Le statut de la natation pour le jeûneur pendant le Ramadan
Savant citéCheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (24)
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Question arabe
ما حكمُ السباحةِ للصائمِ في رمضانَ؟ وجزاكم الله خيرًا.
Réponse arabe
الحمد لله ربِّ العالمين، والصلاةُ والسلام على مَنْ أرسله الله رحمةً للعالمين، وعلى آله وصحبِه وإخوانِه إلى يوم الدِّين، أمَّا بعد: فالسباحةُ ـ في حدِّ ذاتِها ـ ليسَتْ مِنْ مُفَطِّرَاتِ الصِّيام، فهي في حكمِ عمومِ الاغتسالِ للصائم، سواءٌ اغتسل داخِلَ الحمَّامِ أو في بِرْكةٍ أو حوضٍ ونحوِ ذلك، ولو كان غرضُه التبرُّدَ فقط؛ وقد أَطْلَقَ البخاريُّ ـ رحمه الله ـ في تبويبِه: «باب اغتسال الصائمِ» ليَشْمَلَ الأغسالَ المسنونةَ والواجبةَ والمُباحةَ(١)؛ ويدلُّ على الغُسْلِ المُباحِ الأصلُ المُبيحُ والآثارُ الموقوفةُ، منها: أثرُ أنسِ بنِ مالكٍ رضي الله عنه أنه قال: «إِنَّ لِي أَبْزَنَ إِذَا وَجَدْتُ الْحَرَّ تَقَحَّمْتُ فِيهِ وَأَنَا صَائِمٌ»(٢)؛ قال ابنُ حجرٍ ـ رحمه الله ـ: «الأَبْزَنُ ـ بفتح الهمزة وسكونِ الموحَّدة وفتحِ الزاي بعدها نونٌ ـ: حجرٌ منقورٌ شِبْهُ الحوضِ، وهي كلمةٌ فارسيَّةٌ؛ ولذلك لم يَصْرِفْه... وكأنَّ الأَبْزَنَ كان مَلْآنَ ماءً، فكان أنسٌ إذا وَجَدَ الحرَّ دَخَلَ فيه يتبرَّد بذلك»(٣). وللسباحةِ هذا الحكمُ مِنَ الجوازِ إِنْ أَمِنَتْ مَحَالُّهَا مِنْ رؤيةِ المُنْكَراتِ التي تقترن بها ـ غالبًا ـ مِنْ مَظاهِرِ العُرْيِ وكشفِ العَوْرَاتِ والنظرِ إلى المحرَّماتِ، وإلَّا فإنها تُحَرَّمُ لهذه العوارضِ لا لِذَاتِها. هذا، فإِنْ كان سبَّاحًا يسترزق مِنْ عملِه بالغوصِ ـ سواءٌ في إصلاحِ البواخرِ وتلحيمِها أو لغرضٍ آخَرَ ـ ووَافَقَ عملُه الغوصَ في شهرِ رمضانَ؛ فالواجبُ التحفُّظُ مِنْ تسرُّبِ الماءِ إلى جوفِه؛ فإِنْ سَبَقَ الماءُ إلى حَلْقِه عن طريقِ الفمِ أو الأنفِ مِنْ غيرِ تفريطٍ منه ولا قَصْدٍ فصيامُه صحيحٌ مِنْ غيرِ كراهةٍ. أمَّا إِنْ كان غوصُه في الماءِ والسباحةُ فيه للترفيهِ عنِ النفسِ أو للتبرُّدِ أو للرياضةِ أو للعبثِ والإسراف، دون دوافعِ الحاجةِ مِنْ عملٍ أو استرزاقٍ أو إنقاذٍ ونحوِها؛ فإِنْ كان سبَّاحًا لا يخاف دخولَ الماءِ إلى حَلْقِه بحيث يَضْمَنُ الحفاظَ على صيامِه جازَ له ذلك كما تقدَّم في تقريرِ الأصلِ السابق. أمَّا إِنْ كان سبَّاحًا يخافُ أَنْ يتعرَّضَ بالسباحةِ إلى إيصالِ الماءِ إلى حَلْقِه فلا تجوز في حقِّه السباحةُ؛ لقوله صَلَّى اللهُ عليه وسَلَّم لِلَقِيطِ بْنِ صَبِرَةَ رضي الله عنه: «وَبَالِغْ فِي الِاسْتِنْشَاقِ إِلَّا أَنْ تَكُونَ صَائِمًا»(٤). وفي كِلْتَا الحالتين: عند الخوفِ مِنْ دخولِ الماءِ إلى حَلْقِه أو عند الأمنِ منه: إِنْ حَصَلَ وأَنْ سَبَقَ الماءُ إلى جوفِه مِنْ غيرِ اختيارٍ منه ولا قصدٍ فإنَّ صيامَه صحيحٌ مع الكراهة؛ خلافًا لِمَا عليه الجمهورُ مِنْ إبطالِ صومِه وإلزامِه بالقضاء. وإنَّما صحَّ صيامُه لشَبَهِه بدخولِ غبارِ الطريقِ أو غربلةِ الدقيقِ إلى جوفِه، أو طيرانِ ذبابةٍ إلى حَلْقِه، وبهذا فارَقَ المتعمِّدَ(٥). وتَقرَّر حكمُ الكراهةِ في حقِّه لأنَّ دوافعَ سباحتِه في رمضانَ ليسَتْ حاجيَّةً أو ضروريَّةً؛ فيُكْرَهُ له خوفًا مِنْ دخولِ الماءِ إلى حَلْقِه، وقد كَرِهَ الحسنُ والشعبيُّ أَنْ ينغمسَ في الماءِ خوفًا أَنْ يَدْخُلَ في مَسَامِعِه(٦)؛ ولئلَّا يَدَعَ نَفْسَه عُرْضَةً لاختلافِ العلماءِ في حكمِه، خاصَّةً فيما فيه عبثٌ وإسرافٌ مِنْ غيرِ حاجةٍ أو ضرورةٍ. هذا، وعلى الصائمِ أَنْ يغتنمَ شَهْرَ رمضانَ فيُقْبِلَ فيه على العباداتِ والطاعاتِ والقُرُباتِ، وينتهِيَ عن جميعِ المُخالَفاتِ والمُنْكَراتِ والمنهيَّات، وأَنْ يَحْرِصَ على ما ينفعُه في مَعاشِه ومَعادِه، فيسعى ليستفيدَ مِنْ وقتِه فيما يُحِبُّه اللهُ ويرضاه، ويصونَ نَفْسَه عنِ اللهوِ واللعبِ والهَزْلِ والعَبَثِ وما يُخِلُّ بالمروءة، وغيرِها مِنَ الأفعالِ التي يَحْسُن تَرْكُها في رمضانَ وغيرِه لِمَا فيها مِنْ تضييعِ العُمُرِ في غيرِ ما خُلِقَ مِنْ أَجْلِه. والعلم عند الله تعالى، وآخِرُ دعوانا أنِ الحمدُ لله ربِّ العالمين، وصلَّى الله على نبيِّنا محمَّدٍ وعلى آله وصحبِه وإخوانِه إلى يوم الدِّين، وسلَّم تسليمًا. الجزائر في: ٠٧ شعبان ١٤٣١ﻫالموافـق ﻟ: ١٩ يولـيو ٢٠١٠م (١) انظر: «فتح الباري» لابن حجر (٤/ ١٥٣). (٢) علَّقه البخاريُّ في «الصوم» بابُ اغتسالِ الصائم (٤/ ١٥٣)، قال ابنُ حجرٍ في «فتح الباري» (٤/ ١٥٤): «وَصَلَه قاسم بنُ ثابتٍ في «غريب الحديث» له». (٣) «فتح الباري» لابن حجر (٤/ ١٥٤). (٤) أخرجه أبو داود في «الطهارة» بابٌ في الاستنثار (١٤٢) وفي «الصوم» باب الصائمِ يصبُّ عليه الماءَ مِنَ العطش ويُبالِغُ في الاستنشاق (٢٣٦٦)، والترمذيُّ في «الصوم» بابُ ما جاء في كراهِيَةِ مُبالَغةِ الاستنشاق للصائم (٧٨٨)، والنسائيُّ في «الطهارة» باب المبالَغة في الاستنشاق (٨٧)، وابنُ ماجه في «الطهارة» باب المبالَغة في الاستنشاق والاستنثار (٤٠٧)، مِنْ حديثِ لقيط بنِ صَبِرةَ رضي الله عنه. وصحَّحه الألبانيُّ في «الإرواء» (٤/ ٨٥) رقم: (٩٣٥). (٥) انظر: «المغني» لابن قدامة (٣/ ١٠٨ ـ ١٠٩)، «المجموع» للنووي (٦/ ٣٢٦). (٦) انظر: «المغني» لابن قدامة (٣/ ١٠٩).
