rattrapage. »

J’ai donc réservé une somme d’argent afin de donner de la nourriture en compensation des quatre mois de Ramadan qui restaient à ma charge. Mais, honorable cheikh, j’ai entendu dans l’émission Nûr ‘alâ Ad-Darb l’un des éminents savants dire que les femmes dans ma situation devaient rattraper les jours non jeûnés et, si elles tardaient à le faire, y ajouter une expiation. Que dois-je donc faire, honorable cheikh ? Ramadan approche, si la vie nous est accordée jusque-là, et mon accouchement est prévu quelques jours avant son début. Un cinquième mois restera alors à ma charge.

Ma question est la suivante : quelle est l’authenticité du hadith et du récit mentionnés par ces frères ? Si la mort me surprenait avant que j’aie rattrapé les cent cinquante jours que je dois, serais-je coupable d’un péché ? Je vous prie de me répondre afin que mon cœur soit rassuré. Qu’Allah vous récompense en bien.

Par ailleurs, j’avais mis de l’argent de côté avec l’intention de donner de la nourriture. Un frère en Allah, de passage et à court d’argent, est venu nous voir. Je lui ai donné cet argent avec l’intention de m’acquitter de l’expiation pour les jours non jeûnés. Cela est-il valable, ou dois-je donner de la nourriture ? Renseignez-moi, qu’Allah vous récompense en bien. [2]

Traduction française de la réponse

L’avis correct est que la femme enceinte et celle qui allaite doivent rattraper les jours non jeûnés. L’avis rapporté d’Ibn ‘Abbâs et d’Ibn ‘Umar selon lequel elles doivent donner de la nourriture n’est pas prépondérant et contredit les preuves religieuses. Allah — glorifié soit-Il — dit, selon le sens du verset :

« Et quiconque est malade ou en voyage devra jeûner un nombre égal d’autres jours. » [3]

La femme enceinte et celle qui allaite sont assimilées au malade. Elles ne relèvent pas du cas de la personne très âgée incapable de jeûner, mais de celui du malade. Elles rattrapent donc lorsqu’elles en sont capables, même si ce rattrapage est tardif. Si le retard est dû à une excuse religieusement valable, elles n’ont pas à donner de nourriture : seul le rattrapage leur incombe.

En revanche, si la femme enceinte ou celle qui allaite a fait preuve de négligence et n’a pas rattrapé alors qu’elle en avait la capacité, elle doit donner de la nourriture en plus du rattrapage lorsque le Ramadan suivant arrive sans qu’elle ait rattrapé, par négligence et par paresse. Elle doit alors rattraper et donner de la nourriture. Mais si le retard est dû à l’allaitement ou à la grossesse, et non à la paresse, seul le rattrapage lui incombe, sans nourriture à donner.

Ce que tu as dépensé à titre de nourriture est dans le sentier d’Allah et tu en auras la récompense. Cela suffit pour la nourriture obligatoire qui accompagne le rattrapage si tu as fait preuve de négligence en tardant à rattraper. Tu dois toutefois rattraper les jours non jeûnés. Jeûne selon ta capacité ; tu n’es pas tenue de le faire pendant des jours consécutifs. Tu peux jeûner certains jours et ne pas jeûner d’autres jours, jusqu’à t’acquitter de tous les jours que tu dois, si Allah le veut.

Allah — glorifié soit-Il — aide Son serviteur et lui accorde la réussite. Si le serviteur se montre véridique, agit sincèrement pour Allah et sollicite Son aide, Allah l’aide et lui facilite le rattrapage. Aie donc bon espoir, demande l’aide d’Allah et fais preuve de sincérité. C’est Allah qui aide et accorde la réussite — glorifié et exalté soit-Il.

[1] Sunan At-Tirmidhî, livre du jeûne, n° 715 ; Sunan An-Nasâ’î, livre du jeûne, n° 2275 ; Sunan Abî Dâwûd, livre du jeûne, n° 2408 ; Sunan Ibn Mâjah, livre du jeûne, n° 1667 ; Musnad Ahmad ibn Hanbal, t. 5, p. 29.

[2] Tiré de l’émission Nûr ‘alâ Ad-Darb, cassette n° 17.

[3] Al-Baqara, 2:185.

Savant / institution : ‘Abd Al-‘Azîz ibn ‘Abd Allah Ibn Bâz

Source : Majmû‘ Fatâwâ Ibn Bâz, t. 15, p. 225–228, n° 62 ; Nûr ‘alâ Ad-Darb, cassette n° 17

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