Aller au contenu principal

Vendre et boire de la bière sans alcool : quel jugement ?

Savant citéCheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (24)

Illustration de l'article « Vendre et boire de la bière sans alcool : quel jugement ? »

Question arabe

ما حكم بيعِ وتناوُلِ «البيرَّا» بدون كحولٍ؟

Réponse arabe

الحمدُ لله ربِّ العالمين، والصلاة والسلام على من أرسله اللهُ رحمةً للعالمين، وعلى آله وصحبه وإخوانه إلى يوم الدِّين، أمَّا بعد: فمضمون السؤال يستدعي التفريقَ بين ذات «البيرَّا» بصفتها مشروبًا، وبين صفة تناوُلِ هذا المشروب أو طريقة تعاطيه. والمعلوم أنَّ المشروب -في ذاته- إن كان خاليًا من المادَّة الكحولية المسكرة فهو شرابٌ جائزٌ تناولُه وبيعُه، لا يختلف -من حيث حلِّيَّته- عن المشروبات الأخرى، ذلك لأنَّ السكر هو علَّة التحريم، ويدور الحكم مع علَّته وجودًا وعدمًا، فمتى وُجد الإسكار أو انتفى فإنَّ التحريم يوجد أو ينتفي بحسَبه. ومنه يُعلم أنَّ عصير العنب -مثلاً- إذا تجرَّد من علَّة الإسكار حلَّ تناوُلُه، وإذا انعقد خمرًا بحلول المسكر فيه حَرُمَ شربُه وبيعُه، وإذا تغيَّرت أحد أوصاف الخمر مع بقاء مادَّة الإسكار فيه فإنَّ حكم التحريم يبقى ساريًا عليه، أمَّا إذا تغيَّرت حقيقة الخمر فانتقلت من التخمير إلى التخليل فإنها تحِلُّ بالإجماع، قال النوويُّ -رحمه الله-: «وأجمعوا أنها -أي: الخمر- إذا انقلبت بنفسها خلاًّ طَهُرَت، وقد حُكي عن سحنون المالكي أنها لا تَطْهُر، فإن صحَّ عنه فهو محجوجٌ بإجماع من قبله»(١). قلت: فأمَّا انقلابها حلالاً فمن أجل تغيُّر حقيقتها بزوال المادَّة المسكرة منها، فكان دوران الحكم الوجوديِّ والعدميِّ مع علَّته، قال الخرشيُّ -رحمه الله-: «إنَّ الخمر إذا انتقلت من المائعية إلى أن تحجَّرت، أو انتقلت من التخمير إلى التخليل فإنها تطهر؛ لأنَّ النجاسة فيه متعلِّقةٌ بالشدَّة المطربة، فإذا ذهبت ذهب التنجيس، والتحريم والنجاسة يدوران مع العلَّة وجودًا وعدمًا»(٢). أمَّا من جهة صفة تناوُل هذا المشروب فقد يُمنع منه من الحيثيَّتين التاليتين: الأولى: أنه -وإن كانت العبرة بالمسمَّى لا بالاسم- إلاَّ أنَّ بين المشروب المسكر وغير المسكر تطابقًا في شكل القارورة ولون المشروب وكذا التسمية، وتورث متناولها أو بائعها شبهةً وتهمةً في دينه، والأصل في المسلم تجنُّبُ محالِّ التهم لئلاَّ يُقدح في عدالته. الثانية: قد يتَّصف الشارب لها بأوصاف أهل الفجور والمعاصي محاكاةً لأفعالهم في معاقرة الخمرة، وخاصَّةً وأنَّ المنزوعةَ المادَّةِ المسكرةِ شبيهةٌ بها في شكلها وصورتها، الأمرُ الذي قد يجرُّه إلى محبَّة أهل الفجور وعدم الإنكار عليهم، وقد يكون ذلك دافعًا إلى الوقوع في المحرَّم. وعليه فمشروب «البيرَّا» دون كحولٍ -وإن كان لا يَرِدُ عليه تحريمٌ من حيث ذاتُه بالنظر لخلوِّه من المادَّة المسكرة- إلاَّ أنه قد يَرِدُ المنع منها من باب سدِّ ذريعة التهمة القادحة في دينه وعدالته عملاً بقاعدة أنَّ: «الفعل إذا كان يفضي إلى مفسدةٍ وليس فيه مصلحةٌ راجحةٌ يُنهى عنه»(٣). والعلم عند الله تعالى، وآخر دعوانا أن الحمد لله ربِّ العالمين وصلَّى الله على محمَّدٍ وعلى آله وصحبه وإخوانه إلى يوم الدين وسلَّم تسليمًا. الجزائر في: ٢١ من المحرَّم ١٤٣٣ﻫ الموافق ﻟ: ١٦ ديسمبر ٢٠١١م (١) «شرح النووي على صحيح مسلم» (١٣/ ١٥٢). (٢) «الخرشي على خليل» (١/ ٨٨). (٣) انظر: «مجموع الفتاوى» لابن تيمية (١/ ١٦٤).

Traduction française de la question

Quel est le jugement concernant la vente et la consommation de « bière » sans alcool ?