Traduction française de la question
Quel est le statut de la natation pour le jeûneur pendant le Ramadan ? Qu'Allah vous récompense par le bien.
Traduction française de la réponse
Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qu'Allah a envoyé en miséricorde pour les mondes, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution. Cela dit :
La natation, en elle-même, ne fait pas partie des choses qui rompent le jeûne. Elle relève du statut général du bain pour le jeûneur, qu'il se lave dans la salle de bain, dans un bassin, dans une cuve ou dans un endroit semblable, et même si son seul but est de se rafraîchir. Al-Bukhârî, qu'Allah lui fasse miséricorde, a d'ailleurs donné à l'un de ses chapitres un intitulé général : « Chapitre du bain du jeûneur », afin d'englober les bains recommandés par la Sunna, les bains obligatoires et les bains simplement permis (1).
Le bain simplement permis est justifié par le principe de base, qui est la permission, ainsi que par des récits rapportés des Compagnons (âthâr mawqûfa). Parmi eux figure le récit d'Anas ibn Mâlik, qu'Allah l'agrée, qui a dit : « J'ai un abzan ; lorsque je ressens la chaleur, je m'y plonge alors que je jeûne » (2). Ibn Hajar, qu'Allah lui fasse miséricorde, a dit : « L'abzan — avec une fatha sur la hamza, un sukûn sur le bâ' et une fatha sur le zây, suivi d'un nûn — est une pierre creusée semblable à un bassin. C'est un mot persan ; c'est pourquoi il ne l'a pas décliné... Il semble que l'abzan était rempli d'eau : lorsqu'Anas ressentait la chaleur, il y entrait pour se rafraîchir » (3).
La natation a ce même statut de permission si les lieux où elle se pratique sont préservés des actes blâmables qui l'accompagnent le plus souvent et que l'on y voit : manifestations de nudité, découverte des parties intimes ('awra) et regards portés sur ce qui est interdit. Sinon, elle est interdite à cause de ces éléments qui s'y ajoutent, et non en elle-même.
Cela étant, si la personne est un nageur qui gagne sa vie par un travail de plongée — que ce soit pour réparer et souder des navires ou dans un autre but — et que son travail de plongée tombe pendant le mois de Ramadan, il lui est obligatoire de se prémunir contre l'infiltration de l'eau à l'intérieur de son corps. Si l'eau atteint malgré lui sa gorge par la bouche ou par le nez, sans négligence ni intention de sa part, son jeûne est valide, sans que cela soit détestable.
En revanche, si sa plongée et sa nage dans l'eau ont pour but de se divertir, de se rafraîchir ou de faire du sport, ou bien relèvent du jeu futile et de l'excès, sans motif de besoin comme le travail, le gagne-pain, le sauvetage ou autre chose de semblable : s'il est un nageur qui ne craint pas que l'eau entre dans sa gorge, de sorte qu'il est assuré de préserver son jeûne, cela lui est permis, comme on l'a vu dans l'exposé du principe précédent. Mais s'il est un nageur qui craint, en nageant, de s'exposer à ce que l'eau parvienne à sa gorge, la natation ne lui est pas permise. La preuve en est la parole du Prophète ﷺ à Laqît ibn Sabira, qu'Allah l'agrée : « Et exagère dans l'aspiration de l'eau par le nez (istinshâq), sauf si tu jeûnes » (4).
