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La zakât sur une épargne ayant atteint le nisâb et destinée à l'achat d'un logement

Savant citéCheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (24)

Illustration de l'article « La zakât sur une épargne ayant atteint le nisâb et destinée à l'achat d'un logement »

Question arabe

بصفتي مُستأجِرًا وعائلتي تحتاج إلى مسكنٍ خاصٍّ أمتلكه، وعندي مبلغٌ مِن المال أدَّخِره لشرائه، ولا أَزال أجمعه وقد بَلَغَ النصابَ، وحالَ عليه الحولُ، وقد أُضْطَرُّ للدَّين، فهل يجب عَلَيَّ فيه الزكاةُ؟ وجزاكم الله خيرًا.

Réponse arabe

الحمد لله ربِّ العالمين، والصلاةُ والسلام على مَنْ أرسله الله رحمةً للعالمين، وعلى آله وصحبِه وإخوانِه إلى يوم الدِّين، أمَّا بعد: فحقُّ المُسْتحِقِّين للزكاة مِن الفقراءِ والمساكينِ وغيرِهم يبقى عالقًا بذمَّةِ مالكِ النِّصابِ الذي حالَ الحولُ عليه، ولو لم يجد ما يَفي بكفايته؛ لأنَّ مالَه ـ في نُمُوِّه ـ يحتاج إلى تطهيرٍ ممَّا قد يَعْتَريهِ مِن شُبُهاتٍ أثناءَ كَسْبِهِ، ومِن جهةٍ أخرى فهو غَنِيٌّ يَمْلِكُ نصابًا، وكُلُّ غَنِيٍّ يحتاج إلى أَنْ يتزكَّى بالبَذْلِ والإنفاق، وأَنْ يتطهَّر مِن رذيلة الشُّحِّ وحُبِّ الذات، قال تعالى: ﴿خُذۡ مِنۡ أَمۡوَٰلِهِمۡ صَدَقَةٗ تُطَهِّرُهُمۡ وَتُزَكِّيهِم بِهَا﴾ [التوبة: ١٠٣]، وقال صَلَّى اللهُ عليه وسَلَّم: «مَنْ أَدَّى زَكَاةَ مَالِهِ فَقَدْ ذَهَبَ عَنْهُ شَرُّهُ»(١). ولا يخفى أنَّ الزكاة لا تَنقُص مِن المال بل يُربِّيه الله تعالى ويزيدُه، قال تعالى: ﴿وَمَآ ءَاتَيۡتُم مِّن زَكَوٰةٖ تُرِيدُونَ وَجۡهَ ٱللَّهِ فَأُوْلَٰٓئِكَ هُمُ ٱلۡمُضۡعِفُونَ ٣٩﴾ [الروم: ٣٩]، وقال صَلَّى اللهُ عليه وسَلَّم: «مَنْ تَصَدَّقَ بِعَدْلِ تَمْرَةٍ مِنْ كَسْبٍ طَيِّبٍ ـ وَلَا يَقْبَلُ اللهُ إِلَّا الطَّيِّبَ ـ فَإِنَّ اللهَ يَتَقَبَّلُهَا بِيَمِينِهِ ثُمَّ يُرَبِّيهَا لِصَاحِبِهِ كَمَا يُرَبِّي أَحَدُكُمْ فَلُوَّهُ(٢) حَتَّى تَكُونَ مِثْلَ الجَبَلِ»(٣)، وفي حديثٍ آخَرَ: «مَا نَقَصَ مَالُ عَبْدٍ مِنْ صَدَقَةٍ»(٤). هذا، والغَنِيُّ إذا احتاجَ إلى ما يدفع الهلاكَ عن نفسه أو عِيَالِهِ ـ تحقيقًا أو تقديرًا ـ فهو غَنِيٌّ باعتبارِ تَحقُّقِ شروطِ الزكاة فيه، وفقيرٌ مِن جهةِ أنه لا يملك ما يقوم بكفايته فيُعطى مِن الزكاة بهذا الاعتبار. والعلم عند الله تعالى، وآخِرُ دعوانا أنِ الحمدُ لله ربِّ العالمين، وصلَّى الله على نبيِّنا محمَّدٍ وعلى آله وصحبِه وإخوانِه إلى يوم الدِّين، وسلَّم تسليمًا. الجزائر في: ٢٩ مِنَ المحرَّم ١٤٢٨ﻫالموافق ﻟ: ١٧ فبراير ٢٠٠٧م (١) أخرجه ـ بهذا اللفظ ـ الطبرانيُّ في «المعجم الأوسط» (١٥٧٩)، كما ذكَرَه المنذريُّ في «الترغيب والترهيب» (١/ ٣٠١)، مِنْ حديثِ جابرٍ رضي الله عنه. وأخرجه ابنُ خزيمة (٢٢٥٨)، والحاكم (١٤٣٩)، والبيهقي (٧٢٣٨)، بلفظ: «إِذَا أدَّيْتَ زَكَاةَ مَالِكَ فَقَدْ أَذْهَبْتَ عَنْكَ شَرَّهُ»، قال ابن حجرٍ في «التلخيص الحبير» (٢/ ١٦٠): «وله شاهدٌ صحيحٌ عن أبي هريرة». والحديث كان قد ضعَّفه الألبانيُّ في «السلسلة الضعيفة» (٥/ ٢٤٨) رقم: (٢٢١٩)، ثمَّ تَراجَعَ عن التضعيف وقال: «ثمَّ وجدتُ للحديث شاهدًا مِن رواية أبي هريرة بسندٍ حسنٍ، ومِن أجله كنتُ أوردتُه في «صحيح الترغيب» (٨ ـ صدقات)، فهو به قويٌّ، ويُنْقَل إلى «الصحيحة»». (٢) الفَلُوُّ: المُهر الصغير. وقيل: هو الفطيم مِنْ أولادِ ذواتِ الحافر؛ [«النهاية» لابن الأثير (٣/ ٤٧٤)]. (٣) مُتَّفَقٌ عليه: أخرجه البخاري في «التوحيد» (٧٤٣٠)، ومسلم في «الزكاة» (١٠١٤)، من حديث أبي هريرة رضي الله عنه. (٤) أخرجه الترمذي في «الزهد» بابُ ما جاء: مثلُ الدنيا مثلُ أربعةِ نفرٍ (٢٣٢٥) مِن حديث أبي كبشة الأنماريِّ رضي الله عنه. وصحَّحه ابن كثير في «تفسير القرآن العظيم» (٢/ ٣٩٦)، والألباني في «صحيح الجامع» (٣٠٢٤). وأخرج مسلمٌ في «البرِّ والصلة» (٢٥٨٨) من حديث أبي هريرة رضي الله عنه مرفوعًا: «مَا نَقَصَتْ صَدَقَةٌ مِنْ مَالٍ».

