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Quelques règles relatives au mushaf électronique (le Coran sur smartphone et autres appareils)

Savant citéCheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه اللهfatwa traduiteTous ses articles dans le Mag (24)

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Question arabe

انتشرت في المجتمعات الإسلامية الهواتفُ الذكيَّة، وتتضمَّن بعضَ التطبيقاتِ الشرعية، ومنها إمكانية القراءة مِن مصحفٍ كاملٍ، فهل إذا فتح القارئُ المصحفَ مِن الهاتف الذكيِّ يأخذ حُكْمَ المصحف المتعارَفِ عليه؟ فإذا كان كذلك فهل يؤجَر الناظرُ فيه كما يؤجَر الناظر في المصحف المطبوع؟ وهل يجوز الدخولُ به إلى بيت الخلاء؟ وهل يصحُّ للمُحْدِث مَسُّه؟ وجزاكم الله خيرًا.

Réponse arabe

الحمدُ لله ربِّ العالمين، والصلاة والسلام على من أرسله اللهُ رحمةً للعالمين، وعلى آله وصحبه وإخوانه إلى يوم الدِّين، أمَّا بعد: فيمكن تعريفُ المصحف بالاصطلاح الحديث بأنه الوسائلُ المادِّية الجامعةُ للقرآن الكريم المطابِقِ في ترتيب آياته وسُوَره للهيئة أو الرسم اللَّذَين أجمعت عليهما الأمَّةُ في خلافة عثمانَ بنِ عفَّانَ رضي الله عنه. ويظهر مِن التعريف السابق شمولُه لكلِّ أنواع المصاحف: قديمةً كانت كالمصحف الورقيِّ المعهود الذي هو الأوراق والحروف الجامعة للقرآن المكتوبةُ بين دفَّتين حافظتَيْن، أو حديثةً كالمصحف المحمَّل على الشرائح الإلكترونية والأقراص المُدْمَجة، ويدخل في ذلك ـ أيضًا ـ النتوءاتُ المستعمَلةُ بإبرة برايل في الكتابة على الأوراق الخاصَّة بها، وهو المصحف الخاصُّ بالمكفوفين. هذا، وإذا كان المصحف الإلكترونيُّ يتَّصف ببعض المواصفات المغايِرة للمصحف الورقيِّ في تركيبه وحروفه؛ فإنه ـ والحالُ هذه ـ لا يأخذ حُكْمَ المصحف الورقيِّ إلَّا بعد تشغيل الجهاز وظهورِ الآيات القرآنية المخزَّنة في ذاكرة المصحف الإلكترونيِّ، فإن ظهر المصحفُ الإلكترونيُّ معروضًا بهيئته المقروءة فإنَّ القراءة فيه كالقراءة في المصحف الورقيِّ يُنال بها الأجرُ المذكور في حديث ابن مسعودٍ رضي الله عنه مرفوعًا: «مَنْ قَرَأَ حَرْفًا مِنْ كِتَابِ اللهِ فَلَهُ بِهِ حَسَنَةٌ، وَالحَسَنَةُ بِعَشْرِ أَمْثَالِهَا، لَا أَقُولُ ﴿الم﴾ حَرْفٌ، وَلَكِنْ أَلِفٌ حَرْفٌ وَلَامٌ حَرْفٌ وَمِيمٌ حَرْفٌ»(١)، وحديث عبد الله بن مسعودٍ رضي الله عنه مرفوعًا: «مَنْ سَرَّهُ أَنْ يَعْلَمَ أَنَّهُ يُحِبُّ اللهَ وَرَسُولَهُ فَلْيَقْرَأْ فِي الْمُصْحَفِ»(٢)، وغيرِها مِن الأحاديث الصحيحةِ الدالَّةِ على فضل تلاوة القرآن والإكثارِ منها. ومِن جهة الحَظْر مِن الدخول بالمصحف الإلكترونيِّ إلى الخلاء مِن غير حاجةٍ أو ضرورةٍ فإنه يصدق عليه حكمُ المنع ما دام الجهازُ أو الهاتف النقَّال في حال التشغيل وعرضِ الآيات القرآنية، ويدخل في الحظر ـ أيضًا ـ مسُّه بنجاسةٍ أو وضعُه عليها أو تلطيخُه بها، ذلك لأنَّ حرمة القرآن قائمةٌ فيه مع تشغيله وظهور آياته وسُوَره. غير أنَّ أحكام الحَظْرِ السابقةَ تنتفي عن المصحف الإلكترونيِّ في حالِ غَلْقِ الجهاز وانتهاءِ ظهور الآيات بانتهاء انعكاسها على الشاشة، وهو في تلك الحال مِن عدم التشغيل لا يُعَدُّ مصحفًا ولا تترتَّب عليه أحكامُ المصحف الورقيِّ. ومِن جهةٍ أخرى يجوز للمُحْدِث حدثًا أصغرَ أو أكبرَ أن يَمَسَّ أجزاءَ الهاتف النقَّال أو غيرِه مِن الأجهزة المشتمِلة على البرنامج الإلكترونيِّ للمصحف، ويستوي في ذلك حالُ الإغلاق وحالُ التشغيل، ذلك لأنَّ الحروف القرآنية للمصحف الإلكترونيِّ الظاهرةَ على شاشته ما هي إلَّا ذبذباتٌ إلكترونيةٌ مشفَّرةٌ، معالَجةٌ على وجهٍ متناسقٍ، بحيث يَمتنِع ظهورُها وانعكاسُها على الشاشة إلَّا بواسطة برنامجٍ إلكترونيٍّ. وعليه فمَسُّ زجاجة الشاشة لا يُعَدُّ مسًّا حقيقيًّا للمصحف الإلكترونيِّ، إذ لا يُتصوَّر مباشرةُ مَسِّه بما تقدَّم بيانُه، بخلاف المصحف الورقيِّ، فإنَّ مَسَّ أوراقه وحروفِه يُعَدُّ مسًّا مباشِرًا وحقيقيًّا له، لذلك لا يُؤْمَر المُحْدِثُ بالطهارة لِمَسِّ المصحف الإلكترونيِّ إلَّا على وجه الاحتياط والتورُّع. والعلم عند الله تعالى، وآخر دعوانا أن الحمد لله ربِّ العالمين، وصلَّى الله على محمَّدٍ وعلى آله وصحبه وإخوانه إلى يوم الدين وسلَّم تسليمًا. الجزائر في: ١١ رجب ١٤٣٥ﻫ الموافق ﻟ: ١٠ مـاي ٢٠١٤م (١) أخرجه الترمذي في «فضائل القرآن» بابُ ما جاء فيمن قرأ حرفًا مِن القرآن ما له مِن الأجر (٢٩١٠)، من حديث ابن مسعودٍ رضي الله عنه، وصححه الألباني في «صحيح الجامع» (٦٤٦٩)، وانظر «السلسلة الصحيحة» (٣٣٢٧). (٢) أخرجه البيهقي في «شعب الإيمان» (٢٠٢٧)، من حديث عبد الله بن مسعودٍ رضي الله عنه، وهو في «السلسلة الصحيحة» للألباني (٢٣٤٢).