Dans les deux cas, qu'il craigne que l'eau entre dans sa gorge ou qu'il en soit à l'abri, si l'eau parvient à l'intérieur de son corps sans choix ni intention de sa part, son jeûne est valide, mais avec un caractère détestable (karâha). Cet avis va à l'encontre de celui de la majorité des savants, qui considèrent que son jeûne est annulé et qu'il doit le rattraper. Si son jeûne est valide, c'est uniquement parce que ce cas ressemble à la poussière de la route ou à la poussière de la farine tamisée qui pénètre à l'intérieur du corps, ou à une mouche qui s'envole jusque dans la gorge. C'est par là qu'il se distingue de celui qui agit délibérément (5).
Le caractère détestable a été retenu dans son cas parce que les motifs de sa nage pendant le Ramadan ne relèvent ni du besoin ni de la nécessité. La nage lui est donc détestable, par crainte que l'eau n'entre dans sa gorge. Al-Hasan et Ach-Cha'bî ont d'ailleurs jugé détestable que le jeûneur s'immerge dans l'eau, de peur qu'elle n'entre dans ses oreilles (6). Cela lui est aussi détestable afin qu'il ne s'expose pas à la divergence des savants sur le statut de son cas, surtout lorsqu'il s'agit de jeu futile et d'excès, sans besoin ni nécessité.
Cela dit, le jeûneur doit saisir l'occasion du mois de Ramadan pour s'y consacrer aux actes d'adoration, aux actes d'obéissance et aux œuvres qui rapprochent d'Allah. Il doit s'abstenir de toutes les transgressions, de tous les actes blâmables et de tout ce qui est interdit. Il doit aussi veiller à ce qui lui est profitable dans sa vie d'ici-bas et dans son retour vers l'au-delà. Il s'efforce ainsi de mettre son temps à profit dans ce qu'Allah aime et agrée. Il se préserve du divertissement, du jeu, de la plaisanterie, de la futilité et de ce qui porte atteinte à la dignité (murû'a), ainsi que des autres actes qu'il est bon de délaisser, pendant le Ramadan comme en dehors. En effet, ces actes font perdre la vie dans autre chose que ce pour quoi elle a été créée.
La science exacte est auprès d'Allah le Très-Haut. Notre dernière invocation est : louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah prie sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.
Alger, le 7 Cha'bân 1431 H, correspondant au 19 juillet 2010.
(1) Voir « Fath al-Bârî » d'Ibn Hajar (4/153). (2) Rapporté par Al-Bukhârî sans chaîne de transmission complète (mu'allaq) dans le livre « Le jeûne », chapitre : « Le bain du jeûneur » (4/153). Ibn Hajar a dit dans « Fath al-Bârî » (4/154) : « Qâsim ibn Thâbit l'a rapporté avec une chaîne complète dans son ouvrage “Gharîb al-hadîth” ». (3) « Fath al-Bârî » d'Ibn Hajar (4/154). (4) Rapporté par Abû Dâwûd dans le livre « La purification », chapitre sur l'expulsion de l'eau du nez (al-istinthâr) (142), et dans le livre « Le jeûne », chapitre : « Le jeûneur qui se verse de l'eau sur lui à cause de la soif et qui exagère dans l'aspiration de l'eau par le nez » (2366) ; par At-Tirmidhî dans le livre « Le jeûne », chapitre : « Ce qui est rapporté sur le caractère détestable de l'exagération dans l'aspiration de l'eau par le nez pour le jeûneur » (788) ; par An-Nasâ'î dans le livre « La purification », chapitre : « L'exagération dans l'aspiration de l'eau par le nez » (87) ; et par Ibn Mâjah dans le livre « La purification », chapitre : « L'exagération dans l'aspiration et l'expulsion de l'eau par le nez » (407), d'après le hadith de Laqît ibn Sabira, qu'Allah l'agrée. Al-Albânî l'a authentifié dans « Al-Irwâ' » (4/85), n° 935. (5) Voir « Al-Mughnî » d'Ibn Qudâma (3/108-109) et « Al-Majmû' » d'An-Nawawî (6/326). (6) Voir « Al-Mughnî » d'Ibn Qudâma (3/109).
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