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Se soigner avec l'interdit : l'anesthésiant et l'alcool présent dans les médicaments

Savant citéCheikh Muhammad ibn Salih Ibn Uthaymin رحمه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (144)

Illustration de l'article « Se soigner avec l'interdit : l'anesthésiant et l'alcool présent dans les médicaments »

Question arabe

سئل فضيلة الشيخ رحمه الله تعالى: ما حكم التداوي بالمُحرَّم؟ وهل يعتبر البنجُ وبعض المواد الكحولية التي توجد في بعض الأدوية من المحرَّم؟ وهل يستوي ذلك في الضرورة أو غير الضرورة؟

Réponse arabe

فأجاب فضيلته بقوله: التداوي بالمحرم حرامٌ لا يجوز؛ لأن الله لم يجعل شفاء هذه الأمة فيما حرَّمه عليها. ولأن الله لا يُحرم علينا الشيء إلا لضرره، والضار لا ينقلب نافعاً أبداً، حتى لو قيل: إنه اضطر إلى ذلك، فإنه لا ضرورة للدواء إطلاقاً؛ لأنه قد يُتداوى ولا يُشفى، وقد يُشفى بلا تداوي. إذًا لا ضرورة إلى الدواء، لكن لو جاع الإنسان وخاف أن يموت لو لم يأكل، جاز له أن يأكل المَيْتة، وأن يأكل الخنزير لأنه إذا أكل اندفعت ضرورته وزال عنه خطر الموت، وإن لم يأكل مات.

لكن الدواء لا ضرورة إليه كما سبق. اللهم إلا في شيء واحد وهو قطع بعض الأعضاء عند الضرورة، فلو حصل في بعض الأعضاء سرطان مثلاً، وقال الأطباء: إنه لا يمكن وقف انتشار هذا المرض إلا بقطع عضو، ومعلوم أن قطع الأعضاء حرام، لا يجوز للإنسان أن يقطع ولا أُنْمُلة من أنامله، فإذا قالوا: لابد من قطع العضو، كانت هذه ضرورة، إذا تأكدوا أنه إذا قطع انقطع هذا الداء الذي هو السرطان.

أما البنجُ فلا بأس به، لأنه ليس مُسكراً، السكر زوال العقل على وجه اللذة والطرب، والذي يُبنَّج لا يتلذذ ولا يطرب، ولهذا قال العلماء: إن البنج حلالٌ ولا بأس به، وأمّا ما يكون من مواد الكحول في بعض الأدوية، فإن ظهر أثر ذلك الكحول بهذا الدواء بحيث يُسْكَر الإنسانُ منه فهو حرامٌ، وأما إذا لم يظهر الأثر وإنما جعلت فيه مادة الكحول من أجل حفظه، فإن ذلك لا بأس به، لأنه ليس لمادة الكحول أثر فيه.

Traduction française de la question

Quel est le jugement concernant le fait de se soigner avec ce qui est interdit ? L'anesthésiant (banj) et certaines substances alcooliques que l'on trouve dans certains médicaments font-ils partie de ce qui est interdit ? Le jugement est-il le même en cas de nécessité absolue et en dehors de celle-ci ?

Traduction française de la réponse

Se soigner avec ce qui est interdit est illicite et n'est pas permis. En effet, Allah n'a pas placé la guérison de cette communauté dans ce qu'Il lui a interdit. De plus, Allah ne nous interdit une chose qu'en raison de sa nocivité, et ce qui est nuisible ne devient jamais bénéfique. Et même si l'on disait que le malade y est contraint, le recours au médicament ne relève absolument pas de la nécessité absolue (darûra). En effet, il arrive que l'on se soigne sans guérir, et il arrive que l'on guérisse sans se soigner. Le médicament ne relève donc pas de la nécessité absolue. En revanche, si une personne a faim et craint de mourir si elle ne mange pas, il lui est permis de manger de la bête morte sans abattage rituel et de manger du porc. Car si elle mange, sa nécessité est levée et le danger de mort s'éloigne d'elle, alors que si elle ne mange pas, elle meurt.

Mais le médicament ne relève pas de la nécessité absolue, comme nous l'avons dit. Il y a toutefois une seule exception : l'amputation de certains membres en cas de nécessité absolue. Supposons, par exemple, qu'un cancer apparaisse dans un membre et que les médecins disent qu'il est impossible d'arrêter la propagation de cette maladie autrement qu'en amputant un membre. Or, il est connu que l'amputation des membres est interdite : il n'est pas permis à une personne de se couper ne serait-ce qu'une phalange de ses doigts. Si donc les médecins disent que l'amputation du membre est inévitable, c'est alors une nécessité absolue, à condition qu'ils soient certains que, si le membre est amputé, cette maladie, à savoir le cancer, sera stoppée.

Quant à l'anesthésiant, il n'y a pas de mal à l'utiliser, car il n'est pas enivrant. L'ivresse est la perte de la raison accompagnée de plaisir et d'euphorie, alors que la personne anesthésiée n'éprouve ni plaisir ni euphorie. C'est pourquoi les savants ont dit que l'anesthésiant est licite et qu'il n'y a pas de mal à l'utiliser. Quant aux substances alcooliques présentes dans certains médicaments : si l'effet de cet alcool se manifeste dans le médicament, de sorte que la personne s'enivre en le prenant, alors ce médicament est interdit. Mais si cet effet ne se manifeste pas, et que la substance alcoolique y a seulement été ajoutée pour le conserver, il n'y a pas de mal à cela, car la substance alcoolique n'a alors aucun effet dans ce médicament.

Savant / institution : Cheikh Muhammad ibn Salih Ibn Uthaymin رحمه الله

Source : Majmû' Fatâwâ wa Rasâ'il Ibn Uthaymin (مجموع فتاوى ورسائل العثيمين), tome 17, p. 30-31

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