Traduction française de la question

Je suis locataire et ma famille a besoin d'un logement qui m'appartienne. J'ai une somme d'argent que j'épargne pour l'acheter et que je continue à constituer. Elle a atteint le nisâb (seuil minimal à partir duquel la zakât est due), et une année lunaire complète s'est écoulée sur elle. Il se peut aussi que je sois contraint de m'endetter. Dois-je acquitter la zakât sur cette somme ? Qu'Allah vous récompense en bien.

Traduction française de la réponse

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qu'Allah a envoyé comme miséricorde pour les mondes, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution. Cela dit :

Le droit de ceux qui méritent la zakât, comme les pauvres, les nécessiteux et les autres ayants droit, reste à la charge du propriétaire du nisâb sur lequel l'année lunaire (hawl) s'est écoulée. Il en est ainsi même s'il ne trouve pas de quoi couvrir ses besoins. En effet, ses biens, en fructifiant, ont besoin d'être purifiés des ambiguïtés (shubuhât, ce qui est douteux quant à la licéité) qui ont pu s'y mêler lors de leur acquisition. D'autre part, cette personne est riche, puisqu'elle possède un nisâb. Or tout riche a besoin de se rendre meilleur en donnant et en dépensant, et de se purifier du vice de l'avarice et de l'amour de soi. Le Très-Haut a dit : « Prélève de leurs biens une aumône par laquelle tu les purifies et les rends meilleurs » (sourate At-Tawba, verset 103). Et le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui acquitte la zakât de ses biens, le mal de ces biens s'éloigne de lui »(1).

