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Statut des médicaments composés de substances interdites (porc, bête morte)

Savant citéCheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (24)

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Question arabe

العديد من الأدوية التي تباع في الصيدليات قد تكون مركَّبةً من بعض موادِّ الخنزير أو الميتة؟ فهل تناوُلها جائزٌ في حالة امتزاجها واختلاطها اختلاطًا تركيبيًّا لا يُرى له أثرٌ؟

Réponse arabe

الحمد لله ربِّ العالمين، والصلاة والسلام على من أرسله الله رحمةً للعالمين، وعلى آله وصحبه وإخوانه إلى يوم الدين، أمَّا بعد: فاعلم أنَّ الموادَّ إذا تغيَّرت حقيقتها بمفاعيلَ كيماويةٍ أو بغيرها حتى تصير مادَّةً أخرى فإنَّ الحكم فيها الحِلُّ والجواز لأنَّ الأصل في الأشياء المنتفَع بها على الإباحة كما هو مقرَّرٌ في علم الأصول لقوله تعالى: ﴿هُوَ الَّذِي خَلَقَ لَكُمْ مَا فِي الأَرْضِ جَمِيعًا﴾ [البقرة: ٢٩]، ولقوله صلَّى الله عليه وآله وسلَّم: «الْحَلاَلُ مَا أَحَلَّ اللهُ فِي كِتَابِهِ، وَالْحَرَامُ مَا حَرَّمَ اللهُ فِي كِتَابِهِ، وَمَا سَكَتَ عَنْهُ فَهُوَ مِمَّا عَفَا عَنْهُ»(١) وأنَّ الخمرة محرَّمةٌ لعينها ومحرَّمٌ شربها واستعمالها، لكنَّها إذا تخلَّلت تغيَّرت حقيقتُها وأصبحت حلالاً، قال صلَّى الله عليه وآله وسلَّم «نِعْمَ الأُدُمُ -أَوِ: الإِدَامُ- الْخَلُّ»(٢)، هذا كلُّه إذا تغيَّرت حقيقة المادَّة المحرَّمة، أمَّا إذا تغيَّرت أوصافها وبقيت حقيقتها فإنَّ حُكْمَها المنعُ كتغيير الجامد إلى سائلٍ والسائل إلى جامدٍ، فلو أنَّ الخمر السائلة جُمِّدت فحقيقتها باقيةٌ وإن تغيَّر وصفٌ من أوصافها، ولهذا قال صلَّى الله عليه وآله وسلَّم من حديث جابر بن عبد الله رضي الله عنهما قال: «قَاتَلَ اللهُ اليَهُودَ إِنَّ اللهَ لَمَّا حَرَّمَ شُحُومَهَا جَمَلُوهُ ثُمَّ بَاعُوهُ فَأَكَلُوا ثَمَنَهُ»(٣)، والجميلُ هو الشحم المذاب، فإنَّ الشحوم -وإن تغيَّرت بعض أوصافها- فحقيقتها باقيةٌ ويبقى التحريم متَّصلاً بها. من هذا المنطلق يمكن النظر في مسائل الأدوية الواردة، ويحتاج -والحال هذه- إلى تحقيقٍ يقوم به أهل الخبرة من أهل الكيمياء، فإن وجدوا أنَّ هذه الأدوية التي تضمَّنت شحمَ الخنزير قد تغيَّرت فيها حقيقته بفعل الموادِّ الكيمياوية فمحلُّها الجواز، وإن وجدوا أنه تغيَّرت بعض أوصافه وبقيت حقيقتُه فالحكم في ذلك المنع، غير أنَّ اللافت للنظر أنه إذا تبيَّن له بقاءُ حقيقته المحرَّمة لم يَجُزْ له أن يبيعها، ولكنَّ المضطرَّ يجوز له شراؤها لأنَّ حكم المضطرِّ مغايرٌ للأحوال العادية فهو حالةٌ نصَّ عليها الشرعُ بالجواز بناءً على قوله تعالى في سورة الأنعام: ﴿وَقَدْ فَصَّلَ لَكُمْ مَا حَرَّمَ عَلَيْكُمْ إِلاَّ مَا اضْطُرِرْتُمْ إِلَيْهِ﴾ [الأنعام:١١٩]، تلك الآية التي انبثقت منها قاعدتَا: «الضَّرُورَاتُ تُبِيحُ المَحْظُورَاتِ» و«تُقَدَّرُ بِقَدْرِهَا». والعلم عند الله تعالى، وآخر دعوانا أن الحمد لله ربِّ العالمين، وصلَّى الله على نبيِّنا محمَّدٍ، وعلى آله وصحبه إلى يوم الدين، وسلَّم تسليمًا. الجزائر في: ٢٨ جمادى الثانية ١٤٢٦ﻫ الموافـق ﻟ: ٢٤ جـويلية ٢٠٠٥م (١) أخرجه الترمذي في «اللباس» باب ما جاء في لُبس الفراء (١٧٢٦)، وابن ماجه في «الأطعمة» باب أكل الجبن والسمن (٣٣٦٧)، من حديث سلمان رضي الله عنه. وحسَّنه الألباني في «صحيح الجامع» (٣١٩٥).‌ (٢) أخرجه مسلم في «الأشربة» (٢٠٥١) من حديث عائشة رضي الله عنها. (٣) أخرجه البخاري في «البيوع» باب بيع المَيتة والأصنام (٢٢٣٦)، ومسلم في «البيوع» (١٥٨١)، من حديث جابر بن عبد الله رضي الله عنهما.