Traduction française de la réponse

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qu'Allah a envoyé en miséricorde pour les mondes, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution. Ceci dit :

Le contenu de la question impose de distinguer entre la « bière » elle-même, en tant que boisson, et la manière de consommer cette boisson ou la façon d'en faire usage. Il est connu que cette boisson, en elle-même, si elle est exempte de substance alcoolique enivrante, est une boisson qu'il est permis de consommer et de vendre. Du point de vue de sa licéité, elle ne diffère pas des autres boissons. En effet, l'ivresse est la cause (‘illa, raison qui fonde le jugement) de l'interdiction, et le jugement suit sa cause, qu'elle soit présente ou absente : dès que l'effet enivrant existe, l'interdiction existe, et dès qu'il disparaît, l'interdiction disparaît en conséquence.

On en déduit que le jus de raisin, par exemple, est licite à consommer lorsqu'il est dépourvu de la cause de l'ivresse. S'il se transforme en vin (khamr, boisson enivrante) parce que l'effet enivrant y est apparu, il est interdit de le boire et de le vendre. Si l'un des caractères du vin change alors que la substance enivrante y demeure, le jugement d'interdiction continue de s'appliquer. En revanche, si la nature même du vin change, de sorte qu'il passe de la fermentation à l'état de vinaigre, il devient licite par consensus. An-Nawawî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Ils sont unanimes à dire que lorsqu'il — c'est-à-dire le vin — se transforme de lui-même en vinaigre, il devient pur. Il a été rapporté de Sahnûn al-Mâlikî qu'il ne devient pas pur. Si cela est authentique de sa part, il est réfuté par le consensus de ceux qui l'ont précédé » (1).

Je dis : s'il devient licite, c'est parce que sa nature a changé par la disparition de la substance enivrante qu'il contenait. Le jugement suit donc sa cause, dans sa présence comme dans son absence. Al-Kharashî (qu'Allah lui fasse miséricorde) a dit : « Lorsque le vin passe de l'état liquide à l'état solidifié, ou qu'il passe de la fermentation à l'état de vinaigre, il devient pur. En effet, l'impureté qu'il contient est liée à la force enivrante qui procure l'euphorie (ash-shidda al-mutriba). Lorsque celle-ci disparaît, l'impureté disparaît. L'interdiction et l'impureté suivent la cause, dans sa présence comme dans son absence » (2).

Quant à la manière de consommer cette boisson, on peut en être empêché sous les deux angles suivants :

Premier angle : certes, ce qui compte est la réalité désignée et non le nom. Toutefois, il existe entre la boisson enivrante et la boisson non enivrante une ressemblance dans la forme de la bouteille, dans la couleur de la boisson, ainsi que dans le nom. Cela fait naître, à l'égard de celui qui la consomme ou la vend, un doute et un soupçon portant sur sa religion. Or, le principe pour le musulman est d'éviter les situations qui prêtent au soupçon, afin que sa probité (‘adâla, intégrité religieuse et morale) ne soit pas mise en cause.

Second angle : celui qui la boit peut prendre les traits des gens de la débauche et des péchés, en imitant leurs actes lorsqu'ils s'adonnent au vin. C'est d'autant plus le cas que la boisson dont on a retiré la substance enivrante ressemble au vin dans sa forme et son aspect. Cela risque de l'entraîner à aimer les gens de la débauche et à ne plus les désapprouver. Cela peut aussi le pousser à tomber dans l'interdit.

Par conséquent, même si la boisson appelée « bière » sans alcool ne fait pas l'objet d'une interdiction en elle-même, puisqu'elle est exempte de substance enivrante, elle peut néanmoins être interdite au titre de la fermeture des moyens (sadd adh-dharî‘a, le fait de bloquer ce qui mène à un mal) : il s'agit d'éviter le soupçon qui porte atteinte à la religion et à la probité de la personne. Cela, en application de la règle selon laquelle : « Lorsqu'un acte conduit à un mal et ne comporte pas d'intérêt prépondérant, il est prohibé » (3).

La science est auprès d'Allah le Très-Haut. Notre dernière invocation est : louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah prie sur Muhammad, sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.

Alger, le 21 muharram 1433 H, correspondant au 16 décembre 2011.

(1) « Sharh an-Nawawî ‘alâ Sahîh Muslim » (13/152). (2) « Al-Kharashî ‘alâ Khalîl » (1/88). (3) Voir « Majmû‘ al-Fatâwâ » d'Ibn Taymiyya (1/164).

Savant / institution : Cheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه الله

Source : Site officiel de Cheikh Muhammad Ali Ferkous — fatwa n° 1132

Partager cet article

L'institut arabecoran.com

Comprendre ce texte sans traduction

Ce texte arabe, apprenez à le lire et à le comprendre par vous-même. Nos professeurs vous accompagnent en ligne, en cours individuels ou en petits groupes, de l'alphabet jusqu'à la récitation du Coran.

  • Dès 5 €/h
  • Sans engagement
  • 7j/7, de 6h à 22h

À lire aussi

Toute la rubrique Fatawas

Partenaires de confiance