Traduction française de la question

Les smartphones se sont répandus dans les sociétés musulmanes. Ils contiennent certaines applications religieuses, dont la possibilité de lire dans un mushaf (exemplaire du Coran) complet. Lorsque le lecteur ouvre le mushaf sur son smartphone, ce mushaf prend-il le statut du mushaf habituel ? Si c'est le cas, celui qui y lit est-il récompensé comme l'est celui qui lit dans le mushaf imprimé ? Est-il permis d'entrer avec lui dans les toilettes ? Et la personne en état d'impureté rituelle peut-elle valablement le toucher ? Qu'Allah vous récompense par le bien.

Traduction française de la réponse

Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la prière et le salut soient sur celui qu'Allah a envoyé en miséricorde pour les mondes, ainsi que sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution. Ceci dit :

Selon la terminologie moderne, on peut définir le mushaf (exemplaire du Coran) comme l'ensemble des supports matériels qui réunissent le Noble Coran, conforme, dans l'ordre de ses versets et de ses sourates, à la forme ou à l'écriture (rasm) sur lesquelles la communauté s'est accordée unanimement durant le califat de ‘Uthmân ibn ‘Affân (qu'Allah l'agrée).

Il ressort de cette définition qu'elle englobe toutes les sortes de mushafs. Ils peuvent être anciens, comme le mushaf en papier habituel, c'est-à-dire les feuilles et les lettres qui réunissent le Coran, écrites entre deux couvertures protectrices. Ils peuvent aussi être modernes, comme le mushaf chargé sur des puces électroniques et des disques compacts. Entrent également dans cette définition les points en relief tracés avec le poinçon du braille sur les feuilles prévues à cet effet : c'est le mushaf destiné aux aveugles.