Traduction française de la question

De nombreux médicaments vendus en pharmacie peuvent être composés de certaines substances issues du porc ou de la mayta (bête morte sans abattage rituel). Est-il permis de les prendre lorsque ces substances y sont mêlées et intégrées dans leur composition, au point qu'on n'en voit plus aucune trace ?

Traduction française de la réponse

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qu'Allah a envoyé en miséricorde pour les mondes, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution. Ceci dit :

Sache que, lorsque la réalité (haqîqa, la nature propre d'une chose) des substances change sous l'effet de réactions chimiques ou d'autre chose, au point qu'elles deviennent une autre substance, leur statut est la licéité et la permission. En effet, la règle de base pour les choses dont on tire profit est la permission, comme cela est établi dans la science des fondements du droit (usûl al-fiqh). Cela repose sur la parole du Très-Haut : « C'est Lui qui a créé pour vous tout ce qui est sur la terre » (sourate Al-Baqara, verset 29), et sur la parole du Prophète ﷺ : « Le licite est ce qu'Allah a rendu licite dans Son Livre, l'illicite est ce qu'Allah a interdit dans Son Livre, et ce sur quoi Il s'est tu fait partie de ce dont Il a fait grâce (ce qu'Il a toléré) » (1).

Sache aussi que le vin (al-khamr) est interdit en lui-même, et qu'il est interdit de le boire et de l'utiliser. Mais lorsqu'il se transforme en vinaigre, sa réalité change et il devient licite. Le Prophète ﷺ a dit : « Quels excellents condiments — ou : quel excellent condiment — que le vinaigre ! » (2)

Tout cela vaut lorsque la réalité de la substance interdite change. En revanche, si ce sont ses caractéristiques qui changent tandis que sa réalité demeure, son statut est l'interdiction. C'est le cas lorsqu'une substance solide devient liquide, ou qu'une substance liquide devient solide. Ainsi, si l'on solidifiait du vin liquide, sa réalité demeurerait, même si l'une de ses caractéristiques avait changé. C'est pourquoi le Prophète ﷺ a dit, d'après le hadith de Jâbir ibn ‘Abd Allah (qu'Allah les agrée) : « Qu'Allah combatte les Juifs ! Lorsqu'Allah leur a interdit les graisses [de ces bêtes], ils les ont fait fondre, puis ils les ont vendues et ont mangé leur prix » (3). Le jamîl est la graisse fondue. En effet, même si certaines caractéristiques des graisses ont changé, leur réalité demeure, et l'interdiction leur reste attachée.

C'est à partir de ce principe que l'on peut examiner les questions évoquées au sujet des médicaments. Dans ces conditions, une vérification menée par des spécialistes compétents en chimie est nécessaire. S'ils constatent que, dans ces médicaments contenant de la graisse de porc, la réalité de cette graisse a changé sous l'effet des substances chimiques, leur statut est la permission. Mais s'ils constatent que certaines de ses caractéristiques ont changé et que sa réalité demeure, le statut est alors l'interdiction.

Toutefois, il convient de relever ceci : s'il apparaît à une personne que la réalité illicite de cette graisse demeure, il ne lui est pas permis de vendre ces médicaments. En revanche, celui qui y est contraint par nécessité (al-mudtarr) a le droit de les acheter, car le statut de la personne contrainte diffère de celui des situations ordinaires. C'est en effet une situation pour laquelle la Loi révélée a explicitement établi la permission, sur la base de la parole du Très-Haut dans la sourate Al-An‘âm : « Il vous a pourtant détaillé ce qu'Il vous a interdit, sauf ce à quoi vous êtes contraints par nécessité » (sourate Al-An‘âm, verset 119). C'est de ce verset que découlent les deux règles : « Les nécessités rendent licites les choses interdites » et « Elles s'évaluent selon leur juste mesure ».

La science exacte est auprès d'Allah le Très-Haut. Notre dernière invocation est : louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah prie sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et ses Compagnons jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.

Alger, le 28 jumâdâ ath-thâniya 1426 H, correspondant au 24 juillet 2005.

(1) Rapporté par At-Tirmidhî dans le livre « Les vêtements » (Al-Libâs), chapitre : « Ce qui est rapporté sur le port des fourrures » (1726), et par Ibn Mâjah dans le livre « Les aliments » (Al-At‘ima), chapitre : « Manger du fromage et du beurre clarifié » (3367), d'après le hadith de Salmân (qu'Allah l'agrée). Al-Albânî l'a jugé bon (hasan) dans « Sahîh al-Jâmi‘ » (3195). (2) Rapporté par Muslim dans le livre « Les boissons » (Al-Ashriba) (2051), d'après le hadith de ‘Â’isha (qu'Allah l'agrée). (3) Rapporté par Al-Bukhârî dans le livre « Les ventes » (Al-Buyû‘), chapitre : « La vente de la bête morte et des idoles » (2236), et par Muslim dans « Les ventes » (Al-Buyû‘) (1581), d'après le hadith de Jâbir ibn ‘Abd Allah (qu'Allah les agrée).

Savant / institution : Cheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه الله

Source : Site officiel de Cheikh Muhammad Ali Ferkous — fatwa n° 245

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