Il est évident que la zakât ne diminue pas les biens. Au contraire, Allah le Très-Haut les fait fructifier et les accroît. Le Très-Haut a dit : « Et ce que vous donnez comme zakât en recherchant le Visage d'Allah, ce sont ceux-là qui verront leur récompense multipliée » (sourate Ar-Rûm, verset 39). Et le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui donne en aumône l'équivalent d'une datte provenant d'un gain licite et pur (et Allah n'accepte que ce qui est pur), Allah l'accepte de Sa main droite, puis la fait croître pour son auteur comme l'un de vous élève son poulain(2), jusqu'à ce qu'elle devienne pareille à une montagne »(3). Et dans un autre hadith : « Les biens d'un serviteur ne diminuent pas à cause d'une aumône »(4).

Cela étant, lorsque le riche a besoin de ce qui écarte la perdition de lui-même ou des personnes à sa charge, que ce besoin soit effectif ou estimé, il est riche au regard des conditions de la zakât qui sont réunies en lui. Mais il est pauvre du fait qu'il ne possède pas ce qui couvre ses besoins. Il reçoit donc de la zakât à ce titre.

La science exacte est auprès d'Allah le Très-Haut. Notre dernière invocation est : louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah prie sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.

Alger, le 29 muharram 1428 H, correspondant au 17 février 2007.

(1) Rapporté avec cette formulation par At-Tabarânî dans « Al-Mu‘jam al-Awsat » (1579), et mentionné par Al-Mundhirî dans « At-Targhîb wa at-Tarhîb » (1/301), d'après le hadith de Jâbir, qu'Allah l'agrée. Il a aussi été rapporté par Ibn Khuzayma (2258), Al-Hâkim (1439) et Al-Bayhaqî (7238) avec la formulation : « Si tu acquittes la zakât de tes biens, tu éloignes de toi leur mal. » Ibn Hajar a dit dans « At-Talkhîs al-Habîr » (2/160) : « Il a un hadith appuyant (shâhid) authentique, d'après Abû Hurayra. » Al-Albânî avait jugé ce hadith faible dans « As-Silsila ad-Da‘îfa » (5/248), n° 2219, puis il est revenu sur ce jugement et a dit : « J'ai ensuite trouvé pour ce hadith un hadith appuyant, rapporté par Abû Hurayra, avec une chaîne de transmission bonne (hasan). C'est pour cette raison que je l'avais cité dans “Sahîh at-Targhîb” (8 – Aumônes). Le hadith est donc fort grâce à ce hadith appuyant, et il doit être transféré dans “As-Silsila as-Sahîha”. » (2) Al-faluww : le jeune poulain. Selon un autre avis, il s'agit du petit sevré des animaux à sabots. [« An-Nihâya » d'Ibn Al-Athîr (3/474)]. (3) Hadith rapporté à la fois par Al-Bukhârî et Muslim (muttafaq ‘alayh) : Al-Bukhârî l'a rapporté dans le livre de « L'Unicité » (At-Tawhîd) (7430), et Muslim dans le livre de « La Zakât » (1014), d'après le hadith d'Abû Hurayra, qu'Allah l'agrée. (4) Rapporté par At-Tirmidhî dans le livre du « Renoncement » (Az-Zuhd), chapitre : « Ce qui a été rapporté sur le fait que ce bas monde est à l'image de quatre personnes » (2325), d'après le hadith d'Abû Kabsha Al-Anmârî, qu'Allah l'agrée. Il a été jugé authentique par Ibn Kathîr dans « Tafsîr al-Qur'ân al-‘Azîm » (2/396) et par Al-Albânî dans « Sahîh al-Jâmi‘ » (3024). Muslim a rapporté dans le livre de « La Bienfaisance et le maintien des liens » (Al-Birr wa as-Sila) (2588), d'après le hadith d'Abû Hurayra, qu'Allah l'agrée, comme parole du Prophète ﷺ (marfû‘) : « Une aumône ne diminue en rien les biens. »

Savant / institution : Cheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه الله

Source : Site officiel de Cheikh Muhammad Ali Ferkous — fatwa n° 631

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