Cela dit, le mushaf électronique présente certaines caractéristiques qui le distinguent du mushaf en papier dans sa composition et dans ses lettres. Dans ces conditions, il ne prend le statut du mushaf en papier qu'une fois l'appareil allumé et les versets coraniques stockés dans sa mémoire affichés. Lorsque le mushaf électronique apparaît sous sa forme lisible, la lecture qu'on y fait est comme la lecture dans le mushaf en papier. On obtient par elle la récompense mentionnée dans le hadith d'Ibn Mas‘ûd (qu'Allah l'agrée), qui le rapporte du Prophète ﷺ : « Celui qui lit une lettre du Livre d'Allah obtient par elle une bonne action, et la bonne action est multipliée par dix. Je ne dis pas que “Alif-Lâm-Mîm” est une lettre ; mais alif est une lettre, lâm est une lettre et mîm est une lettre. »(1) Il en va de même pour le hadith de ‘Abd Allah ibn Mas‘ûd (qu'Allah l'agrée), qui le rapporte du Prophète ﷺ : « Que celui à qui il plaît de savoir qu'il aime Allah et Son Messager lise dans le mushaf. »(2) Il en va encore de même pour d'autres hadiths authentiques qui montrent le mérite de la récitation du Coran et du fait de la multiplier.

Quant à l'interdiction d'entrer avec le mushaf électronique dans les toilettes sans besoin ni nécessité, elle s'applique à lui tant que l'appareil ou le téléphone portable est allumé et affiche des versets coraniques. Entrent également dans cette interdiction le fait de le toucher avec une impureté (najâsa, souillure matérielle), de le poser sur une impureté ou de l'en salir. En effet, le caractère sacré du Coran est présent en lui lorsqu'il est allumé et que ses versets et ses sourates apparaissent.

Toutefois, les interdictions précédentes ne s'appliquent plus au mushaf électronique lorsque l'appareil est éteint et que les versets ont cessé d'apparaître, parce qu'ils ne s'affichent plus à l'écran. Dans cet état, où l'appareil n'est pas allumé, il n'est pas considéré comme un mushaf, et les règles du mushaf en papier ne s'y appliquent pas.

D'autre part, il est permis à la personne en état d'impureté rituelle (hadath), mineure ou majeure, de toucher les parties du téléphone portable ou des autres appareils qui contiennent le programme électronique du mushaf. Il n'y a aucune différence à cet égard entre l'appareil éteint et l'appareil allumé. En effet, les lettres coraniques du mushaf électronique qui apparaissent sur son écran ne sont que des impulsions (vibrations) électroniques codées et traitées de manière ordonnée. Elles ne peuvent donc apparaître et s'afficher à l'écran que par l'intermédiaire d'un programme électronique. Par conséquent, toucher la vitre de l'écran n'est pas considéré comme un toucher réel du mushaf électronique, puisqu'on ne peut pas concevoir de le toucher directement, pour les raisons exposées ci-dessus. Il en va autrement du mushaf en papier : toucher ses feuilles et ses lettres est considéré comme un toucher direct et réel. C'est pourquoi on n'ordonne pas à la personne en état d'impureté rituelle de se purifier pour toucher le mushaf électronique, si ce n'est par précaution et par scrupule religieux.

La science est auprès d'Allah le Très-Haut. Notre dernière invocation est : louange à Allah, Seigneur des mondes. Qu'Allah prie sur Muhammad, sur sa famille, ses Compagnons et ses frères jusqu'au Jour de la Rétribution, et qu'Il les salue abondamment.

Alger, le 11 rajab 1435 H, correspondant au 10 mai 2014.

(1) Rapporté par At-Tirmidhî dans le livre « Les mérites du Coran » (Fadâ'il al-Qur'ân), chapitre : « Ce qui est rapporté au sujet de la récompense de celui qui lit une lettre du Coran » (2910), d'après le hadith d'Ibn Mas‘ûd (qu'Allah l'agrée). Al-Albânî l'a jugé authentique dans « Sahîh al-Jâmi‘ » (6469). Voir « As-Silsila as-Sahîha » (3327). (2) Rapporté par Al-Bayhaqî dans « Shu‘ab al-Îmân » (2027), d'après le hadith de ‘Abd Allah ibn Mas‘ûd (qu'Allah l'agrée). Il figure dans « As-Silsila as-Sahîha » d'Al-Albânî (2342).

Savant / institution : Cheikh Muhammad Ali Ferkous حفظه الله

Source : Site officiel de Cheikh Muhammad Ali Ferkous — fatwa n° 1173

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