Peut-on emprunter avec intérêt pour les dépenses du foyer ou le loyer ?
Savant cité‘Abd Al-‘Azîz ibn ‘Abd Allah Ibn Bâzfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (135)
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Question arabe
إذا احتاج الرجل إلى شيء من المال لمؤونة البيت أو تسديد أجرة الدار أو نحو ذلك ولم يجد من يقرضه ولا من يستدين منه فهل يجوز له أن يستدين من البنك؟ (١) .
Réponse arabe
إن كانت الاستدانة من البنك على طريقة شرعية؛ كأن يأخذ منه قرضا بمثله من دون زيادة أو يشتري منه سلعة إلى أجل معلوم ولو بأكثر من ثمنها الحاضر فلا بأس، أما إذا اقترض منه على وجه الربا فهذا لا يجوز؛ لأن الله سبحانه حرم الربا في كتابه العظيم، وسنه رسوله الكريم عليه الصلاة والسلام وورد فيه من الوعيد ما لم يرد في أكل الميتة، ونحوها، قال الله سبحانه: {الَّذِينَ يَأْكُلُونَ الرِّبَا لَا يَقُومُونَ إِلَّا كَمَا يَقُومُ الَّذِي يَتَخَبَّطُهُ الشَّيْطَانُ مِنَ الْمَسِّ} (١) قال أهل التفسير معنى ذلك أنه يقوم من قبره يوم القيامة كالمجنون. ثم قال الله سبحانه بعد ذلك: {ذَلِكَ بِأَنَّهُمْ قَالُوا إِنَّمَا الْبَيْعُ مِثْلُ الرِّبَا وَأَحَلَّ اللَّهُ الْبَيْعَ وَحَرَّمَ الرِّبَا فَمَنْ جَاءَهُ مَوْعِظَةٌ مِنْ رَبِّهِ فَانْتَهَى فَلَهُ مَا سَلَفَ وَأَمْرُهُ إِلَى اللَّهِ وَمَنْ عَادَ فَأُولَئِكَ أَصْحَابُ النَّارِ هُمْ فِيهَا خَالِدُونَ} (٢) {يَمْحَقُ اللَّهُ الرِّبَا وَيُرْبِي الصَّدَقَاتِ} (٣)
وصح عن رسول الله صلى الله عليه وسلم أنه: (( لعن آكل الربا وموكله وكاتبه وشاهديه وقال: هم سواء (٤) )) ، رواه مسلم في صحيحه.
والآيات والأحاديث في تحريم الربا والوعيد عليه كثيرة مشهورة، وليس عدم المحتاج من يقرضه أو يبيع عليه بالدين يجعله في حكم المضطر الذي تباح له الميتة أو الربا، هذا قول لا وجه له من الشرع؛ لأن في إمكان المحتاج أن يعمل بيده حتى يحصل ما يسد حاجته أو يسافر إلى بلاد أخرى حتى يجد من يقرضه أو يبيع عليه بالدين إلى أجل. والمضطر هو الذي يخشى على نفسه الموت إذا لم يأكل من الميتة ونحوها بسبب شدة المجاعة وعدم قدرته على ما يسد رمقه بالكسب ولا بغيره، وليست حاجة هؤلاء الذين يعاملون البنوك بالربا في حكم الضرورة التي تبيح الميتة ونحوها، وكثير من الناس سهل عليهم أمر الربا حتى صار يعامل فيه ويفتي الناس به بأدنى شبهة وما ذاك إلا لقلة العلم وضعف الإيمان وغلبة حب المال على النفوس، نسأل الله السلامة والعافية مما يغضبه، ومهما أمكن عدم التعامل مع البنك وعدم الاقتراض منه ولو بالطرق الشرعية التي ذكرنا آنفا فهو أولى وأحوط؛ لأن أموال البنك لا تخلو من الحرام غالبا، وقد قال النبي صلى الله عليه وسلم (( من اتقى الشبهات فقد استبرأ لدينه وعرضه (١) )) ، والله المستعان.
(١) سورة البقرة الآية ٢٧٥
(٢) سورة البقرة الآية ٢٧٥
(٣) سورة البقرة الآية ٢٧٦
(٤) رواه مسلم في (المساقاة) باب لعن آكل الربا ومؤكله برقم (١٥٩٨) .
(١) رواه البخاري في (الإيمان) باب فضل من استبرأ لدينه برقم (٥٢) ومسلم في (المساقاة) باب أخذ الحلال وترك الشبهات برقم (١٥٩٩) .
(١) نشر في (مجلة الجامعة الإسلامية) بالمدينة المنورة، العدد الأول رجب عام ١٣٨٩هـ.
Traduction française de la question
Si un homme a besoin d’argent pour les dépenses du foyer, pour payer son loyer ou pour un besoin semblable, et ne trouve personne auprès de qui emprunter ou s’endetter, lui est-il permis de s’endetter auprès d’une banque ? [1]
Traduction française de la réponse
Si l’endettement auprès de la banque se fait d’une manière conforme à la législation religieuse, il n’y a pas de mal. Il peut s’agir, par exemple, d’un prêt dont on rembourse l’équivalent sans aucun supplément, ou de l’achat d’une marchandise payable à une échéance déterminée, même à un prix supérieur à son prix au comptant.
En revanche, emprunter selon une modalité comportant du ribâ (l’intérêt interdit) n’est pas permis. Allah — exalté soit-Il — a interdit le ribâ dans Son Livre sublime et dans la Sunna de Son noble Messager — que la prière et le salut soient sur lui. Les menaces rapportées à son sujet sont d’une gravité qui ne se retrouve pas dans celles concernant la consommation de la chair d’une bête morte ou d’autres choses semblables.
Allah — exalté soit-Il — dit, selon le sens du verset :
« Ceux qui consomment le ribâ ne se lèveront que comme se lève celui que le toucher de Satan a bouleversé. » [2]
Les exégètes expliquent que cela signifie qu’au Jour de la résurrection, il sortira de sa tombe comme un homme atteint de folie.
Puis Allah — exalté soit-Il — dit à la suite de cela, selon le sens du verset :
« Cela parce qu’ils ont dit : “Le commerce est semblable au ribâ.” Or Allah a permis le commerce et interdit le ribâ. Celui qui cesse après avoir reçu une exhortation de son Seigneur conserve ce qu’il a acquis auparavant, et son sort appartient à Allah. Quant à ceux qui recommencent, ils sont les hôtes du Feu, où ils demeureront éternellement. » [3]
« Allah anéantit le ribâ et fait fructifier les aumônes. » [4]
Il est rapporté de manière authentique que le Messager d’Allah — qu’Allah prie sur lui et le salue — a maudit celui qui consomme le ribâ, celui qui le paie, celui qui en rédige l’acte et ses deux témoins. Il a dit : « Ils sont égaux. » [5] Muslim l’a rapporté dans son Sahîh.
Les versets et les hadiths qui interdisent le ribâ et menacent ceux qui le pratiquent sont nombreux et bien connus. Le fait qu’une personne dans le besoin ne trouve personne pour lui prêter ou lui vendre à crédit ne la place pas dans la situation de nécessité qui rendrait permise la chair d’une bête morte ou le ribâ. Affirmer cela n’a aucun fondement dans la législation religieuse. La personne dans le besoin peut en effet travailler de ses mains pour obtenir de quoi subvenir à ses besoins, ou se rendre dans d’autres lieux jusqu’à trouver quelqu’un qui lui prête ou lui vende à crédit, avec une échéance.
La personne en situation de nécessité est celle qui craint de mourir si elle ne mange pas de la chair d’une bête morte ou quelque chose de semblable, en raison d’une famine intense et de son incapacité à obtenir de quoi se maintenir en vie, par son travail ou par un autre moyen. Le besoin des personnes qui traitent avec les banques en recourant au ribâ n’est pas assimilable à cette nécessité qui permet la chair d’une bête morte et les choses semblables.
Beaucoup de gens ont pris le ribâ à la légère, au point de le pratiquer et de donner des avis l’autorisant au moindre prétexte douteux. Cela ne vient que du manque de science, de la faiblesse de la foi et de la domination de l’amour de l’argent sur les âmes. Nous demandons à Allah de nous préserver et de nous protéger de ce qui provoque Sa colère.
Chaque fois qu’il est possible d’éviter de traiter avec la banque et de lui emprunter, même selon les modalités licites mentionnées plus haut, cela est préférable et plus prudent. En effet, les fonds d’une banque ne sont généralement pas exempts d’argent illicite. Le Prophète — qu’Allah prie sur lui et le salue — a dit : « Celui qui évite les choses douteuses préserve sa religion et son honneur. » [6]
Et c’est d’Allah que l’on demande l’aide.
[1] Publié dans la revue de l’Université islamique de Médine, premier numéro, rajab 1389 H.
[2] Al-Baqara, 2:275.
[3] Al-Baqara, 2:275.
[4] Al-Baqara, 2:276.
[5] Rapporté par Muslim, dans le livre de la musâqât (le contrat d’entretien des plantations en échange d’une part de leur production), chapitre sur la malédiction de celui qui consomme le ribâ et de celui qui le paie, n° 1598.
[6] Rapporté par Al-Bukhârî, dans le livre de la foi, chapitre sur le mérite de celui qui préserve sa religion, n° 52 ; et par Muslim, dans le livre de la musâqât, chapitre sur le fait de prendre ce qui est licite et de délaisser les choses douteuses, n° 1599.
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